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Jan 22 17

Courte note sur 1 Corinthiens 10.9

by areopage

Christianiser l’Ancien Testament est un exercice périlleux. Certaines fois cependant, l’auteur inspiré nous y invite explicitement. En 1 Corinthiens 1.1-12, on peut lire d’après la version Louis Segond :

Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer, 2 qu’ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, 3 qu’ils ont tous mangé le même aliment spirituel, 4 et qu’ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ5 Mais la plupart d’entre eux ne furent point agréables à Dieu, puisqu’ils périrent dans le désert. 6 Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d’exemples, afin que nous n’ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu. 7 Ne devenez point idolâtres, comme quelques-uns d’eux, selon qu’il est écrit: Le peuple s’assit pour manger et pour boire; puis ils se levèrent pour se divertir8 Ne nous livrons point à l’impudicité, comme quelques-uns d’eux s’y livrèrent, de sorte qu’il en tomba vingt -trois mille en un seul jour9 Ne tentons point le Seigneur, comme le tentèrent quelques-uns d’eux, qui périrent par les serpents10 Ne murmurez point, comme murmurèrent quelques-uns d’eux, qui périrent par l’exterminateur11 Ces choses leur sont arrivées pour servir d’exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. 12 Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber !

Ce court passage interroge à bien des égards : quel était ce rocher, et à quel point faut-il rapprocher ce propos de la légende juive sur le rocher abreuvant les Israélites au désert ? D’où Paul tient-il ce chiffre de 23 000 morts (cp. Nb 25.9) ? ou encore, que faut-il lire au verset 9 : « ne tentons point le Seigneur », ou « ne tentons point Dieu », ou bien « ne tentons point Christ » ?

C’est à cette dernière question que nous allons livrer quelques éléments de réflexion. Ce verset se lit ainsi dans le NA28 :

μηδὲ ἐκπειράζωμεν τὸν Χριστόν, καθώς τινες αὐτῶν ἐπείρασαν καὶ ὑπὸ τῶν ὂφεων ἀπώλλυντο.

C’est une lectio difficilior par excellence : on peut tout à fait expliquer les variantes κύριον et θεόν en imaginant des scribes être surpris par le segment ἐκπειράζωμεν τὸν Χριστόν, ils mirent Christ à l’épreuve. En effet, dans l’AT, l’expression plus consacrée, c’est mettre Jéhovah son Dieu à l’épreuve, par référence au passage bien connu de Deutéronome 6.16 (LXX) : οὐκ ἐκπειράσεις κύριον τὸν θεόν σου ὃν τρόπον ἐξεπειράσασθε ἐν τῷ Πειρασμῷ, tu ne mettras point Seigneur ton Dieu à l’épreuve, comme vous l’avez mis à l’épreuve à Épreuve (cp. BA 5 : 157). 

The difficulty of explaining how the ancient Israelites in the wilderness could have tempted Christ prompted some copyists to substitute either the ambiguous κύριον or the unobjectionable θεόν. Metzger 2000 : 494

It is far more likely that « Christ » was changed to « Lord » (or, « God ») than vice-versa. Comfort 2008 : 507

Personnellement, j’entends ces arguments sans problème : il est possible en effet que Christ ait été substitué par Dieu, et plus souvent encore par Seigneur, parce que l’expression « tenter Christ » est étrange.

En 1 Corinthiens, Christ est clairement identifié à un « rocher spirituel » accompagnant les Israélites dans le désert, ce qui fait penser bien sûr aux fameuses expressions « ange de Jéhovah » (ex. Ex 3.2), « ange de sa Face » (Is 63.9, voir ici) ou même « ange de l’Alliance » (Mal 3.1), cf. Godet 1885 : 505. Quelques chapitres auparavant, Paul déclare sans ambages que toutes choses [ont été créées] par son intermédiaire (δι’ οὗ τὰ πάντα, 1 Co 8.6). Force est donc de constater que Paul fait allusion, à plusieurs reprises et explicitement, à la préexistence du Christ, à ses interventions dans l’histoire d’Israël ou de l’humanité. On peut ainsi rejoindre Allo, au moins partiellement, sur l’idée que notre locus est à noter « pour la christologie » (cf. Allo 1934 : 233-234).

Mais les choses ne sont pas aussi simples que cela, et l’on peut douter de cette leçon « tenter Christ » pour les raisons suivantes :

  • L’allusion à Deutéronome 6.16 est précise, et Paul, pourtant défenseur d’une christologie haute (voir ici), n’identifie pas Jésus à Dieu pour autant (c’est ce qui ressort du contexte, et notamment de 1Co 8.6),
  • Quand la tradition manuscrite est hésitante, voire déroutante, il faut redoubler de vigilance, et se remémorer les controverses christologiques qui secouèrent les II/IIIe – IVe siècles.

J’ai dressé en son temps une liste de curieuses variantes qui entrent exactement dans le cadre de notre verset : une variation entre les termes Dieu / Seigneur / Jésus / Christ, ou l’absence de l’un de ces termes. Il en ressort avec la plus parfaite évidence que les scribes ne s’attelaient pas seulement à éclaircir un passage, l’harmoniser avec un autre, ou occulter une difficulté, mais ils pouvaient bel et bien, à l’occasion, corrompre leur texte pour des motifs théologiques (Fontaine 2007 : 258-264). On trouve ce genre de variantes en 1 Corinthiens 5.5, 7.40, 10.5, et 10.9. Cela fait beaucoup. En 10.5 justement, le sujet Dieu est omis pour faire de Christ le sujet le plus évident…

Bart Ehrman a livré sur ce type de corruption une étude qui me paraît décisive, puisqu’elle montre l’effet des controverses christologiques sur la transmission du texte néotestamentaire : The Orthodox Corruption of Scripture – The Effect of Christological Controversies on the Text of the New Testament (Oxford University Press, 1993). Il traite ce passage pp.89-90. Ne sachant mieux dire, je vous y renvoie – mais l’étude est à appréhender dans sa globalité (et paraîtra d’autant plus convaincante qu’on jettera un petit coup d’œil, en parallèle, à ma liste – qui n’est d’ailleurs sans doute même pas complète, quoique déjà bien fournie !).

On pourra objecter : qu’est-ce à dire ? que le texte du Nouveau Testament serait corrompu ? Hérésie ! À ce stade, il faut faire preuve de bon sens. Par sa nature, une édition critique du NT fait des choix parmi les manuscrits – pour le GNT, le choix pour notre locus est noté avec une relative confiance d’un {B} – et de fait il n’y a pas de texte grec du NT qui serait « corrompu », puisque les deux éditions courantes, GNT5 et NA28, sont des reconstitutions savantes de ce texte, des patchworks… En revanche les manuscrits servant à cette reconstitution, oui, peuvent tout à fait être corrompus à des degrés divers…

J’ajoute qu’avant le NA26, on lisait couramment ἐκπειράζωμεν τὸν κύριον (ainsi Alford, Nestle 1904, Tischendorf, Tregelles, Merk, ou encore Westcott et Hort). Le choix de retenir un texte parlant de « tenter Christ » est récent, et par sa nature, peu anodin.

Si la majorité des traductions françaises se sont rangées derrière le consensus imposé par le texte du Nestlé-Aland ou du Greek New Testament, on remarquera toutefois que ce n’est pas le cas de toutes : ainsi TMN (fondée sur WH), LSG, NEG, PDV, TOB révisée, Pléiade, et même BJ, conservent la leçon κύριον.

Je concluerai sur les propos de ce commentaire que j’endosse à mon compte :

We may safely prefer τὀν Κύριον (א B C P 17, Aeth. Arm.) to τὸν Χριστόν (D E F G K L, Latt.) or τὸν Θεόν (A). No doubt Χριστόν, if original, might have been changed to Κύροιν or Θεόν because of the difficulty of supposing that the Israelites in the wilderness tempted Christ. On the other hand, either Χριστόν or Θεόν might be a gloss to explain the meaning of Κύριον. Epiphanius says that Marcion substituted Χριστόν for Κύριον, that the Apostle might not appear to assert the lordship of Christ. Whatever may be the truth about this, it is rash to say that ‘Marcion was right in thinking that the reading Κύριον identifies the Lord Jehovah of the narrative with the historical Jesus Christ’. It is safer to say with Hort on 1 Pet. 2:3, “No such identification can be clearly made out in the N.T”. But see on Rom. 10:12, 13 [ce passage s’explique en tant compte de l’exégèse particulière de Paul, voir ici]. In the N.T. ό Κύριος commonly means ‘our Lord’; but this is by no means always the case, and here it almost certainly means Jehovah, as Num. 21:4–9 and Ps. 78:18 imply. There seems to be no difference in LXX between Κύροις and ὀ Κὐριος, and in Nm.T. we can lay down no rule that Κύριος means God and ὀ Κύριος Christ. See Bigg on 1 Pet. 1:3, 25; 2:3; 3:15; Nestle, Text. Crit. of N.T. p. 307. ICC/NT

Pour en savoir plus : Bart Ehrman, The Orthodox Corruption of Scripture – The Effect of Christological Controversies on the Text of the New Testament | Fontaine, Le nom divin dans le Nouveau Testament (L’Harmattan, 2007 ; cf. pp.258-264) | Contra : Carroll D. Osburn, ‘The Text of 1 Corinthians 10:9,’ in New Testament Textual Criticism: Its Significance for Exegesis: Essays in Honour of Bruce M. Metzger, ed. Eldon Jay Epp and Gordon D. Fee (Oxford: Clarendon Press, 1981), pp.1-12 | Gordon D. Fee, Pauline Christology – An Exegetical – Theological Study (Baker Academic, 2007 ; cf. pp.97-98, 502-505) | Kuen, Encyclopédie des Difficultés Bibliques : Les lettres de Paul (Emmaüs, 2003 ; cf. pp.137-139)

Jan 21 17

Premiers écrits chrétiens (Pléiade, 2016)

by areopage

La Bibliothèque de la Pléiade s’est enrichie en fin d’année dernière d’un nouveau volume réjouissant, les Premiers écrits chrétiens, ample volume de 1648p édité sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, avec un prix de lancement de 58€ jusque fin mai 2017, puis un prix catalogue de 66€. Je dois dire que je devais tant être plongé dans ma web app que je suis passé à côté de la nouvelle… Et pourtant quelle nouvelle : le volume, commandé le 19 et reçu le 21 (merci Amazon), est prometteur : une introduction conséquente, comme dans tous les volumes de cette collection (pp.xv-lii), un aperçu chronologique détaillant les faits historiques et littéraires pour la période de 31 av. J.-C. à 213 ap. J.-C. (pp.lii-lvii), des notices et notes conséquentes (pp.1157-1475), une bibliographie générale classée par thèmes (l’Empire romain, l’histoire du christianisme, la littérature chrétienne, les doctrines et spiritualités chrétiennes, christianisme et judaïsme, organisation communautaire et liturgie, les chrétiens et la Bible, christianisme, culture et philosophie) qui se révélera certainement des plus utiles (pp.1479-1484), et qui ne fait réellement que compléter les abondantes références bibliographiques présentes dans les notices et notes précédentes, et enfin un ensemble d’indexes : index des noms (pp.1489-1515), index des textes anciens (pp.1519-1533), un index thématique (pp.1537-1559) et la table détaillant le contenu des textes traduits (pp.1563-1579) ; on reconnait bien là ce qui fait l’excellence de cette collection : des textes traduits par d’éminents spécialistes, une présentation sobre et élégante, des notices détaillées présentant chaque oeuvre et chaque auteur, une abondance de notes utiles à la compréhension du texte et du contexte, le tout dans une qualité éditoriale impeccable. Le prix peut paraître élevé au premier abord, mais il est très largement justifié (et même dérisoire quand on pense à des éditeurs étrangers comme Brill, De Gruyter, Peeters…).

Quand on sait la vaste étendue de la première littérature chrétienne, surtout si l’on a tenté d’en prendre connaissance par les volumes des Sources Chrétiennes, on sait aussi que ce type d’anthologie, à moins d’un miracle, est nécessairement sélectif : que trouve-t-on donc dans ce volume ?

Les écrits présentés dans ce volume permettront au lecteur de se forger une idée de ce que furent les premières générations chrétiennes. Ils ont été composés entre les années 90 et les alentours de 200. Cela commence avec des hommes qui ont connu les apôtres et qui, après la disparition de ces derniers (disons vers l’an 70), veillent à leur tour sur des communautés de croyants. Cela finit avec des hommes qui ont fréquenté des disciples directs des apôtres; Clément de Rome fut proche de Pierre. Irénée de Lyon se réclamait de Polycarpe de Smyrne, qui lui-même avait connu Jean. (p.xv)

Bien entendu, on souhaiterait les œuvres complètes de Justin martyr, Clément de Rome et Clément d’Alexandrie, Irénée de Lyon, Tertullien ou pourquoi pas Origène… car il faut bien admettre que lire ces auteurs dans leur intégralité en français relève du défi. Mais ce n’est pas ce que propose ce volume : à la place, il invite à découvrir, par thèmes, ce que furent ces premiers écrits chrétiens : des textes sur la vie des communautés, des actes et passions de martyrs, des littératures apologétiques en grec ou en latin, des débats et controverses théologiques ou encore de la poésie.

Que l’on se rassure : ces grilles de lecture, imposées par des raisons pratiques – il faudrait certainement bien des volumes, et des années, pour réunir tous les écrits patristiques des trois ou quatre premiers siècles – permettent, en effet, d’avoir « une idée », une belle idée des commencements chrétiens : professions de foi, formules baptismales, fragment de Muratori, Clément de Rome, Didachè, Hermas, Ignace, Polygarpe, Méliton, Aristide, Justin (Apologie, Dialogue avec Tryphon, Sur la résurrection), Tatien, Athénagore (Supplique, Sur la résurrection des morts), Théophile d’Antioche, l’épître de Barnabé, celle à Diognète, Tertullien (Apologétique), Minucius Félix (Octavius), Ptolémée (Lettre à Flora), Théodote, Hégésippe, Irénée (Contre les hérésies – livre III, Démonstration de la prédication apostolique), Clément d’Alexandrie (Cantique de l’esprit d’enfance), Commodien, Pseudo-Hippolyte, des épitaphes, des hymnes, des fragments, sont autant de textes et d’auteurs qu’on pourra découvrir à loisir dans ce volume…

Ce volume ne se contente pas de rassembler tous ces textes : il propose aussi une rubrique originale sur les Témoignages juifs et païens sur Jésus et sur le premier christianisme (pp.3-26), où l’on trouvera de très utiles extraits : ceux biens connus de Josèphe sur Jacques, Jean le baptiste et Jésus, mais aussi ceux de Suétone, Pline le Jeune, Trajan, Epictète, Marc Aurèle, Galien, Aélius Aristide, Celse (court extrait p.17), et jusqu’à même les caricatures et satires d’Apulée, de Lucien de Samosate ou de Celse encore (p.20). Du côté des témoignages juifs, on appréciera la petite anthologie des témoignages sur Jésus tirés de la tradition rabbinique, avec des extraits de la birkat ha-minim (p.22), de la Mishna, de la Tosefta, et des deux Talmuds. En particulier deux fameux passages (p.24):

Les gilyonim et les livres des minim ne souillent pas les mains. Les livres de Ben Sira et tous les livres qui ont été écrits depuis lors ne souillent pas les mains. T. Yadaïm, 2, 13 (manuscrit de Vienne, f° 321 a)

Et un peu plus loin (p.25):

Les gilyonim et les rouleaux des minim : on ne les sauve pas de l’incendie mais ils brûlent sur place, eux et leurs « mentions ». Rabbi Yossi le Galiléen dit : « En semaine, on découpe les mentions et on les met à l’abri, et on brûle le reste ».

Les notes pp.1172 sq. apportent des précisions à la fois utiles et variées, tant sur les textes et leur datation que sur leur contenu, voire leur interprétation, par exemple (p.1176) :

Le passage qui suit, T. Shabbat, 13, 5, complète le précédent et nous fournit une précision importante : gilyonim et livres des minim contiennent des mention du Nom divin (le tétragramme : YHWH, pour Yahvé). Quoique tout travail soit interdit le jour du shabbat – y compris éteindre un incendie -, on peut néanmoins, ce jour-là, transporter les livres saints pour les sauver de la destruction. Les personnages qui interviennent dans cet échange sont bien connus : Yossi le Galiléen, Tarphon et Ismaël sont des rabbins palestiniens de la première moitié du IIe siècle. Contrairement à leur collègue, les deux derniers estiment qu’il faut abandonner aux flammes gilyonim et livres des minim malgré les mentions du Nom divin qu’ils contiennent. Ce passage est repris dans les deux Talmuds. Dans la version babylonienne, à la faveur d’un double calembour, le substantif gillayon est, cette fois, très clairement associé à l’Évangile (euanggelion). On y lit en effet : « Rabbi Meïr l’appelait ‘aven gillayon‘ [marge fallacieuse, fausse révélation]. Rabbi Yohanan l’appelait ‘avon gillayon‘ [marge d’iniquité, révélation d’iniquité]. Mais il s’agit d’un document très tardif.

On constate ainsi qu’en plus d’outiller le lecteur avec une ample sélection de textes des premiers écrits chrétiens, ce volume tente aussi de les mettre en perspective : témoignages extérieurs sur Jésus, vie des communautés, controverses… On n’en pouvait attendre mieux.

Cette première étape franchie : à quand un volume 2, avec d’autres textes d’époque ? Et pourquoi pas – et là je me permets de rêver éveillé – à quand les Talmuds dans la Pléiade ?

Pour rappel, la Pléiade propose un certain nombre de volumes utiles aux études bibliques :

La Bible

   

Les écrits intertestamentaires

Les écrits gnostiques (Nag Hammadi)

Les écrits apocryphes chrétiens

 

Les premiers écrits chrétiens

En savoir plus sur ce volume : France Culture | 

Jan 20 17

La réaction païenne (Pierre de Labriolle, 1934)

by areopage

Si les études sur les polémiques entre juifs et chrétiens ne manquent pas, les sommes sur les polémiques entre païens et chrétiens sont beaucoup plus rares. La plus connue est désormais librement accessible en ligne : Pierre de Labriolle, La réaction païenne – étude sur la polémique antichrétienne du Ier au VIe siècle (L’Artisan du Livre, 1934 ; rééd. 1948).

Je mets également en ligne une version en PDF : 

Jan 19 17

Justin, Dialogue avec Tryphon (Bobichon, 2003)

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Philippe Bobichon met généreusement en ligne les deux volumes de l’édition critique qu’il a réalisée du Dialogue avec Tryphon de Justin en deux volumes Philippe Bobichon, Justin martyr. Dialogue avec Tryphon (édition critique, traduction, commentaire), Paradosis 47/1 et 47/2, Fribourg, Academic Press, 2003, in-8°, 1125p. Il s’agit du produit définitif d’une thèse de doctorat soutenue en 1999 à l’Université de Caen, sous la direction de Jean-Marie Mathieu. Le premier volume comporte une ample introduction, suivie du texte et de sa traduction. Le second volume rassemble les notes de traduction, des appendices et des indices, dont un index analytique et un index scripturaire fort pratiques. Un grand merci à ce chercheur, et aussi à l’internaute me les ayant signalés !

Pour rappel, Bible Parser Web App vous propose le texte grec et la traduction française de ce Dialogue, ainsi qu’un répertoire des citations scripturaires.

 

Bible Parser 2015, mis à jour en v.730 aujourd’hui, intègre également ces textes.

Pour en savoir plus : PerséePatristique.org | CRMH

Jan 15 17

Bible Parser Web App : nouveautés

by areopage

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Bible Parser Web App dispose désormais d’un outil particulièrement efficace pour faire le point sur le sens d’un mot et son usage : Etude De Mot. Cette fonctionnalité avancée, qui fait le charme de Bible Parser, puisqu’elle concentre un grand nombre de fonctionnalités uniques en leur genre, permet de balayer d’un regard le sens principal d’un mot, ses dérivés, ses synonymes, ses antonymes (grec), les expressions ou cooccurrences (grec), son étymologie, son champ sémantique, ses équivalents hébreux ou grecs ou encore ses formes. Des graphiques permettent de consulter en détail les instances où une forme du mot paraît (son lemme), son emploi, c’est-à-dire comment les versions modernes l’ont traduit (français, LSG ou à défaut anglais, KJV) et la fréquence des ses équivalents hébreux ou grecs.

1. Etude de Mot

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Le premier panel rassemble toutes ses informations, et vous permet de naviguer vers le verset de votre choix. Pour les synonymes et pour le champ sémantique, le survol d’un terme permet de découvrir le sens pour apprécier les nuances et les variations au sein d’un même concept. Les graphiques révèlent le nombre d’instances concernées.

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Le second panel concerne les références, et là, il y a de quoi faire : j’ai intégré les principaux outils en français et en anglais, ainsi que mon module dit « Concordance Exhaustive des Corpus Grecs », qui permet de naviguer dans l’ensemble des corpus essentiels à la recherche biblique (NT, LXX, Pères apostoliques, Josèphe, Philon, Pseudépigraphes de l’AT). Toutes ces informations valent, vous en conviendrez, les quelques petites secondes de chargement de la page…

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Côté hébreu c’est un peu moins fourni que du côté grec, mais il y a déjà un grand nombre d’informations disponibles, avec, là encore, les graphiques sur les instances, les emplois et les équivalents grecs.

L’accès à l’outil se fait depuis l’encart analyse morphologique qui paraît au survol d’un terme (ou au clic pour les smartphones).

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Pour l’hébreu biblique, préférez la version BHM qui est fiable (BHS ou PAR produisent parfois des résultats erronés). Pour le français, LSG, et pour le grec, celle de votre choix.

2. Exégèse

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Une autre nouveauté réjouissante concerne l’analyse morphologique, dans l’encart Exégèse. Au premier abord, elle paraît de manière succincte, et il suffit de survoler un terme pour en découvrir l’analyse. Un clic sur Consulter le détail permet au besoin de visionner l’analyse détaillée. Pour l’hébreu, la cantillation est analysée, et le verset découpé en fonction des accents conjonctifs ou disjonctifs, si bien que vous visualisez les unités de sens indiquées par les Massorètes.  Pour le grec, c’est un peu plus élaboré puisqu’un code couleur permet d’analyser la structure syntaxique de la phrase. Quelques retours à la ligne tentent par ailleurs de matérialiser des unités de sens.

3. Barre de Lancement Rapide / Concordance

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Un autre outil particulièrement utile concerne le mode de concordance LIKE connu des utilisateurs de Bible Parser (voir la vidéo Barre de Lancement Rapide / Concordance Like). Par défaut, lorsque vous lancez une recherche, c’est le mot dit INSTR qui est activé (voir la vidéo Barre de Lancement Rapide / Concordance InStr) : autrement dit, dès que BP trouve un bout de la chaîne que vous cherchez, le verset est retourné. Cela conduit évidemment à des faux positifs. Par exemple si vous cherchez grand vous trouverez aussi grandes. Par contre avec le mode LIKE, le mot est retourné exactement (du moins pour être plus précis, c’est le mot qui correspond à votre recherche qui est retourné, celui qui est comme votre recherche, avec ou sans joker). Seulement, vous pouvez aussi indiquer des jokers. Le plus commode est l’astérisque * qui désigne un ou plusieurs caractères inconnus. Les autres sont ? pour un caractère inconnu unique, # pour un chiffre, ! pour une négation, et les crochets pour grouper plusieurs caractères au choix, []. Ce mode est disponible pour tous les modules, en BetaCode ou Unicode, et pour l’activer il suffit de faire précéder votre recherche par //.

Ex. dans LSG : //langu? > retourne uniquement les versets où le mot langue figure exactement. En l’occurrence, il est équivalent à la recherche //langue mais vous verrez qu’il est souvent utile de mettre un caractère joker quand on doute d’une orthographe. Dans BHS, la recherche //br* alh* vise à trouver toutes les instances où une forme des mots bara (créer) et mot elohim (Dieu) figurent. Il y a bien sûr des faux positifs, mais le tri est facile, et la recherche, extrêmement rapide. Enfin la recherche //mar?u* ?hsou* dans NA27 vous montre que vous pouvez combiner allègrement les jokers sans que la rapidité d’exécution n’en soit affectée.

En bref

Bible Parser Web App va continuer d’évoluer : il reste encore quelques détails avec l’Etude de Mot pour l’hébreu, et des finitions çà et là, notamment sur le lien avec les autres Dictionnaires, mais le rythme va considérablement ralentir dans la mesure où je vais déployer mes efforts dans d’autres projets. Gageons qu’avec ces récentes nouveautés, l’éventail des recherches linguistiques est déjà honorable.

Jan 14 17

L’Égypte ancienne à travers les papyrus (Burnet, 2003)

by areopage

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Régis Burnet met généreusement en ligne son anthologie L’Égypte ancienne à travers les papyrus – Vie quotidienne (Éditions Flammarion, Pygmalion, 2003). Il s’agit d’un recueil de textes tout à fait passionnant qui invite à découvrir l’Égypte par une sélection de textes classés par thèmes, couvrant la période lagide (332-30 av. J.-C.) et romaine, jusqu’à Théodose (30 av. J.-C. – 395 ap. J.-C.). La première partie traite des échos de l’Histoire dans les papyrus, la seconde des voix du pouvoir et de l’administration, la troisième, de la voix des dieux et des démons, et la quatrième, la plus captivante, de la voix de la vie privée (travaux agricoles, médecine, esclavage, condition de la femme, etc.). Une section est consacrée à la vie des Juifs en Égypte, et notamment durant les grands événements que furent les deux révoltes juives (pp.65-79), et une autre à l’émergence du christianisme en Égypte, ses débuts, ses persécutions, et sa vigueur (pp.80-90). Tout l’intérêt de ces textes est de raconter les petites histoires à côté de la grande, celle qu’on apprend dans les manuels. C’est tellement plus concret et vivant !

On ne s’étonnera pas de trouver un chapitre consacré à la magie (pp.181-200), tant il est vrai que ce thème revient souvent dans les papyrus. Au menu : recettes magiques pour bien faire l’amour, formules pour guérir ou se prémunir de la maladie, philtres d’amour, et même formule d’invisibilité… Vous verrez, les recettes ne manquent pas de sel…

On ne s’étonnera pas non plus d’y voir le nom divin utilisé, sous la forme Iaô. Par exemple le texte n°117 (IIe s. ap. J.-C.), p. 183 (je souligne ; voir aussi p.191, 195):

Phylactère : « Grand dans les cieux, toi qui fais tourner le monde, vrai Dieu Iaô, Seigneur, Maître de tout, Ablanathalaabla, accorde, accorde-moi le pouvoir, la victoire. » […]

Les usages mystiques et gnostiques du nom divin sont patents quand on jette un œil aux nombreux papyrus de l’époque (ex.  BetzPreisendanz I&II ; sur l’usage apotropaïque du nom d’une divinité, voir ici). Ils ne doivent cependant pas occulter le fait qu’un usage non mystique peut s’observer également (cf. Shaw 2014).

En bref je vous recommande chaudement l’ouvrage de Burnet. Sur cet auteur, voyez mes autres posts : Luc 11.20 : par le doigt ?Régis Burnet : Pierre du Ier au Ve siècleY a-t-il une pseudépigraphie néotestamentaire ?

Sur ce type d’anthologies, je vous recommande aussi celle, excellente mais plus ancienne, de Wessely, Les plus anciens monuments du christianisme.

Jan 1 17

Bible Parser Web App : v.1 !

by areopage

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Commençons l’année 2017 avec une bonne nouvelle : Bible Parser Web App est fin prête pour une version 1. Ces dernières semaines, de nombreuses fonctionnalités ont été ajoutées, mais ce qui a fait l’objet de toute mon attention, ce sont surtout les petits détails, et la navigation dans son ensemble. Tous les programmeurs vous le diront : ajouter une fonction, un module, c’est simple. Mais que cette fonction ou ce module se comporte comme convenu dans toutes les circonstances, même les plus invraisemblables – qui sont justement celles qui arrivent trop souvent – c’est déjà plus délicat… Avec cela à l’esprit, je me suis donc efforcé de refréner mon désir de multiplier les outils linguistiques au risque d’augmenter aussi l’instabilité, au profit de la consolidation de l’existant.

Ce n’est pas à dire que la v.1 est parfaitement stable, et qu’elle ne connaît pas de bugs, loin de là. Mais elle est mûre pour son office : permettre de consulter la Bible et des corpus para-bibliques, y faire des recherches semi-complexes, le tout avec une sélection de références exégétiques, parfois inédites. Bible Parser Web App n’a pas vocation à remplacer Bible Parser, qui est bien plus puissant : l’application en ligne est surtout destinée aux personnes sur Mac et Linux qui ne disposent pas d’une version optimisée de Bible Parser ; mais aussi à ceux qui, bien que détenteurs de la version PC, souhaitent plus de nomadisme : il est en effet possible de consulter la web app depuis un smartphone ou une tablette, que ces devices soient sur iOS, Android ou Windows Phone, pour peu qu’ils disposent d’un navigateur Internet récent.

Pour accéder à la web app, voici l’identifiant : bpwa2017. Le mot de passe est le numéro de série qui vous a été attribué lors de votre achat de Bible Parser 2015.

Panorama de Bible Parser Web App

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» Corpus et navigation

Vous avez accès 128 corpus33 versions en français, 14 en hébreu/araméen/syriaque, 19 en grec, 8 en latin, 19 en anglais, 12 dans d’autres langues, plus 23 corpus para-bibliques. Pour le français, la version Louis Segond dispose de fonctionnalités plus avancées (LSG) : définitions des mots originaux hébreux, araméens et grecs, recherches morphologiques, requêtes. Les versions en hébreu, en grec et en latin proposent l’analyse morphologique, de même que certains modules para-bibliques.

La navigation est à la fois verticale et horizontale : verticale, pour la navigation vers un passage en particulier, et horizontale lorsqu’il s’agit de consulter les panels Exégèse, Commentaires et Références notamment, qui affichent les informations disponibles relatives au verset courant.

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Le système de navigation vers un verset de BPWA a été repensé pour plus de simplicité. Vous remarquerez aussi que les outils d’analyse morphologique, ainsi que les apparats critiques, sont présents dès que cela est pertinent. Lorsque vous êtes sur une version disposant de l’analyse morphologique, le survol d’un mot permet d’afficher le terme original à sa forme lemmatique, son analyse, sa définition courte, et son numéro Strong. Si vous cliquez sur le bouton A, vous obtiendrez tous les versets où le mot se trouve à la forme rencontrée dans le passage courant, tandis que si vous optez pour AA, c’est une recherche lemmatique qui sera conduite : dans ce cas, vous obtiendrez tous les versets où le mot figure, quelle que soit sa forme :

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Pour l’analyse morphologique de l’hébreu, préférez la version BHM – la version BHS est en effet fondée sur les numéros Strong qui peuvent produire, rarement certes mais quand même, quelques résultats erronés.

» Barre de Navigation

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La Barre de navigation propose dans l’ordre : l’affichage des statistiques graphiques après une recherche, l’affichage de la liste des résultats, un outil d’affichage interlinéaire grec – français (NT), l’affichage du chapitre entier courant, la comparaison de toutes les versions dans la langue courante, la recherche de la forme, la recherche du lemme, l’affichage de l’Atlas, l’affichage des apparats critiques, l’affichage des applications (c’est-à-dire des outils complémentaires de BPWA), l’ajout d’une version en parallèle (verset uniquement), la possibilité de faire un lien externe, et un outil utile pour effacer une précédente recherche.

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Les apparats critiques permettent de visualiser les différences entre le Texte Massorétique, la Septante, les manuscrits de la mer Morte, le Pentateuque Samaritain. Les 4517 variantes signalées dans le HOTTP/CTAT de Dominique Barthélémy sont intégrées. Pour le NT, plusieurs apparats sont disponibles : ceux de Richard Wilson (laparola.net/greco), du SBL GNT et de Willker. L’intérêt de la web app consiste dans le fait que les variantes vous sont signalées opportunément : dès que le voyant % s’allume, vous savez qu’une variante existe : un survol vous permet d’en savoir plus, et un clic de connaître le détail.

Côté applications, l’icône dédiée permet d’incorporer toutes les fonctionnalités soit entièrement autonomes, soit déjà intégrées d’une manière ou d’une autre, mais qu’il peut être utile de consulter indépendamment.

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Ainsi vous pouvez accéder à l’Atlas géographique (et y faire des recherches en français), bien que l’outil soit déjà intégré dans la navigation. Vous pouvez aussi consulter les Visuels, et faire de riches découvertes.

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En particulier les Visuels vous permettent de vous représenter les scènes, et sont intégrées dynamiquement au sein du panel Exégèse. Mais vous pouvez aussi rechercher par mot-clé, et là vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Pas moins de 1853 visuels sont disponibles, référençant plus de 14 300 versets. Un effort particulier a été fait pour référencer les découvertes archéologiques confirmant les récits bibliques (et cet effort se poursuit). A l’occasion de nombreux visuels inédits ont été édités selon le principe : artéfact / texte original / traduction française / référence (musée/bibliographie). Un autre point d’intérêt concerne les us et coutumes ou les lieux bibliques : du calendrier et des saisons au Jourdain, du titulus de la croix à la forteresse Antonia en passant par le Temple de Salomon, cet outil ne lassera pas de vous surprendre – du moins j’espère !

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Les deux outils suivants permettent de consulter les références d’une partie de la Bibliothèque de Bible Parser directement en ligne : ainsi pour les Introductions et les Grammaires. Pour passer de l’AT au NT, positionnez-vous simplement sur un verset du NT. Cet outil vous permettra de consulter des ouvrages libres de droits en ligne, ou, pour ceux sous copyright, en partie sur Google Books. Il sera surtout utile dans la partie Commentaires et Apparats critiques  (où son implémentation est en cours).

Un autre outil concerne les Péricopes (en cours de finalisation), qui permet d’effectuer une recherche de péricope par mot-clé :

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L’outil vous permet également de connaître les péricopes du chapitre en cours, pour la version LSG et la version NET.

Le dernier visuel pour l’encart applications43 , concerne les Requêtes, traitées un peu plus bas.

Vient ensuite un outil particulièrement utile, la version parallèle, 44. Que vous soyez dans une version biblique ou un module para-biblique, cet outil permet de mettre en parallèle la ressource adéquate, que votre module soit complet (Bible entière), ou qu’il ne contienne qu’une partie du corpus (AT uniquement, NT uniquement, ou portions plus réduites).

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Si vous partez de la version LSG, vous pouvez par exemple l’associer à une version en hébreu, ou en grec, ou en araméen, ou pourquoi pas copte, ou thaï ? Autant dire que tout est possible.

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Pour certaines versions toutefois, vous remarquerez que le choix est plus limité, en toute logique :

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Ainsi les Pères apostoliques, Josèphe proposent-ils des versions en français et anglais, Philon en anglais, Platon et les Pseudépigraphes de l’AT en anglais, et les Apocryphes du NT et les Pères de l’Eglise, en français. A ce stade, je signale que par la force des choses, les bases ne se recoupent pas exactement dans tous les cas : ainsi la version en grec de Platon sera-t-elle plus complète que son pendant en anglais, idem pour les Pères de l’Eglise ou pour les Apocryphes. A mesure des mises à jour, ces écarts se résorberont, mais je doute qu’il me soit possible de tout harmoniser. Je signale aussi qu’il est préférable lors d’un affichage parallèle de commencer par la version en français ou en anglais, et d’ajouter ensuite la version en grec : pour des raisons techniques en cours de résolution, cette manière de procéder est bien plus rapide.

» Barre de Lancement Rapide

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Discrète mais efficace, la BLR vous permet de naviguer vers un verset au moyen de raccourcis, et de lancer des recherches.

Quand vous êtes dans le module PAR, qui contient l’AT et le NT en hébreu et en grec, il vous suffit de saisir une abréviation de votre choix pour vous rendre à un verset : utilisez les deux points pour marquer la césure entre chapitre et verset, et une abréviation (en français ou en anglais) de deux ou trois lettres pour abréger le nom du livre biblique (que vous pouvez aussi écrire en entier). Par ex: gn 11:1, est 1:1, jn 2:2, joh 4:4, 1co 1:4, phi 2:6, phm 1:1, jac 1:2, 1r 2:2, 1ki 2:2, luc 1:14. Là où cela devient vraiment pratique, c’est lorsque vous saisissez une référence qui ne paraît pas dans le corpus en cours, ex. 2ma 1:1, 1cl 1:1, did 1:2, aj 1:2, ili 1:2, he1 1:1… Dans ce cas BPWA vous redirige vers la version par défaut du corpus demandé : JER pour les deutérocanoniques, et une version grecque pour les corpus para-bibliques.

Si vous ne connaissez pas l’abréviation du corpus à consulter, ou si vous souhaitez simplement parcourir le vaste panel de corpus disponibles, saisissez ? suivi de votre recherche :

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Un autre raccourci utile permet de basculer d’une version à une autre, sans cheminer par le processus de navigation : si vous êtes par exemple dans LSG en Matthieu 4:1 et que vous souhaitez directement basculer vers la version SBL en Révélation 12:1, rien de plus simple : saisissez *sbl rev 12:1, à savoir astérisque * suivie de l’abréviation de la version puis du verset.

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» Concordance

La BLR ne se contente pas de vous emmener à un verset, elle vous permet aussi de le trouver si vous ne connaissez qu’un mot ou deux de son contenu : autrement dit elle permet de lancer la fonctionnalité de concordance simple. Cette concordance dépend de la version en cours, mais le principe est le suivant : si vous êtes sur une version en langue originale, BPWA propose de faire des recherches au moyen d’une saisie en BetaCode ou Unicode, non accentuée à chaque fois.

Ex. : bra alhyM (bara elohim) dans PAR ; משה מדבר יהוה (moshé midbar yehwah) dans PAR ; Pauloj Timoqeoj (Paulos Timothéos) toujours dans PAR mais sur un verset du NT ; χαρις ειρηνη (charis eirénè) dans SBL ; prof stoma dans BGR (LXX + NA27) ; cieux terre dans LSG ou encore « cieux et la terre » (avec les guillemets) dans LSG pour une recherche exacte.

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Comme vous le voyez, c’est un jeu d’enfant. A terme tous les corpus para-bibliques permettront une recherche en BetaCode ou Unicode non accentué.

» Exégèse

C’est un volet important et aux modules particulièrement diversifiés dont j’ai déjà parlé précédemment : comme son nom l’indique, l’idée est de fournir toutes les informations possibles permettant d’aborder l’exégèse d’un verset dans de bonnes conditions : passages parallèles ou synoptiques, échos dans les corpus para-bibliques, citations par le NT ou par les Pères de l’Eglise, expressions idiomatiques, figures de style, références croisées, visuels, points de grammaire ou pratiques scribales, je n’ai pas lésiné sur les moyens ! Par rapport à la dernière présentation (voir ici), j’ai ajouté deux manuels relatifs aux us et coutumes Freeman, Manners and Customs of the Bible (891 articles sur les us et coutumes bibliques, 4100 versets référencés) et Stapfer, La Palestine au temps de Jésus-Christ (1885, 3e éd) : 1230 versets référencés. J’ai également rendus actifs les liens des Citations et Allusions Bibliques : vous pouvez donc désormais parcourir l’intertextualité comme jamais auparavant : découvrez ainsi si le verset courant a été cité explicitement ou par allusion dans les corpus suivants : manuscrits de la mer Morte, Philon, Josèphe, Mishna, Tosefta, Pères apostoliques, Justin, Irénée, Eusèbe. De même, dans l’encart Parallèles Bibliques, les liens vers Josèphe sont désormais actifs, et renvoient vers le texte français, y compris pour les Antiquités judaïques (merci à Timothée Minard pour sa précieuse indexation).

Ex. Gn 1.1

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Ex. Gn 1.26

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Parfois les références sont absolument exactes, d’autres fois vous trouverez le verset dans la même section, légèrement plus loin. Cela s’explique par le fait que mon indexation a porté sur des éditions de référence (ex. pour Eusèbe de Césarée, le volume intégral dans la collection « Sagesses Chrétiennes » aux éditions du Cerf) qui peut présenter une numérotation légèrement différente de celle que j’utilise.

Ces échos sont utiles car ils permettent de découvrir quel usage on a pu faire d’un verset, et dans quel contexte ; on peut aussi apprécier la manière dont il a été compris et discuté, ou encore même s’intéresser à l’état du texte cité (avec les précautions nécessaires relatives aux éditions utilisées, et à l’exercice en lui-même – cf. Reynard in Amphoux 2014 : 145-193).

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Concernant les us et coutumes, vous serez surpris de constater combien ils agrémentent la lecture et complètent la compréhension d’un passage. Voici encore quelques exemples de ce Panel, où vous remarquerez une autre nouveauté, le Dictionnaire des Expressions de la Bible, qui permet de découvrir les expressions consacrées et tournures présentes dans la Bible.

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» Commentaires

Entre dix et quinze commentaires sont disponibles : pour ne pas alourdir le temps de chargement, j’ai choisi pour commencer ceux qui livrent un maximum d’informations utiles. Ce panel sera agrémenté d’autres fonctionnalités ultérieurement, notamment la possible de charger d’autres commentaires une fois la première série affichée : on arrivera ainsi à la moyenne de Bible Parser, soit entre trente et quarante commentaires par verset.

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» Références

C’est un peu le pendant de l’Exégèse et des Commentaires : cet encart fournit encore d’autres informations utiles à la compréhension du verset, cette fois de manière thématique. Vous pouvez ainsi accéder aux dictionnaires et encyclopédies qui font une référence au verset courant. C’est un panel particulièrement fourni : n’hésitez pas à y flaner ! La plupart des références sont en anglais : vous trouverez cependant de volumineuses références françaises.

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Références disponibles :

Westphal, Dictionnaire Encyclopédique de la Bible
Calmet-Migne, Encyclopédie Théologique
Bost, Dictionnaire de la Bible
Petit Dictionnaire Biblique
Etude Perspicace des Ecritures
International Standard Bible Encyclopedia
McClintock & Strong, Cyclopedia of Biblical, Theological and Ecclesiastical Literature
The Catholic Encyclopedia
Watson, Biblical and Theological Dictionary
Kitto, A Popular Cyclopedia of Biblical Literature
Hastings Dictionary of the Bible
Hastings Dictionary of the Apostolic Church
Hastings Dictionary of Christ and the Gospels
Fausset Bible Dictionary
Smith Bible Dictionary
Easton Bible Dictionary
Topical Bible Dictionary
Thompson Chaine References
Bullinger, Figures of Speech in the Bible
Nelson Expository Dictionary of Old Testament Words
Vine Expository Dictionary of New Testament Words
American Tract Society Bible Dictionary
Bridgeway Bible Dictionary
Buck Theological Dictionary
Girdlestone, Synonyms of the Old Testament
The Jewish Encyclopedia

» Dictionnaires

Cette partie non négligeable de BPWA est, pour le moment du moins, autonome. A terme, elle sera en lien avec un outil Etude de Mots. Mais le chantier est vaste et complexe, et pour l’instant la consultation d’un terme se fait référence par référence.

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Pour le module Strong, faites votre recherche en français, grec, ou hébreu, via la commande f: ou g: ou h: et pour les autres modules saisissez le terme en BetaCode ou Unicode.

Vous constaterez que les références disponibles promettent de fructueuses recherches !

Dictionnaires disponibles :

Strong-Fontaine-Hellemme, Dictionnaire Grec/Hébreu – Français
Bailly, Abrégé du Dictionnaire Grec – Français
Woitrain, Vocabulaire de grec ancien
Byl, Vocabulaire Grec de Base
Abbott-Smith, A manual Lexicon of the New Testament
Sophocles, Greek Lexicon of the Roman and Byzantine Periods (From B. C. 146 to A. D. 1100)
Moulton Milligan, Vocabulary of the Greek Testament
Mounce, Concise Greek-English Dictionary of the New Testament
Thayer, Greek-English Lexicon of the New Testament
Dodson, Greek-English Lexicon of the New Testament
Trench, Synonyms of the New Testament
Liddell Scott Jones, A Greek-English Lexicon
Liddell Scott, An Intermediate Greek-English Lexicon
Liddell Scott Jones, A Greek-English Lexicon (Simplified Edition)
Pape, Handwörterbuch der griechischen Sprache
Vine, Expository Dictionary of New Testament Words
Woodhouse, A Vocabulary of the Attic Language (English-Greek)
Brown-Driver-Briggs, Hebrew and English Lexicon
Nelson, Expository Dictionary of the Old Testament

» Requêtes

Cet outil est disponible depuis les applications dans la Barre de Navigation. C’est une fonctionnalité particulièrement utile lorsque vous souhaitez rechercher une combinaison de mots avec des opérateurs booléens, en filtrant par corpus le cas échéant. Certaines versions sont munies d’un assistant de saisie, permettant d’intégrer facilement le lemme (ou numéro Strong) à la requête. Pour le système de transcription, voir ici.

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Recherche simple

morf OR eikwn OR sxhm dans NA27 ; msh AND ahrN AND alhyM [[IN Pentateuque]] dans BHS ; Ihsou AND kuri AND hmwn dans APF ; ( image OR forme OR effigie ) AND ( Dieu OR Christ )  dans LSG.

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La requête peut être saisie directement dans l’encart prévu à cet effet, ou implémentée partiellement à l’aide des boutons d’opérateurs. De manière générale, utilisez cet outil pour les recherches les plus fines possibles (faute de quoi la recherche peut être longue), et séparez les opérateurs et les parenthèses par des espaces.

Recherche lemmatique

ex. strong=H4872 AND  strong=H430 [[ IN Pentateuque ]] dans BHS:

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ex. ( lemme=morfh/ OR  lemme=ei)kw/n ) AND  lemme=qeo/j dans NA27 :

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ex. ( strong=G3076 OR strong=G3077 ) AND (  strong=G21 OR  strong=G5479 ) dans LSG (un petit essai pour découvrir les versets où tristesse et joie se côtoient).

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A terme, BPWA intégrera aussi la recherche morphologique avec assistant. Pour les connaisseurs, il est déjà possible de le faire manuellement :

ex. lemme=morfh/@_a dans BGR

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Ici le lemme μορφή est recherché seulement si sa morphologie correspond au code (@) suivant : _a > _ signifie tout caractère (ici on pourrait mettre @n puisque μορφή est un nom ; mais si on ne le sait pas, on met _ ) et a pour accusatif. Pour trouver les instances au datif, il faudrait donc écrire : lemme=morfh/@nd ou lemme=morfh/@_d

En deux mots

Bible Parser Web App permet d’ores et déjà de consulter le texte biblique et d’y faire des recherches plus ou moins élaborées. D’excellentes références encyclopédiques et linguistiques lui sont associées. Un certain nombre de bases de données inédites, notamment sur l’intertextualité, la critique textuelle, les références croisées, les visuels, ou les expressions idiomatiques, enrichissent grandement la recherche. Il reste certes encore beaucoup à faire, mais j’espère que ce modeste outil servira utilement celles et ceux qui souhaitent sonder les Écritures.

Déc 31 16

Études d’histoire du texte de l’Ancien Testament (Barthélémy, 1978)

by areopage

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Ce volume de Dominique Barthélémy, Études d’histoire du texte de l’Ancien Testament (Editions Universitaires Fribourg, 1978) est un recueil de 23 articles, dont deux inédits, compilés par cet éminent spécialiste de critique textuelle. C’est un ouvrage assurément rare : depuis le temps qu’il me tardait de mettre la main dessus – des mois – mais pas moyen de le trouver à prix abordable… C’est typiquement le genre d’ouvrages qu’on a l’impression d’avoir déjà lu tant il est cité et recité dans toutes les études sur le sujet (oui, on peut même culpabiliser de ne pas l’avoir lu vraiment). De surcroît sa nature de recueil d’articles fait qu’on a pu en lire çà ou là certains articles dans des revues, ou leurs développements dans des études particulières. Mais avoir accès à l’ensemble, c’est tellement mieux.

Parmi les sujets particulièrement importants, des études sur l’identité de Symmaque, Théodotion, ou Aquila et ses devanciers ; une étude lumineuse sur les tiqquné sopherim (j’y reviendrai sans doute) ; la manière dont Origène, Jérôme, Augustin, Eusèbe, ou encore Philon, ont interagi avec le texte de l’AT et ce que cela nous apprend sur son histoire ; enfin la place de la LXX dans l’Eglise, avec quelques questions épineuses mais extrêmement intéressantes (inspiration, canon et canonicité, citations dans le NT).

Barthélémy explique le contexte de ses recherches, et ses évolutions, dans une courte introduction (ix – xvi), où il précise d’ailleurs qu’il est en plein projet de HOTTP / CTAT (dont j’ai parlé ailleurs (ex. ici) puisque les 4517 variantes sont intégrées à Bible Parser et Bible Parser Web App), et fournit un index thématique particulièrement utile (xvii – xxv). Pour l’instant les études qui me paraissent les plus fondamentales sont les 8, 9, 15, et 22. Mais je vais encore potasser tout ça…

Pour ceux qui souhaiteraient se procurer l’ouvrage, une occasion à ne pas rater se trouve actuellement sur Abebooks…

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Déc 27 16

The Name of God (Poppenberg 2014)

by areopage

J’en avais fait une recension détaillée à sa sortie, et l’éditeur vient de le mettre en ligne : vous pouvez désormais visionner ce documentaire consacré au nom divin directement sur Youtube (version anglaise). Bien sûr je recommande de soutenir l’éditeur en achetant son DVD si vous appréciez le travail, cependant je ne doute pas que les petits budgets se réjouiront.

Pour les petits budgets justement, j’en profite pour signaler qu’un des intervenants, le prolifique Gérard Gertoux, dont j’ai signalé çà et là quelques publications sur ce blog (ex. sur le nom divin, Job, Esther, l’histoire et l’archéologie) publie également ses recherches via l’éditeur Glasstree, qui a pour principal intérêt des prix défiant toute concurrence. A ce prix-là on pourrait craindre sur le service : mais tant la qualité d’impression (couleur), que le prix de la livraison ($5-6 pour 1, $7 pour 2) et même le délai (env. 10 jours) sont impeccables.

Qu’il suffise de comparer Amazon où son ouvrage sur l’Exode vaut 93€ et Lulu qui le propose à 39€, avec Glasstree où il n’est qu’à $11.88, et l’on se fera une bonne idée des marges que prennent les intermédiaires ! Pas étonnant que la mode soit à l’ubérisation…

Amazon

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Lulu

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Glasstree

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Comme dirait une pub racoleuse : entre payer plus cher et payer moins cher, qu’est-ce que vous préférez ? What else ?

Déc 24 16

Old Testament Textual Criticism (Brotzman et Tully, 2016)

by areopage

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Dans certaines disciplines, il est difficile voire impossible de faire la fine bouche quant aux études qui paraissent, et l’on est bien forcé de sauter sur tout ce qui bouge ou presque. La critique textuelle de l’Ancien Testament fait partie, je pense, de ces disciplines-là. Il n’est pas commode de se procurer des monographies d’introduction, encore moins de mettre la main sur l’ouvrage qui s’écartera, un peu, des sentiers battus (histoire du texte, versions, méthodes). L’ouvrage de Ellis R. Brotzman et E.J. Tully, Old Testament Textual Criticism – A Practical Introduction (Baker Academic, 2016 ; première édition, 1994) fait partie des introductions commodes qui se cantonnent aux fondamentaux.

Les chapitres sont les suivants :

  1. Writing in the Ancient Near East
  2. A Brief Overview of the Transmission of the Old Testament Text
  3. Hebrew Texts of the Old Testament
  4. Ancient Translations of the Old Testament
  5. Critical Editions of the Old Testament Text
  6. Scribal Changes in the Old Testament Text
  7. Principles and Practice of Textual Criticism
  8. Textual Commentary on the Book of Ruth

En appendice, on trouve A. An English key to BHS et B. What text(s) are we attempting to reconstruct ? L’ouvrage se termine sur un glossaire, une bibliographie de douze pages qui a été mise à jour et des indexes sujet / auteur / verset. Par rapport à la première édition, le format est un peu plus grand, et la police de caractère bien plus élégante.

Mon sentiment est partagé : on a l’impression bien des fois d’avoir « déjà lu ça quelque part ». Autrement le dit, le traitement du sujet ne vise aucune originalité ni ne s’écarte des exemples habituels. Seulement l’ouvrage couvre une étendue suffisante de sujets pour honorer son titre de « practical introduction ». Il n’y a pas de reproductions de manuscrits comme dans Würthwein, en revanche les schémas de synthèse sont nombreux, et souvent fort utiles. Bien sûr on ne peut que rester sur sa faim au chapitre deux sur l’histoire du texte, ou au chapitre six, sur les modifications opérées par les scribes. Mais il faut faire justice à cet ouvrage : il est clair malgré un sujet complexe, et il fournit de nombreuses références pour les « further readings ». S’il fallait le comparer à un ouvrage côté Nouveau Testament, je dirais sans hésiter celui, récent aussi, de Porter et Pitts, Fundamentals of New Testament Criticism (Eerdmans, 2015).

L’ouvrage a déjà fait l’objet de reviews par John D. Meade (résumée à grands traits sur ETC pour ceux qui n’auraient pas le courage de tout lire) – passablement sévère -, ou encore par Stephen D. Campbell. Je dirais que le reproche – habituel lui aussi – est de dire : ce n’est pas à jour. C’est peut-être vrai (pas toujours dans les moindres détails d’ailleurs), mais enfin la discipline évolue constamment, et en l’occurrence la critique textuelle de l’AT jongle avec un nombre impressionnant d’hypothèses dont il n’est sans doute pas aisé de suivre les dernières évolutions.

En l’occurrence ce qui fait souvent débat, et dont j’ai fait écho sur ce blog, c’est le problème de la « stabilisation du texte au premier siècle » : on commence à penser qu’il s’agit d’un mythe – autrement dit qu’il n’y a pas eu de recension ou édition du texte à proprement parler – mais simplement que le hasard de l’Histoire a fait qu’un type de texte en particulier a été adopté parce qu’il n’avait tout simplement plus de compétiteurs :

The Septuagint no longer exerted any influence in Jewish circles since it was in use by Christians, the Samaritan Pentateuch was with the Samaritan community, and the Qumran scrolls were hidden in caves. The MT group did not thrust aside other texts; after 70 CE there simply were no competing texts. (p.31)

Cette hypothèse, qui est celle de Tov, ne manque pas d’atours pour se recommander (2012 : 179-80). Mais je ne crois pas en cette théorie de l’évolution du texte laissant bonne place au hasard. Elle me paraît en effet douteuse car elle n’explique pas de manière satisfaisante les modifications intentionnelles patentes (spécialement chronologiques), que les savants tendent, à tort je pense, à traiter comme des unités littéraires à détacher de l’histoire du texte dans son ensemble, quand il faudrait faire l’inverse : un texte procède toujours d’une communauté, qui l’édite et l’adoube. Si l’on constate des modifications structurelles d’importance (et les différences chronologiques sont de ce genre-là), il n’y a plus guère de place pour le hasard.

En résumé, disons que si vous souhaitez vous initier à la critique textuelle de l’AT – en comprendre la nécessité, les méthodes, les difficultés et les perspectives – nul doute que l’introduction de Brotzman et Tully remplit l’office brillamment. Et si vous souhaitez approfondir, voici quelques recommandations, par ordre de préférence :

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Tov est un monument de la discipline, et son ouvrage la bible du genre. Donc il est inutile de plaider sa cause : lisez Tov ! Wegner, moins connu, a fait un travail de pédagogie extraordinaire qui aborde tout ce qu’il faut savoir sur la critique textuelle (oui c’est bluffant), tant pour l’AT que pour le NT. Hautement recommandé donc ! Enfin Würthwein (équivalent du Aland pour le NT) est une référence très utile qui est également incontournable. Avec ces trois-là, vous serez en bonne compagnie. Si vous voulez pousser encore un peu, je vous conseille particulièrement :

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Tous ne sont pas du même niveau : les deux premiers sont des ouvrages de référence (j’ai déjà fait écho au premier, qui est exceptionnel ; le second, plus ancien, reste des plus utiles et il est constamment cité), tandis que les deux derniers sont plus de petits livrets concis mais extrêmement pratiques, avec des exemples moins courants et bien plus intéressants que d’ordinaire.

Pour une introduction généraliste (témoins, relations entre les témoins, histoire du texte mais aussi histoire de la discipline), évidemment les volumes de D. Barthélémy et al. dits CTATCritique Textuelle de l’Ancien Testament – sont le nec plus ultra (la contrepartie étant leur technicité) : 50/150/250/350/4 et 50/5 (Brotzman et Tully en mentionnent 4, mais le 5e paraît en décembre).

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Le volume Studies parut chez Eisenbrauns en 2012 est la traduction des introductions des volumes 1 à 3 de CTAT. Pratique si vous n’avez pas la possibilité de mettre la main sur ces volumes hors de prix.

Et le français dans tout ça ? Quelques volumes me paraissent indispensables, mais le choix sera forcément un peu plus subjectif. En préambule je signale qu’il faut toujours prendre l’habitude de consulter et même arpenter les manuels de référence comme les dictionnaires, les commentaires et les encyclopédies (en français, tout particulièrement le Supplément au Dictionnaire de la Bible). Pour la critique de l’AT spécifiquement, je recommande :

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Le premier ouvrage est un recueil d’articles centrés autour de l’histoire du texte et de ses témoins (dont un particulièrement intéressant de Tov). Le second, de Matthieu Richelle, concerne l’exégèse en général mais propose une rubrique consacrée à la critique textuelle qui est d’excellente facture. Le troisième est également assez généraliste dans son objet, mais aborde pp.147-206, une section très bien fournie, et je dirais même incontournable, sur la critique textuelle de l’AT et du NT : témoins, méthodes, figures marquantes, bibliographie. L’ouvrage commence à dater (1987), mais il me paraît encore absolument nécessaire. Quant au quatrième de Nodet, il tient plus à la compréhension de l’histoire du texte. Il faut s’intéresser à l’histoire du texte biblique qu’avaient un Josèphe ou un Philon (sur ce dernier, voir par ex. Katz) pour entrevoir l’histoire mouvementée du texte de l’AT. Un ouvrage peut-être intéressant, mais que je n’ai pas lu (à cause du prix !), est celui de Etoughé, Introduction à la critique textuelle et à la massorah (Lulu.com, 2014). J’ai déjà parlé de son Vocabulaire, qui ne m’a pas convaincu.

Il y en a certainement bien d’autres, sans parler des études spécialisées sur le rapport TM/LXX (quelques volumes m’intriguent particulièrement : ceux de I. Himbaza 20042008, 2015, et ceux de Philippe Hugo, 2005, 2006  mais hélas je n’ai pas encore eu l’occasion de les consulter). Pour les auteurs qui ont une page Academia, n’hésitez pas à cocher « Follow » car de plus en plus de savants mettent en ligne leurs articles (ex. Jan Joosten qui est aussi intéressant que prolifique).

Le public anglophone dispose bien sûr d’innombrables monographies spécialisées, avec des auteurs emblématiques comme Tov, Lange, Ulrich… Terminons donc notre petit panorama par une référence dont il ne fait aucun doute qu’elle deviendra pour longtemps le point de départ des chercheurs :

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Cette série consistera d’ici à 2020, si j’ai bien compris, en neuf volumes couvrant l’histoire de la Bible hébraïque dans son ensemble, avec trois volumes dits « Hebrew Bible » (1A, 1B, 1C), deux sur les écrits deutérocanoniques (2A, 2B), trois volumes sur la critique textuelle, appelés « A Companion to Textual Critcism » (3A, 3B, 3C) et un volume d’indices (4). L’extrait permet de voir que le format tient à l’encyclopédie de référence (l’extrait propose d’ailleurs, entre autres, un intéressant article « Textual History of the Pentateuch »). Oeuvre majeure à suivre de près…

Ouvrages cités pour la critique textuelle de l’Ancien TestamentTov, Textual Criticism of the Hebrew Bible (2012) | Wegner, A Student’s Guide to Textual Criticism of the Bible: Its History, Methods and Results (2006) | Brotzman & Tully, Old Testament Textual Criticism (2016) | Würthweim, The Text of the Old Testament: An Introduction to the Biblia Hebraica | Jobes & Silva, Invitation to the Septuagint (2015) | Roberts, The Old Testament Text and Versions – the Hebrew Text in transmission and the History of the Ancient Versions (1951) | McCarter, Textual Criticism (2001) | Klein, Textual Criticism of the Old Testament: Septuagint After Qumran (1974) | Barthélémy et al., Critique Textuelle De L’ancien Testament (5 vol.) | id., Studies in the Text of the Old Testament: An Introduction to the Hebrew Old Testament Text Project | Schenker, Hugo et al., L’enfance de la Bible hébraïque : L’histoire du texte de l’Ancien Testament à la lumière des recherches récentes (2005) | Richelle, Guide pour l’exégèse de l’Ancien Testament. Méthodes, exemples et instruments de travail (2012) | Lange, Tov et al., Textual History of the Hebrew Bible (2016-)

 

 

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