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Mar 16 19

Découvrez 50 bibles en français (Bibliorama)

by areopage

Réalisé par A. Nanot, N. Ciarapica, J. Caplot et T. Mathey, le nouveau site Bibliorama est entièrement consacré non seulement aux versions bibliques françaises, mais aussi aux outils qui gravitent autour de l’étude de la Bible : manuels de théologie et d’archéologie, dictionnaires, outils pour l’apprentissage de l’hébreu, ou encore concordances.

BIBLIORAMA, c’est d’abord un regard panoramique sur tout l’univers des bibles en français. Le choix des bibles en français est tellement vaste que l’on si perdrait et nous sommes là pour vous accompagner dans votre choix. (…) Bibliorama, c’est un regard sur l’univers de la bible, depuis sa composition, sa compilation, sa traduction et sa diffusion. BIBLIORAMA, c’est aussi un site d’information et de présentation des diverses traductions de la bible en français, ainsi que des outils qui vous permettront de choisir la bible qui vous correspond.


Il est vrai qu’hormis ma page Versions Bibliques Françaises, conçue il y a des années et jamais vraiment mise à jour, il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent en termes de présentation et d’orientation dans la jungle des traductions bibliques disponibles en français.

Bibliorama entreprend ce travail de longue haleine, et le résultat se révèle des plus intéressants. La page à mon sens principale du site est celle intitulée 50 bibles françaises, où l’on trouve un tableau classant la plupart des versions disponibles classées selon leur nature : « Famille Segond », évangélique, protestante, œcuménique ou interconfessionnelle, catholique, juive, libérale, tendancieuse.

Chaque version est ensuite assortie d’une fiche descriptive indiquant date de parution, éditeur, type de traduction (littérale, semi-littérale, équivalence dynamique), facilité de lecture, type de public, confession, textes grec/hébreu traduits, présence des deutérocanoniques, ordre des livres, modernité ou non des unités de poids et mesures. Vient ensuite une présentation plus conséquente, accompagnée de remarques et d’extraits.

Pour la Bible du Centenaire, je signale qu’elle est désormais disponible sur archive.org : voyez ma page dédiée : Bible du Centenaire (AT 1941-1947, NT 1928-1929). Celle de sœur Jeanne d’Arc est par ailleurs disponible ici : Les Évangiles – Les Quatre.

Une telle mine d’informations s’expose fatalement à des erreurs ou imprécisions. Ce qui m’agace le plus, vous l’aurez deviné, c’est la rubrique « versions tendancieuses ». A mon avis le simple fait d’indiquer qu’une version est confessionnelle (catholique, protestante, juive) ou qu’elle s’adresse à un certain type de public (ex. pour un public d’initiés, engagé, et messianique pour la Stern !) prouve que cette version n’est pas authentiquement dépourvue de « tendances ».

Il faut alors se reporter à la définition qui est fournie des traductions tendancieuses :

Ces traductions comprennent les bibles qui ne sont pas conformes à la doctrine protestante, et dont la traduction est souvent malhonnête, ceci afin d’appuyer le plus souvent leur doctrine, comme nier la divinité de Jésus dans la traduction du monde nouveau. Ces bibles sont présentées sur notre site pour l’étude et l’analyse de la traduction.

Ôtez cette bible qui me brûle les mains… elles ne sont mentionnées qu’à titre de curiosité…. et la TMN est particulièrement prise pour cible. Il est vrai que la TMN présente, comme toutes les autres traductions, des passages qu’on peut qualifier de « tendancieux« . C’est que les traducteurs ont fait des choix, et que leur grille de lecture n’est pas trinitaire. Mais de là à dire que la TMN nie la divinité de Jésus quand le verset de Jn 1.1c qui est cité se lit « et la Parole était un dieu« , il y a une contradiction qu’il faudrait éclaircir. Nie-t-on la divinité de quelqu’un quand on dit de quelqu’un qu’il est « un dieu » ? Ou est-ce la déité (au sens trinitaire) qui est niée ?

Inutile de refaire le procès de ce verset controversé, l’exercice semble vain et les positions, inébranlables ; en tout cas la grammaire grecque, souvent appelée au secours, n’y est pas suffisante, et elle n’est pas du côté que l’on croit. Bon nombre de traducteurs (Grzegorz Kaszyński en a recensé plus de 140 !), indépendants ou membres d’une confession traditionnelle, l’ont bien senti (ex. M. Goguel (protestant), « et le Verbe était un être divin » ; A. Loisy (libéral), « et le Logos était dieu », Bentley Hart (orthodoxe), « and the Logos was god »).

J’ajouterai que la remarque sur Exo 34.29 est absurde : émettre des rayons, ou rayonner, cela veut dire la même chose. Le terme rayon signifiant déjà, entre autres, « ligne ou bande lumineuse issue d’une source de lumière« , il n’est pas indispensable de préciser « rayon de lumière« . La curiosité des « cornes de Moïse » n’a ainsi rien à faire dans la rubrique consacrée à la TMN, et nuit, inopportunément (pour ne pas dire malhonnêtement), à sa crédibilité. La Bayard fait-elle d’ailleurs mieux (pour le sens véhiculé, et le naturel) en rendant ainsi : « la peau du visage de Moïse illumine ».

Ironie de l’histoire, l’affirmation « L’hébreu utilise le mot qeren qui signifie corne ou rayon » est inexacte : ce n’est pas le substantif קֶרֶן (qeren) qui est utilisé, mais le verbe קָרַן (qaran), dont le sens est bien émettre des rayons, briller/rayonner (cf. Clines, DCH VII 326, « shine, send out rays » ; BDB 902 « send out rays » ; Sander-Trenel 2000, 656, « la peau de son visage (de Moïse) jetait des rayons »), mais aussi « porter des cornes » (DHAB 1991, 339) cf. Psa 69.31 BHS v.32). Au vrai le sens du verbe dans ce verset (et l’orthographe de l’expression tout entière קָרַן עוֹר פָּנָיו) est incertain (s’agit-il d’une forme קרן I à distinguer d’une hypothétique seconde racine *קרן II ayant le sens « avoir des cornes« , ou n’y-a-il qu’une seule forme dont le sens obvie déconcerte ?) et, de ce fait, très débattu, en raison 1) de son peu d’attestations (cf. Philpot 2013), 2) de la possibilité d’un jeu de mots ou d’une ambiguïté volontaire (אור/עור ainsi que l’expression consacrée, אור פניו, « la lumière de sa face« , ex. Job 29:24, Psa 4:7, Psa 44:4, Psa 90:8) et 3) d’une potentielle tournure métaphorique (cf. Clines, Sasson ; à moins encore qu’au sens bien connu porter des cornes ne s’adjoigne un sens non attesté, mais dérivé du substantif, pour signifier être en gloire, être puissant, être resplendissant, d’où les LXX ; ce sens est connu pour le substantif, קֶרֶן force, puissance, gloire, éclat, quoique de manière toujours métaphorique semble-t-il, cf. Marchand-Ennery 1986:241, CDCH 405). Ce texte ambigu aurait alors suscité une tradition ‘al tiqrê suivie par les targums et sans doute la LXX (Propp), qui influencerait ainsi, à rebours et à tort, la compréhension du verbe dans le texte massorétique (→ Propp 1987, Sasson 1968, BA II 344-345)…

On peut aller plus loin et se demander pourquoi certains faits originaux, ou disons tendancieux, de certaines versions ne sont pas mentionnés, surtout s’ils sont absolument spécifiques et peu orthodoxes. Ainsi la Chouraqui est-elle seulement littérale sans être tendancieuse ? Quel linguiste nierait qu’une traduction étymologisante n’est pas gage d’authenticité, bien au contraire ? On peut savourer la Chouraqui quand on connaît l’hébreu, car c’est drôle et cela fait même réviser… Mais pour le sens, passez votre chemin. La Chouraqui encore fait le pari audacieux de restaurer le nom divin dans le Nouveau Testament (fait souvent reproché à la TMN) : est-ce si anodin qu’il ne faille pas le mentionner ? Ex. Mat 1:20, Mar 1:3, Luk 1:6, Joh 1:23, Act 2:20, Rom 4:8, 1Co 10:9, 2Co 6:17, Heb 8:2, Jam 1:7, 1Pe 1:25, 2Pe 3:8, Jud 1:14, Rev 1:8 (liste non exhaustive, je n’ai cité qu’un exemple par livre ; idem dans la Tresmontant, 78x yhwh ex. Mat 4:7-8).

Autre remarque, la Stern n’est-elle pas une traduction de traduction (de la Complete Jewish Bible), ce qu’il faudrait peut-être davantage souligner (c’est un autre point coutumièrement reproché à la TMN) ? Et ainsi de suite : on pourrait multiplier les remarques à l’infini.

Ces dernières ne devraient cependant pas occulter la qualité, l’ampleur et l’utilité du travail fourni sur le site Bibliorama, tout cela dans une interface web agréable, et des infographies réussies.

Le site évoluera certainement à l’avenir : je suggère donc (c’est sans doute en cours), des outils pour le grec biblique (quelques-uns sont mentionnés ici), mais aussi une rubrique dédiée à l’histoire de la traduction biblique et ses méthodes. Parmi les titres fondamentaux (s’il y en a d’autres, faites-moi signe !) pour l’histoire et les différentes versions :

Plus anecdotique, mais passionnant :

Enfin, pour ceux qui souhaiteraient creuser la méthode :

Liens : Bibliorama | LaRéférenceBiblique | levangile.com

Mar 15 19

L’Évangile selon Matthieu (Cuvillier, 2012)

by areopage

   Élian Cuvillier met généreusement en ligne sa contribution à l’ouvrage collectif dirigé par C .Focant et D. Marguerat, Le Nouveau Testament Commenté (Bayard, 2012) : L’Évangile de Matthieu. Les commentaires récents, abordables et suivis du Nouveau Testament étant plutôt rares dans le milieu francophone, on ne peut qu’apprécier le geste.

À noter, l’édition numérique diffère de la version imprimée sur quelques points mineurs (mise en page, numérotation des pages, différence sur le titre « L’Évangile de Matthieu » dans le PDF vs « Évangile selon Matthieu » dans le texte imprimé). De même, on remarque un problème d’affichage dans l’en-tête de page où la péricope indiquée est figée à Matthieu 1,1-5. Au passage, il faut souligner qu’il s’agit d’un commentaire, qui utilise la Traduction Œcuménique de la Bible, qu’il ne faut pas confondre avec la traduction originale de Matthieu, chez Bayard, par M.-A. Lamontagne et André Myre.

   À titre de curiosité, j’ai été bien satisfait de constater que sur Mat 11.12, Cuvillier partage mon analyse (et mêmes certaines de nos expressions sont identiques [mises en gras pour mémoire] !) :

Dans le contexte de l’évangile, le v. 12 peut être compris comme une métaphore du sort réservé à Jean-Baptiste, puis à Jésus : en leur personne, c’est le Royaume de Dieu qui est pris d’assaut et qui subit la violence. Les violents sont ici ceux qui mettent la main sur les envoyés de Dieu pour prendre un bien qui ne leur appartient pas (cf. 21,38). Depuis Jean-Baptiste, le nouvel éon est aux portes (cf. 3,1) et l’opposition est à son paroxysme. Jean-Baptiste est en prison ; il sera bientôt mis à mort, (14,1-12) ; le sort qui attend Jésus est identique. La violence est donc constitutive de la venue prochaine du Royaume des cieux. Celui-ci suscite en effet, chez ses opposants, une violence meurtrière. Nous sommes ici dans la continuité d’une tradition prophétique : le rejet, et parfois le meurtre de l’envoyé de Dieu, provoque colère et jugement sur son peuple (cf. 21,33-46). Les v. 16-19 prolongent le propos : cette « génération » n’est pas à l’unisson des envoyés de Dieu.

Côté Ancien Testament dans cette série, sont parus Genèse, Exode et Job. Enfin et pour mémoire, Christophe Rico (bien connu pour sa méthode d’apprentissage de grec koinè comme une langue vivante, Πόλις) met en ligne de son côté une traduction de l’Évangile de Jean.

Mar 8 19

Languages From the World of the Bible (Gzella, 2011)

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Une fois n’est vraiment pas coutume, l’éditeur De Gruyter propose en libre accès une intéressante monographie éditée par Holger Gzella, Languages from the World of the Bible (De Gruyter, Berlin/Boston, 2011).

L’ouvrage comprend neuf chapitres et quelques annexes, par différents spécialistes. Les parties les plus intéressantes sont signées Alan Millard (The Alphabet), Holger Gzella (Ancient Hebrew), Margaretha Folmer (Old and Imperial Aramaic) et Andreas Willi (Greek).

Disponible en PDF, mais aussi sur Google Livres. A l’achat… ça se passe de commentaire.

L’archive dans laquelle on trouve cet ouvrage, Open Access, propose d’autres ouvrages gratuits d’un certain intérêt :

Pour rappel, d’autres archives libres de ce genre existent, notamment ZORA (et plus particulièrement la collection Orbis Biblicus et Orientalis), dont voici quelques additions récentes très réjouissantes :

Autres ouvrages fort intéressants qu’on trouvera en ligne (gratuits pour une durée limitée sans doute, surtout pour le premier volume, et uniquement dans le logiciel Logos) :

Curieux hasard de calendrier, je viens de terminer la lecture de D. Mangum & J. Westbury, Linguistics & Biblical Exegesis (Lexham Methods Series, 2017)… et je comptais en faire un mini compte-rendu. Il va de « paire » avec trois autres ouvrages: Textual Criticism of the Bible (2018), dont j’ai déjà parlé, Social & Historical Approaches to the Bible (2017), et Literary Approaches to the Bible (2018), sur lesquels je reviendrai peut-être.

Mar 6 19

Intermediate Biblical Greek Reader (Gupta & Sandford, 2018)

by areopage

   S’il n’est pas difficile de trouver des méthodes ou des grammaires de grec biblique, surtout en anglais, les modes intermédiaires sont plus rares. Il y a pour cela une bonne raison : après en général deux années d’initiation à la langue du Nouveau Testament, le mieux pour progresser, c’est bien entendu la lecture des textes eux-mêmes. Pour cela, et puisque l’étude du vocabulaire n’est malheureusement pas toujours systématisée (ou rationnelle), le recours à des « readers » peut s’avérer utile, voire nécessaire. Les « readers » sont des manuels accompagnant l’étudiant dans sa lecture, qui fournissent le minimum vital de vocabulaire (et d’analyse morphologique parfois) pour une lecture suivie du texte. Ce minimum est souvent établi sur une base passablement arbitraire, à savoir la fréquence des mots. Ce sont des béquilles, et elles ont le mérite d’exister.

   Parmi les readers les plus connus, mentionnons ceux de la Baylor University Pess : Baylor Handbook on the Greek New Testament et Baylor Handbook on the Hebrew Bible. Et chez Zondervan, dans un format plus accessible : A Reader’s Hebrew and Greek Bible. Les volumes de chez Baylor, dont je possède un certain nombre d’exemplaires autant pour le grec que pour l’hébreu, sont de belle facture, bien documentés, faciles à prendre en main. Ils sont destinés à l’étude exégétique, des textes. Beaucoup d’informations très intéressantes sont ventilées au fil des pages, sur le style, la linguistique, parfois l’histoire (pour la datation), et bien sûr le grammaire. Chaque volume constitue une petite synthèse des tenants et aboutissants d’un livre biblique. C’est réellement commode pour se plonger dans un livre, et réviser des faits linguistiques. Mais toute cette information a un revers : le texte est entrecoupé de longues discussions techniques ; ces ouvrages ne conviennent pas à un ouvrage profane d’édification, mais bel et bien à l’étude linguistique avant tout. Les ouvrages étant de taille modeste, ils sont très maniables et donc faciles à emporter partout. Ce qui nous mène au volume de Zondervan, de taille plus conséquente, et donc bien moins maniable : c’est une bible complète, qui propose au lecteur le texte biblique accompagné du vocabulaire pour les mots figurant 100x au moins pour l’hébreu, 25x ou moins pour l’araméen, et 30x ou moins pour le grec (ces données proviennent de la précédente version en deux volumes que je possède : A Reader’s Hebrew Bible et A Reader’s Greek New Testament ; pour le NT et sur l’acquisition du vocabulaire, j’encourage tous ceux qui étudient le grec biblique à prendre connaissance de l’édifiante préface du Reader/NT, pp.7-9). Contrairement aux volumes de chez Baylor (qui ne sont pas encore tout à fait complets), ce volume présente donc l’avantage d’être complet, et utile, pour peu bien sûr que la langue anglaise vous soit familière, et je dirais même plus, parfaitement acquise. Car si côté NT il n’y a pas tant de termes techniques (ou bien pour le NT, ces termes sont mieux connus, y compris en anglais), on se surprend de voir dans l’AT bon nombre de termes difficiles dont, pour ma part, le sens est obscur en hébreu comme en anglais. C’est alors que surviennent les limites de ce type d’ouvrage : à moins d’être parfaitement bilingue, il est difficile d’apprendre le sens d’un mot dans une autre langue. Non seulement pour en capter le sens véritable, mais aussi pour en apprécier l’usage.

   Gupta & Sandford, Intermediate Biblical Greek Reader (Pennington ePress, George Fox University Libraries, 2018), l’ouvrage présenté en exergue, fait partie intégrante de ce genre : c’est un manuel d’application proposant aux étudiants une lecture suivie et commentée de l’épître aux Galates : notes linguistiques, encadrés sur des mots de vocabulaire ou des concepts, exercices pratiques, parsèment l’ouvrage. C’est très scolaire, et bien moins dense que les Baylor. Mais l’objectif modeste reste engageant. Enfin d’ouvrage introduit en fin de parcours des extraits de la Septante, de l’épître de Jacques, et de Jean Chrysostome, et même un petit chapitre sur la critique textuelle. Fait notable, sa consultation est gratuite au format digital, et pour une somme symbolique en version papier.

Mar 2 19

Grammaire du grec du Nouveau Testament (Robertson, 1911)

by areopage

   Aujourd’hui encore, la grammaire grecque du Nouveau Testament d’A.T. Robertson, A Grammar of the Greek New Testament in light of historical research, parue en 1914, reste abondamment citée et commentée. C’est qu’elle marquait un tournant assez majeur en introduisant dans le genre un peu de linguistique, de philologie, et de méthode comparée (à la suite des travaux de A. Deissmann ou J. H. Moulton notamment). On commençait à s’intéresser de près au papyri, aux inscriptions, au rapport avec les Septante… En version anglaise j’utilise couramment l’édition de 1934, un gros volume de 1454 pages assez intimidant… et je n’ai de cesse d’y faire des trouvailles. Quand il s’agit d’ailleurs d’approfondir un sujet, la case Robertson est systématique, et ce malgré la profusion d’ouvrages plus récents (MHT, Wallace, Blass-Debrunner, Porter, ZerwickCarrez pour n’en citer que quelques-uns ; voir aussi → Grec biblique : quelques outils & Grammaires du Grec Biblique).

   Mais avant de publier son magnus opus, Robertson avait débuté avec une grammaire de plus petite envergure (près de 300 pages tout de même), publiée en 1908, et qui a eu de multiples éditions : A Short Grammar of New Testament Greek. C’est l’édition française de cette « brève grammaire » que je vous propose ici : A.T. Robertson, Grammaire du grec du Nouveau Testament (trad. E. Montet, Lib. Paul Geuthner, Paris, 1911 ; ou en PDF sur ce site).

Le traducteur commente cette ‘concision’ ainsi (p. viii) :

L’auteur a intitulé sa grammaire, en anglais : « A Short Grammar… » (Brève grammaire). Ce titre est trop modeste. Sans doute, la grammaire est abrégée et réduite pour les étudiants auxquels elle est destinée ; mais en fait, elle est très complète sous sa rédaction concise. Ses qualités essentielles sont : la précision, la clarté (malgré quelques obscurités résultant de la concision), et surtout la valeur scientifique. (…) On voit, par ce simple exposé du contenu de la « Short Grammar », que nous avons affaire à un ouvrage de première valeur sur le grec du Nouveau Testament.

J’utilise cet « abrégé » depuis quelques temps déjà, et je ne puis que confirmer le sentiment du traducteur. L’ouvrage est concis, mais complet. Il faut d’ailleurs parfois décrypter le sens de certaines phrases, pour en mesurer toute la valeur et la profondeur ; ou encore, il ne faut pas s’imaginer qu’un exemple soit donné « au petit bonheur » : Robertson maîtrise son sujet, à l’évidence. Par exemple en Eph 5.33 Paul utilise tantôt un verbe à l’impératif pour donner un ordre, tantôt une construction ἵνα + subjonctif. Cette dernière construction, en tant que telle, n’est pas rare (ex. ἵνα + subjonctif présent) et sert souvent à exprimer un but : on parle alors de proposition finale (cf. Létourneau 2010 : 186, Wallace 2015 : 528 sq). On connait encore bien d’autres usages à cette tournure ἵνα + subjonctif, et l’un de ceux-ci, rare et peu connu pour le coup, se rencontre justement en Eph 5.33, il s’agit de sa force impérative (cf. Létouneau 2010 : 188, Wallace 2015 : 534 sq ; voir Robertson 1934 : 942 ; ce même verset est encore étudié en d’autres occasions : 330, 746, 766, 769, 933, 994, 1187 ; d’autres cas se rencontrent en Mat 20.33, Mar 10.51, 1Co 7.29, 2Co 8.7, Gal 2.10, Rev 14.13, cf. Wallace 2015 : 534). Or le Robertson abrégé, sur un point aussi rare et particulier, est sur le coup (p. 177) :

Au lieu de l’impératif nous avons quelques fois ἵνα (Eph. V, 33)

Cette simple mention, en apparence anodine, montre à quel point cette Grammaire du grec du Nouveau Testament mérite d’être étudiée attentivement, avec le texte biblique en regard. Certes elle ne surclasse pas l’incontournable Abel, Grammaire du grec biblique (1927) qui, pour le verset donné en exemple, nous en dit un peu plus (§36g, 59e78o et surtout 80j). Mais le peu qui est dit est précis et opportun.

Robertson formule ainsi son intention en préface  (p.iv) :

Mon travail n’aura pas été vain, si, par cet ouvrage, les étudiants parviennent à une connaissance plus entière et plus profonde des richesse du Christ. Ταῦτα μέλετα, ἐν τούτοις ἴσθι (1Ti 4.15).

C’est le vœu qu’on formule à sa suite.

PS : cette grammaire sera prochainement indexée à Bible Parser Web App, et peut-être aussi celles de Botte et de Mayer, tout comme le sont déjà celles d’Abel (4397 versets indexés) et de Touzard (1162 versets indexés).

Fév 23 19

BP VerseTagger

by areopage

Pour les bloggers et autres webmestres, Bible Parser Web App propose désormais un petit gadget gratuit permettant d’activer les références scripturaires d’une page web, BP RefTagger.

Lorsque vous rédigez votre page, il vous suffit de respecter le format suivant :

Abréviation du chapitre sur trois ou quatre caractères, puis Espace, puis Chapitre puis caractère : ou caractère . puis Verset

et l’outil s’occupe du reste.

Par exemple : Gen 1:26, Phi 2:6, Deut 4:4, 1Co 13:1, et non : Deutéronome 2:1 ni : 1Thess 1:1. Il n’est pas possible non plus (hélas) de reconnaître une série de ce genre : 1Co 13:1, 2.4 (l’outil se contentant de la première partie de la référence). Il faut alors la référence complète : 1Co 13:1, 1Co 2.4.

La magie n’opère pas en édition, mais en visualisation.

Le tagger affiche la version française Louis Segond ainsi que le Nestle 1904 pour le texte grec du NT, ou la BHS pour le texte hébreu de l’AT.

C’est une ébauche… et l’indulgence est de mise.

Pour l’intégrer à votre blog ou à une page web, insérez ce code entre les balises <head></head>, ou en fin de page avant </body> :

<script src=’https://www.bibleparser.net/BP_Scripturize.js’></script>

Je prévois bien entendu de pouvoir personnaliser les versions, et surtout – et c’est là où l’outil deviendra vraiment intéressant – un lien avec les outils Requête et Dictionnaires Linguistiques de la web app.

Pour voir l’outil en action, revisitez ma page ἐν τῇ κυριακῇ ἡμέρᾳ (Révélation 1.10).

Révision 1, v. 0.2 (24/02/19) : 1) lemme, numéro Strong, définition courte et analyse morphologique (pour le grec et l’hébreu) disponibles au simple survol ; 2) une seule ligne de code désormais suffisante.

Fév 3 19

Quelques lectures…

by areopage

   Si le christianisme est en perte de vitesse dans le monde contemporain, on ne saurait blâmer les maisons d’édition, qui redoublent d’efforts et d’originalité pour proposer au public des synthèses de qualité, signées par les plus excellentes, ou à défaut éminentes, plumes. Je livre ici quelques réflexions sur des ouvrages, sortis plus ou moins récemment, touchant au monde de la Bible.

[1]La Bible – Une encyclopédie contemporaine (Bayard, 2018) mérite une mention spéciale. Il s’agit d’une encyclopédie thématique abordant les origines, l’archéologie, les traductions et les découvertes concernant la Bible. Un nombre impressionnant de spécialistes a été mis à contribution, parmi lesquels : Aletti, Baslez, Bordreuil, Boyer, Briend, Briquel Chatonnet, Clivaz, Dorival, Dubois, Finkelstein, Grappe, Gibert, Hamidovic, Gounelle, Langlois, Macchi, Marguerat, Nodet, Paul, Perrot, Römer, Schniedewind, Vouga, Zumstein.

   Vous remarquerez à la lecture de cette énumération que ces plumes interviennent régulièrement dans la revue le Monde de la Bible (dont le rédacteur en chef préface l’ouvrage), et cette encyclopédie est en quelque sorte un compendium (massif) de cette revue ; on y trouvera donc la même approche, la même philosophie, les mêmes hypothèses de travail. Les sujets abordés sont les suivants : I. La Bible face à l’archéologie, II. La Bible est-elle née à Babylone ?, III. La Bible est-elle née en Egypte ?, IV. A l’origine d’Israël, Abraham ou Moïse ?, V. Qui a écrit la Bible hébraïque, VI. La formation de la bible hébraïque, VII. Les manuscrits de la Bible, VIII. La Traduction – les langues de la Bible, IX. La Bible d’Alexandrie ou Septante, X. Les formations du canon de la Bible hébraïque, XI. Ce que Qumrân nous apprend, XII. Les auteurs des évangiles et des épîtres, XIII. La formation du canon du Nouveau Testament, XIV. Les évangiles apocryphes. L’ouvrage est introduit par T. Römer, et conclu par P. Gibert. Un glossaire (pp.524-529), une bibliographie (pp.530-533) et un index complètent l’ouvrage (pp.534-539).

   On peut ne pas épouser toutes les vues exposées dans cette synthèse, mais force est de reconnaître qu’il s’agit d’un tour de force : concentrer dans un même ouvrage autant de questions fondamentales sur l’histoire du texte biblique, son canon, sa traduction, ses manuscrits et ses versions, en y exposant l’état actuel des connaissance (ou du consensus s’il y en a un). J’ai particulièrement apprécié les rubriques sur la Septante, sur la traduction, ou encore sur Flavius Josèphe ; mais pour tout dire tous les sujets sont intéressants, et la matière ne manque pas (528p.). Ce qui ne gâte rien, comme on peut s’en douter, c’est aussi la qualité de l’ouvrage et ses nombreuses et splendides illustrations. Assurément ce genre d’ouvrage est idéal pour enrichir sa connaissance de la Bible et de l’étude de la Bible, mais il sera assez difficile d’en faire un livre de chevet, l’ouvrage étant d’un format assez grand, et plutôt pesant… Quant à son prix, un peu élevé certes, il se justifie au vu de la richesse de son contenu, et la qualité de sa forme. J’ai vu qu’un autre volume Jésus – Une encyclopédie contemporaine l’avait précédé en 2017. Je ne l’ai pas encore eu dans les mains, mais j’imagine qu’il est tout à fait comparable, et je compte bien m’en assurer.

[2]J. Doré et Ch. Pedotti dir., Jésus – L’encyclopédie (Albin Michel, 2017, 848p.) est une initiative comparable concernant ce qu’on sait de Jésus. J’ai longuement hésité à faire l’acquisition de ce volume, en me posant les questions : y aura-t-il du neuf, ou du moins des synthèses de qualité ? pour quel type de public ? tous les sujets se vaudront-ils ?

   L’ouvrage n’est pas aussi spectaculaire que [1] en termes d’illustrations, de mise en page ou de qualité du papier, mais il le compense en étant plus massif, et plus dense au niveau contenu. Là-encore, la brochette de spécialistes est loin d’être anodine (parmi lesquels : Baslez, Burnet, Cline, Devilliers, Dupont-Roc, Focant, Gibert, Hadas-Lebel, Jaffé, Lémonon, Marchadour, Marguerat, Pelletier, Quesnel, Salles,Tassin, Zumstein ; cf. pp.799-806), et cela se ressent dans la tenue des contributions : chaque chapitre permet de tirer la « substantifique moelle » d’un sujet.

   Ce n’est pas aussi passionnant qu’un ouvrage plus généraliste et mieux illustré comme [1], mais pour ceux qui veulent faire le point sur le Jésus historique et théologique (sans se plonger dans Meier par exemple), c’est idéal. La Bible y est abondamment citée, et la bibliographie, conséquente. Moins passionnant, mais quand même. Certains chapitres ou encadrés sont extrêmement alléchants, puisqu’ils posent des questions simples et courantes, en y portant des réponses claires et nuancées ; par exemple : Les Juifs croyaient-ils en la résurrection ? (p.49) / que signifie le nom de Jésus ? (p.133) / La datation de la naissance de Jésus (p.135) / Jésus était-il marié ? (p.155) / Jésus, Jean-Baptiste et Qumrân : y a-t-il un lien ? (p.179) / Pourquoi Jean parle-t-il de signes (p.302) / Jésus a-t-il annoncé la fin du monde ? (p.398) / L’ironie johannique (p.450) / Que dit vraiment Jésus du divorce ? (p.451) / Les Juifs attendaient-ils le Messie ? (p.488) / Comment fonctionnait le Temple de Jérusalem ? (p.569) / Jésus avait-il prévu sa mort ? (p.632) / Quel blasphème ? (p.663) / Jésus est-il le Serviteur souffrant des Écritures ? (p.680) / Jésus est-il mort le 7 avril 30 ? (p.685) / Les usages funéraires des juifs dans la Jérusalem du Ier siècle (p.708) / Que signifie la « parousie » du Fils de l’homme ? (p.752) / Jésus était-il le Verbe de Dieu ? (p.753). J’ai particulièrement apprécié les articles de Dupont-Roc, Hadas-Lebel, Baslez, ou Jaffé, et j’en oublie sûrement.

   Il ne faut sans doute pas rechercher dans ce type d’ouvrages un condensé de savoir (définitif), mais une mine de sujets de réflexion, et un point de départ pour ses propres investigations. L’ouvrage est scindé en trois parties ou « livres » (subdivisés eux-mêmes en trois ou quatre sections) : I. Commencements (pp.31-204), II. La vie publique (pp.205-528), et III. Passion et résurrection (pp.529-766). Une chronologie commode (mais discutable) est proposée en p.771, et suivie notamment d’un glossaire (pp.773-783), d’un bibliographie (intéressante et classé selon les chapitres de l’ouvrage, pp.785-796), et de deux encarts de présentation des auteurs (pp.799-810).

[3]. Théo Truschel, La Bible et l’archéologie (Faton, 2010, 330p.) : assez différent de [1] ou [2], le beau volume de Truschel n’est pas une oeuvre scientifique, mais documentaire, et dans une perspective croyante. C’est donc beaucoup plus édifiant, et le mérite évident de l’ouvrage est d’être très richement illustré (c’est absolument sublime), dense, assez systématique, et facilement lisible. Son grand format et son poids interdiront une lecture « de repos », mais c’est un moindre mal compte tenu de la qualité impressionnante de l’ensemble. Des origines à la période néo-testamentaire, tout est passé au crible : le récit biblique se déroule, et chaque découverte archéologique afférente est présentée et abondamment illustrée. L’ouvrage pourrait faire penser à celui de Villeneuve (présenté ici), mais il le surclasse à tous les niveaux. Bref, si vous souhaitez faire un tour d’horizon sur la Bible et les découvertes archéologiques, c’est un ouvrage incontournable qui a le mérite de pouvoir se lire de bout en bout très facilement. L’ouvrage gagnerait évidemment à avoir de régulières éditions, pour la prise en compte des dernières découvertes. Pour ceux qui souhaiteraient prolonger la lecture, le site de l’auteur est d’excellente facture : https://www.archeobiblion.fr/

[4] A. Negev et S. Gibson, Dictionnaire archéologique de la Bible (Hazan, 2006, 624p.) : pour vous muscler les biceps et les neurones, assurément cet énorme et pesant volume fera parfaitement l’affaire. Il s’agit cette fois-ci réellement d’un dictionnaire ; il n’est donc pas question de lecture de bout en bout. Comme l’indique sa préface, l’ouvrage est dû pour l’essentiel à « d’éminents archéologues israéliens » (cf. pp.5-6), et « présente, dans l’ordre alphabétique, l’ensemble des sites qui sont mentionnés dans la Bible, et qui ont été localisés sur une carte et ont fait l’objet d’une investigation par les archéologues » (p.7).

   La lecture est plus aride que dans les précédents ouvrages, puisqu’il s’agit en quelque sorte de données brutes destinées aux spécialistes. Ce volume intéressera donc surtout les lecteurs de la Bible désireux d’arpenter le texte et son contexte avec précision. La spécificité de ce travail consiste en la concision relative de ses articles (rarement plus d’une page), sa haute tenue scientifique, sa quasi exhaustivité (jusqu’à 2006) son abondante illustration (peu spectaculaire et très pragmatique). Quand c’est nécessaire, les articles sont très utilement découpés par périodes. Certaines rubriques plus généralistes permettent aussi de faire un tour d’horizon d’un sujet, comme (et ce n’est là qu’un mince échantillon) : Agriculture et élevage (pp.22-29) / Apocryphes et pseudépigraphes (p.50) / Armes et art de la guerre (pp.59-63) / Astronomie (p.76) / Bains (pp.81-83) / Calendrier et unités temporelles (pp.115-117) / Commerce (pp.135-136) / Construction (Matériaux et techniques) pp.137-139) / Culte juif (lieux et objets) pp.142-146 / Divination (pp.157-161) / Eau (collecte et adduction) pp.171-175) / Ecriture (pp.176-177) / Esclavage et travail (pp.197-199) / Habitat (pp.235-241) / Inscriptions (pp.268-275) / Monnaies (pp.364-367) / Musique (instruments de) pp.372-374) / Navires et navigation (pp.385-387) / « Voyage et transport » (pp.585-589) etc. Pour une édition simplifiée (sans illustration ou presque, de taille beaucoup plus modeste et plus ancien/moins complet ; cependant bon nombre d’articles sont identiques), le Dictionnaire archéologique de la Bible (Hazan 1970 ; A. Negev dir.) peut aussi rendre de bons services.

[5] W. Corswant, Dictionnaire d’archéologie biblique (Delachaux et Niestlé, 1959, 324p) : belle surprise que ce dictionnaire d’archéologie biblique (revu et illustré par E. Urech, et préfacé par A. Parrot). Plaisantes illustrations, extrême variété des entrées, citations bibliques systématiques, c’est encore un ouvrage qui ne se lit guère de bout en bout, mais qui se parcourt avec passion. L’ouvrage commence par une section listant les principales rubriques par domaines : I. La vie profane, II. La vie religieuse. La première section comprend ce type d’articles : famille / mariage / femme / enfants / esclaves / amis et hôtes / mort et funérailles / habitation / vêtements et soins du corps / alimentation / chasse et pêche / élève du bétail / agriculture / vignes, vergers et jardins / métiers / commerce / divisions du temps / mesures de longueur, de capacité et de poids / monnaies / astronomie, cosmographie etc / médecine ; etc. On le voit, c’est un peu un ouvrage de type « us et coutume » (cf. celui de Yamauchi & Wilson) qui fait d’ailleurs plus penser à un dictionnaire biblique thématique qu’à un dictionnaire d’archéologie à proprement parler. En raison de la richesse de ses sujets, et la qualité de ses informations, l’ouvrage vaut assurément d’être consulté régulièrement.

[6] A. Anderson & W. Widder, Textual criticism of the Bible (Lexham Press, 2018, 264p.) : il n’y a pas suffisamment d’ouvrage sur la critique textuelle de la Bible, à plus forte raison quand il s’agit de traiter l’Ancien Testament comme le Nouveau, pour se permettre de négliger la moindre parution. Celle-ci est intéressante parce qu’elle propose une introduction globale à ce sujet difficile, et que sa documentation est récente. Mais on n’y trouvera pas d’exemples bien nouveaux, ni d’originalité particulière. L’ouvrage en tout cas comprend de nombreux schémas, tableaux récapitulatifs, photographies de manuscrits (en noir et blanc), qui indiquent qu’il a été conçu dans une perspective hautement pédagogique, avec pour support de prédilection, le digital (il se marie dans ce cas fort bien avec le logiciel Logos). La pratique de la critique textuelle est abondamment commentée, documentée et guidée. C’est en somme un ouvrage incontournable, au contenu très riche, même si j’avoue avoir été un peu déçu en première lecture (nihil novi sub sole…).

   L’avantage de cet ouvrage est vraiment d’être complet (manuscrits, versions, recensions, pratique et hypothèses de la critique textuelle, projets en cours : tout est expliqué en détail) et récent (une bibliographie commentée accompagne chaque chapitre). En première lecture, c’est idéal pour se familiariser avec le sujet. En lecture complémentaire, il faut faire preuve de patience, et profiter, pour les points moins clairs, du côté pédagogique, et pour les nouveautés, des références et des schémas. Côté inconvénient, l’ouvrage est imprimé sur du papier recyclé assez jauni, ce qui n’est pas toujours agréable. L’ouvrage est un peu comparable à celui de Wegner (excellent et incontournable ; voir d’autres références ici), et le complète utilement (sans toutefois le surclasser).

[7] S. Wüthrich, Mémoriser le grec du Nouveau Testament (Bibli’O, 2018, 64p) : ce petit opuscule propose de vous faire apprendre 25% du vocabulaire grec du NT, par ordre décroissant de fréquence, avec quelques aides mnémotechniques. En tout le lecteur et apprenant assidu aura mémorisé un quart des vocables du NT, soit 1400 mots (cf. p.3). Pour la forme, l’ouvrage est plaisant : la police grecque utilisée, et la taille choisie, sont agréables ; la concision et la justesse des définitions sont convenables ; deux aides à la mémorisation sont proposées : 1) ponctuellement, des mots de même racine (ex. vocable principal φωνή, -ῆς, ἡ → φωνέω, προσφωνέω), et 2) la mention d’un terme français dérivé du grec (ex. phonétique). Pour le fond, c’est un peu décevant comme tout ce qui existe en termes d’accompagnement à l’acquisition du vocabulaire : 1) les vocables sont listés en fonction de leur fréquence, et les découpages entre différentes étendues de fréquences sont arbitraires, 2) l’objectif reste passablement modeste (1/4 du vocabulaire !), 3) les mots français donnés à titre mnémotechnique ne sont pas expliqués (on rate alors une belle occasion de sortir l’apprenant de sa torpeur passive), 4) les mots ne sont pas illustrés (ni par un verset, ni par un visuel) et se suivent sans se ressembler, 5) il n’y a pas non plus renvois à des synonymes ou antonymes. En bref, le recours à la fréquence exclut le recours aux domaines sémantiques, aux associations de mots, et de ce fait, à la participation active de l’apprenant. C’est dommage. A décharge, ce petit opuscule, s’il est utilisé d’une manière rigoureuse et encadrée, peut rendre quelques bons services au débutant. → Pour une approche plus scientifique de l’apprentissage du vocabulaire de grec ou d’hébreu biblique, voir par exemple la thèse de J. P. Thompson, Learning Biblical Hebrew Vocabulary – Insights from Second Language Vocabulary Acquisition (2011).

Jan 27 19

ἐν τῇ κυριακῇ ἡμέρᾳ (Révélation 1.10)

by areopage

   Dans l’Ancien Testament, l’expression consacrée יום-יהוה, « jour de Jéhovah », assez fréquente, renvoie à un moment particulier, passé ou à venir, de colère et de jugement (ex. Isa 13.6, Isa 13.9, Eze 13:5, Joe 1.15, Joe 2.1, Joe 2.11, Joe 3.4, Joe 4.14, Amo 5.18, Amo 5.20, Oba 1:15, Zep 1.7, Zep 1.14, Zep 2.2, Zep 2.3, Mal 3.23). Ce jour eschatologique était bien connu, de sorte que la seule évocation de « ce jour-là » (ביום ההוא) était suffisante pour le désigner (Isa 2.11, Amo 8.9).

   L’expression est passée dans le Nouveau Testament sous des formes diverses. La plus fréquente est « jour de/du Seigneur » ἡμέρᾳ τοῦ κυρίου (1Co 1:8, 1Co 5:5, 2Co 1:14, 2Th 2:2) ou ἡμέρᾳ κυρίου (1Th 5.2, 2Pe 3.10). Mais on trouve aussi « le (grand) jour de Dieu » (ἡμέρᾳ τοῦ θεοῦ), en 2Pe 3.12 (τῆς τοῦ θεοῦ ἡμέρας), et Rev 16.14 (τῆς ἡμέρας τῆς μεγάλης τοῦ θεοῦ). Comme dans l’Ancien Testament, des formes courtes comme « le jour » (τὴν ἡμέραν, Heb 10.25), « ce jour-là » (ἐκείνην τὴν ἡμέραν/ἐν ἐκείνῃ τῇ ἡμέρᾳ, 2Ti 1.12, 2Ti 1.18, 2Ti 4.8) ou « le grand jour »  (μεγάλης ἡμέρας, Jud 1.6 ou ἡ ἡμέρα ἡ μεγάλη, Rev 6.17) étaient suffisantes pour évoquer ce jour de délivrance.

   Ce jour était tantôt celui du Seigneur Dieu (1Pe 2.12, 2Pe 3.12, Rev 16.14), tantôt celui du Seigneur Jésus (1Co 1.8, 1Co 5.5, 2Co 1.14, Phi 1.6, Phi 1.10, Phi 2.16). La supplique « notre Seigneur (Jésus), viens ! » (ἔρχου κύριε Ιησοῦ/μαράνα θά) s’inscrivait ainsi dans l’ardente attente de « ce jour-là », en appelant de ses vœux le retour du Christ (1Co 16.22, Rev 22:20 ; cf. 1Co 11.26, Didachè 10.6).

   On le voit, les expressions pour qualifier cette espérance fervente ne manquaient pas, et sans doute faut-il les comprendre à la lumière de Rom 2.16ἐν ἡμέρᾳ ὅτε κρίνει ὁ θεὸς… διὰ Χριστοῦ Ιησοῦ, « au jour où Dieu jugera… par le moyen de Christ Jésus ».

   Gardons ces expressions à l’esprit et considérons une expression quelque peu surprenante en Rev 1.10 :

ἐγενόμην ἐν πνεύματι ἐν τῇ κυριακῇ ἡμέρᾳ καὶ ἤκουσα ὀπίσω μου φωνὴν μεγάλην ὡς σάλπιγγος

je fus ravi en esprit durant le jour du Seigneur, et j’entendis devant moi une voie forte, comme celle d’une trompette

La plupart des traductions, soit en note, soit au sein même de la traduction, suggèrent que ce « jour du Seigneur » désigne le jour seigneurial ou dominical, autrement dit le dimanche. De prime abord, c’est tout à fait surprenant, et je dirais même plus, parfaitement incongru : Jean débuterait-il le livre de la révélation de Jésus-Christ par une indication temporelle aussi triviale ?

Il est vrai que l’adjectif κυριακός peut désigner le dimanche. Du moins c’est ce qu’on déduit de son usage passablement ultérieur, notamment en Didachè 14.1 (voir aussi le P.Oxy.54.3759 l.38, daté de 325, pour la première référence explicite au dimanche dans les papyri, ainsi que la discussion dans NDIEC 9.109-111). On sait aussi que ce premier jour de la semaine a été prisé, en matière cultuelle, par les premiers chrétiens (1Co 16.2, cf. Joh 20.1 ; voir Llewelyn 2001 vs Young 2003). Son usage dans le Nouveau Testament n’est pas très éclairant, car hormis notre locus, son seul autre emploi désigne le « repas du Seigneur » (κυριακὸν δεῖπνον) en 1Co 11.20 (ce qu’on peut rapprocher de 1Co 10.21, ποτήριον κυρίου, et 1Co 11.27, ποτήριον τοῦ κυρίου, en faveur de l’équation κυριακός = τοῦ κυρίου).

Les biblistes font généralement valoir le raisonnement suivant :

lorsque l’apôtre Jean dans l’Apocalypse déclare qu’il a été ravi en esprit au jour du Seigneur (littéralement : au jour dominical), il faut aussi sans doute allusion au dimanche (2) -> 2. Ap. 1.10. Lorsqu’il est question de l’avènement de Jésus-Christ, ce n’est jamais l’adjectif dominical qui est employé. A peine vingt ans après la rédaction de l’Apocalypse, Ignace d’Antioche écrivait : ‘Ne sabbatisant plus, mais vivant selon le (jour) dominical dans lequel aussi notre vie s’est levée (Ignace, Ép. aux Magnésiens 9.1) – J.M. Nicole, Précis de doctrine chrétienne, Institut Biblique de Nogent, 1983, p.262

Ces arguments sont recevables. On peut ajouter les suivants :

  • L’intervalle de temps qui sépare l’usage johannique d’une référence claire au dimanche par des auteurs chrétiens est plutôt mince pour envisager une évolution sémantique significative (cf. par ex. Ignace, Aux Magnésiens 9.1Justin, Première Apologie 1.67, Évangile de Pierre 35 et 50 [c.150 AD], Tertullien, Ad Nationes 1.13, et les différents témoignages d’Eusèbe, HE III 27.5,11, IV 26.2, V 23.2, 24.11 ; cf. Brattston 2014, DALC 4.1).

  • Une expression parallèle à Rev 1.10 se trouve en Rev 4.2Εὐθέως ἐγενόμην ἐν πνεύματι… « Aussitôt je fus ravi en esprit… ». L’indication temporelle marquée par l’adverbe εὐθέως montre que la temporalité concerne le moment du ravissement et non le moment de la vision (cf. Llewelyn 2001 : 222). Deux autres mentions de γίνομαι + indication temporelle suggèrent de même une temporalité contemporaine (Rev 8.1, Rev 11.13).

  • Inscriptions et papyri s’accordent à donner au terme κυριακός le sens « impérial », ou « relatif à l’empereur », en particulier dans les domaines de l’impôt et du culte impérial ; le jour impérial (σεβαστός et parfois κυριακός) était le premier jour de chaque mois particulièrement dédié au culte de l’empereur ; il est ainsi possible que les premiers chrétiens, y compris Jean, aient volontairement fait usage de l’adjectif κυριακός pour désigner un jour consacré au seul et véritable Seigneur (cf. 1Co 16.1 ; voir Deissmann, Bible Studies, pp.217-219Spicq, LTNT 856-858, Kuen, EDB IV 28-29)

   Il n’en demeure pas moins la difficulté initiale, qu’il ne faudrait pas minimiser : Jean décrit dans son livre la « révélation de Jésus-Christ… pour montrer… les choses qui doivent arriver bientôt » (Αποκάλυψις Ιησοῦ Χριστοῦ… δεῖξαι…  δεῖ γενέσθαι ἐν τάχει, Rev 1.1, idem Rev 22.6). Le sujet concerne des événements futurs qui surviendront (δεῖ γενέσθαι) bientôt/brusquement (ἐν τάχει). La révélation est celle du Seigneur par excellence, Jésus-Christ (Αποκάλυψις Ιησοῦ Χριστοῦ). Il est question de prophéties (τοὺς λόγους τῆς προφητείας, Rev 1.3, cf. Rev 22.18-19) que le « serviteur Jean » (τῷ δούλῳ…Ιωάννῃ) a déjà vue (ὅσα εἶδεν, Rev 1.2). Il ne faudrait donc pas s’imaginer que la vision survient à mesure que le lecteur (ὁ ἀναγινώσκων) ou les auditeurs (οἱ ἀκούοντες) prennent connaissance de son contenu. Aussi faut-il peut-être considérer les indications temporelles qui émaillent le récit comme des artifices narratifs visant à restituer une série de vision déjà expérimentées par Jean (par l’intermédiaire d’un ange, διὰ τοῦ ἀγγέλου, Rev 1.1) sur son île reculée de Patmos.

   D’après la tradition (Origène), Jean fut exilé sur cette île par Domitien vers 95, puis délivré en 96 après la mort de l’empereur (cf. Rev 1.9). Il s’adresse à sept églises d’Asie et se présente comme « votre frère », mais n’indique pas être entouré d’une communauté. On remarque avec intérêt l’insistance sur la proximité de la venue des événements : l’expression  ἔρχομαι ταχύ « je viens bientôt » est répétée trois fois (Rev 22.7, Rev 22.12, Rev 22.20). L’expression eschatologique par excellence, « le temps est proche » (ὁ καιρὸς γὰρ ἐγγύς ἐστιν) est introduite en Rev 1.3 et répétée à l’identique en Rev 22.10 (tout comme d’autres expressions, ex. Rev 1.8 // Rev 22.13). Bien entendu, cela rappelle avec force l’expression קָרוֹב יוֹם יְהוָה הַגָּדוֹל קָרוֹב וּמַהֵר מְאֹד, « le grand jour de Jéhovah est proche, et il arrive très vite » (Zep 1.14), expression qu’on trouve régulièrement sous des formes diverses mais toujours très insistantes (Isa 13.6, Joe 1.15, Joe 2.1, Joe 3.14, Oba 1.15, Zep 1.7).

   Il est difficile de concevoir que Jean, dont la Révélation est un condensé de sémitismes (Thompson 1985, Mot 2015, Schmidt 2009) et d’allusions à l’Ancien Testament (cf. Beale, in Carson et al. 1988 : 318 ; Beale 1998) n’ait pas eu présent à l’esprit le fameux « grand jour de Jéhovah » en écrivant avec insistance « le temps est proche » ou encore « je viens bientôt ».

   Si l’adjectif κυριακός en est venu à désigner le dimanche, jour primordial dans le culte des premiers chrétiens, il n’est pas absolument certain que ce sens était prégnant à l’époque de Jean. La Révélation est parcourue de références à Rome et ses empereurs iniques. Que le jour seigneurial ou impérial ait pu désigner, par résistance idéologique, le « jour du Seigneur », ce jour eschatologique célèbre et redoutable, n’est pas impossible, et c’est même assez plausible. Les éléments linguistiques et contextuels ne suffisent cependant pas, en première analyse, pour trancher définitivement.

   Je laisserai donc la parole à cette épitaphe d’un chrétien de la première heure (IIe/IIIe s.), pour lequel peut-être le doute n’était pas permis (NDIEC 9 : 102) :

Les os de ce chrétien attendent « le son de la trompette » (cf. Révélation 1.10)… au grand jour de Dieu.



Nov 30 18

Bible Parser sur Mac, Windows, Linux !

by areopage

Bible Parser Web App progresse au fil des semaines. Ces derniers jours, la possibilité d’effectuer des recherches morphologiques a été implémentée pour le grec et l’hébreu. Une multitude de petits détails çà et là enrichissent la navigation (indications chronologiques, grammaticales, historiques ou archéologiques). Pour l’instant j’en suis plus à ajouter des fonctionnalités et consolider celles existantes qu’à documenter l’ensemble, mais une ou plusieurs vidéos viendront à terme présenter ces outils.

Pour l’heure, une nouvelle assez réjouissante : Bible Parser Web App peut désormais être installée comme un programme à part entière, sur Windows, Mac et Linux.

On pourrait peut-être se demander quel est l’intérêt d’installer un site web sur un PC fixe. Les avantages sont multiples :

  • En premier lieu, le site web ainsi sorti du navigateur se comporte comme un vrai programme. Il s’agit moins d’ailleurs d’un site web que d’une application web (progressive web app précisément ou PWA pour les intimes), aussi ceux qui souhaitent y accéder sans naviguer parmi les différents onglets, ou même seulement l’épingler à la barre des tâches (Windows) ou sur le Dock (Mac) peuvent-ils le faire.

  • Ensuite l’application dispose de fonctionnalités offline. Elles restent à étendre, mais le principe est posé. En l’état 5 versions offline sont disponibles. Il suffit de les avoir ouvert une fois en ligne, et une fois chargées, l’application peut basculer en mode déconnecté. C’est d’ailleurs le même principe sur smartphones ou tablettes Android/iOS (récentes) : une fois ajoutée sur l’écran, l’application se comporte comme une app installée, et les versions bibliques offline peuvent être consultée en mode Avion.

  • Enfin la technologie web est probablement l’avenir des applications, et la web app de Bible Parser a tant progressé à cet égard que sa version fixe commence à accuser un certain retard. Comme il ne m’est pas matériellement possible de maintenir deux versions en parallèle (à programmer dans des langages distincts pour l’essentiel), il faut faire un choix ; or le choix le plus naturel est de favoriser la version web. Ce qui ne signifie pas que la version fixe sera abandonnée. L’idée est de fusionner ces deux entités en une seule, courant 2019 ou au-delà : l’une en ligne complète, l’autre offline, avec la majeure partie des fonctionnalités. Au passage, la version fixe sera donc refondue entièrement pour fonctionner sur Windows, Mac et Linux, en mode déconnecté ; ce faisant son design va significativement progresser, et surtout la rapidité d’exécution ne fera plus défaut.

Je livre ici quelques visuels de la version Mac (4 premiers visuels) et Windows (5e visuel). La version Linux n’a pas encore été testée.

Le programme d’installation Windows est classique : il suffit de cliquer et suivre les instructions. Sur Mac c’est un fichier .dmg qu’il suffit de « monter ». Puis il faut glisser le programme vers le répertoire Applications. Et c’est tout !

 

Si MacOS fait du zèle et refuse d’ouvrir le programme, il suffit de se rendre dans les Préférences Système, et indiquer « Ouvrir quand même« .

Pour les utilisateurs qui ne seraient pas connectés (encart à haut à droite de l’application), une version light est proposée : accès à 24 versions françaises, à la concordance et à la recherche avancée.

En somme ces petits programmes sont à la fois une petite et une grande nouvelle : petite parce qu’il n’y que peu de différence avec la version web (hormis la commodité non négligeable d’isoler l’application du navigateur), et grande nouvelle car il s’agit de la technologie qui permettra de porter Bible Parser sur les trois systèmes d’exploitations principaux.

Oct 13 18

The Hebrew Bible of Josephus (Nodet, 2018)

by areopage

Étienne Nodet vient de publier une étude d’ensemble du texte biblique utilisé par Flavius Josèphe – The Hebrew Bible of Josephus – Main Features (Peeters, Cahier de la Revue Biblique 92, 2018) -, et comme ses précédents travaux le laissaient déjà clairement apercevoir, l’historiographe judéen utilisait un texte hébreu, provenant de Jérusalem. Il faut donc croire Josèphe lorsqu’il déclare avoir traduit les livres saints (ἐκ τῶν ἱερῶν γραμμάτων μεθερμήνευκα, Contre Apion 1.54), même si en fait de traduction il est plus souvent question de paraphrase assez lâche.

In his major work, the Jewish Antiquities, Josephus gives a history of his people in Greek. He begins with the Bible, and after it he collects other source till his own time. The work was published in 93, under emperor Domitian, but unfortunately the Biblical part is a paraphrase, not an accurate translation, and it has often been thought that it was merely a loose adaptation of a previous Greek translation. However, this study offers a minute comparison with other ancient Biblical texts known to us in Hebrew, Aramaic or Greek. The general conclusion is that he used only a Hebrew source, which has some affinities with several Qumran fragments. Beyond many little details, one can see that for some books, especially Joshua, Judges, Ruth, Chronicles, Ezra and Nehemiah, the copies he used were quite different from the canonical forms.

Pour en savoir plus : Le Pentateuque de Flavius JosèpheConclusion de l’ouvrage sur la page Academia de Nodet | Table des matières sur le site de l’éditeur | La Bible de Flavius Josèphe | Josephus and the Pentateuch | Josephus and the books of Samuel | The Text of 1-2 Kings used by Josephus | Introductions pour les Antiquités Juives : livres 1 à 34 à 56 à 78 à 910 à 11 |  Hadas-Lebel, Flavius Josèphe – le Juif de Rome (1989) |

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