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Jan 15 17

Bible Parser Web App : nouveautés

by areopage

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Bible Parser Web App dispose désormais d’un outil particulièrement efficace pour faire le point sur le sens d’un mot et son usage : Etude De Mot. Cette fonctionnalité avancée, qui fait le charme de Bible Parser, puisqu’elle concentre un grand nombre de fonctionnalités uniques en leur genre, permet de balayer d’un regard le sens principal d’un mot, ses dérivés, ses synonymes, ses antonymes (grec), les expressions ou cooccurrences (grec), son étymologie, son champ sémantique, ses équivalents hébreux ou grecs ou encore ses formes. Des graphiques permettent de consulter en détail les instances où une forme du mot paraît (son lemme), son emploi, c’est-à-dire comment les versions modernes l’ont traduit (français, LSG ou à défaut anglais, KJV) et la fréquence des ses équivalents hébreux ou grecs.

1. Etude de Mot

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Le premier panel rassemble toutes ses informations, et vous permet de naviguer vers le verset de votre choix. Pour les synonymes et pour le champ sémantique, le survol d’un terme permet de découvrir le sens pour apprécier les nuances et les variations au sein d’un même concept. Les graphiques révèlent le nombre d’instances concernées.

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Le second panel concerne les références, et là, il y a de quoi faire : j’ai intégré les principaux outils en français et en anglais, ainsi que mon module dit « Concordance Exhaustive des Corpus Grecs », qui permet de naviguer dans l’ensemble des corpus essentiels à la recherche biblique (NT, LXX, Pères apostoliques, Josèphe, Philon, Pseudépigraphes de l’AT). Toutes ces informations valent, vous en conviendrez, les quelques petites secondes de chargement de la page…

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Côté hébreu c’est un peu moins fourni que du côté grec, mais il y a déjà un grand nombre d’informations disponibles, avec, là encore, les graphiques sur les instances, les emplois et les équivalents grecs.

L’accès à l’outil se fait depuis l’encart analyse morphologique qui paraît au survol d’un terme (ou au clic pour les smartphones).

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Pour l’hébreu biblique, préférez la version BHM qui est fiable (BHS ou PAR produisent parfois des résultats erronés). Pour le français, LSG, et pour le grec, celle de votre choix.

2. Exégèse

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Une autre nouveauté réjouissante concerne l’analyse morphologique, dans l’encart Exégèse. Au premier abord, elle paraît de manière succincte, et il suffit de survoler un terme pour en découvrir l’analyse. Un clic sur Consulter le détail permet au besoin de visionner l’analyse détaillée. Pour l’hébreu, la cantillation est analysée, et le verset découpé en fonction des accents conjonctifs ou disjonctifs, si bien que vous visualisez les unités de sens indiquées par les Massorètes.  Pour le grec, c’est un peu plus élaboré puisqu’un code couleur permet d’analyser la structure syntaxique de la phrase. Quelques retours à la ligne tentent par ailleurs de matérialiser des unités de sens.

3. Barre de Lancement Rapide / Concordance

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Un autre outil particulièrement utile concerne le mode de concordance LIKE connu des utilisateurs de Bible Parser (voir la vidéo Barre de Lancement Rapide / Concordance Like). Par défaut, lorsque vous lancez une recherche, c’est le mot dit INSTR qui est activé (voir la vidéo Barre de Lancement Rapide / Concordance InStr) : autrement dit, dès que BP trouve un bout de la chaîne que vous cherchez, le verset est retourné. Cela conduit évidemment à des faux positifs. Par exemple si vous cherchez grand vous trouverez aussi grandes. Par contre avec le mode LIKE, le mot est retourné exactement (du moins pour être plus précis, c’est le mot qui correspond à votre recherche qui est retourné, celui qui est comme votre recherche, avec ou sans joker). Seulement, vous pouvez aussi indiquer des jokers. Le plus commode est l’astérisque * qui désigne un ou plusieurs caractères inconnus. Les autres sont ? pour un caractère inconnu unique, # pour un chiffre, ! pour une négation, et les crochets pour grouper plusieurs caractères au choix, []. Ce mode est disponible pour tous les modules, en BetaCode ou Unicode, et pour l’activer il suffit de faire précéder votre recherche par //.

Ex. dans LSG : //langu? > retourne uniquement les versets où le mot langue figure exactement. En l’occurrence, il est équivalent à la recherche //langue mais vous verrez qu’il est souvent utile de mettre un caractère joker quand on doute d’une orthographe. Dans BHS, la recherche //br* alh* vise à trouver toutes les instances où une forme des mots bara (créer) et mot elohim (Dieu) figurent. Il y a bien sûr des faux positifs, mais le tri est facile, et la recherche, extrêmement rapide. Enfin la recherche //mar?u* ?hsou* dans NA27 vous montre que vous pouvez combiner allègrement les jokers sans que la rapidité d’exécution n’en soit affectée.

En bref

Bible Parser Web App va continuer d’évoluer : il reste encore quelques détails avec l’Etude de Mot pour l’hébreu, et des finitions çà et là, notamment sur le lien avec les autres Dictionnaires, mais le rythme va considérablement ralentir dans la mesure où je vais déployer mes efforts dans d’autres projets. Gageons qu’avec ces récentes nouveautés, l’éventail des recherches linguistiques est déjà honorable.

Jan 14 17

L’Égypte ancienne à travers les papyrus (Burnet, 2003)

by areopage

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Régis Burnet met généreusement en ligne son anthologie L’Égypte ancienne à travers les papyrus – Vie quotidienne (Éditions Flammarion, Pygmalion, 2003). Il s’agit d’un recueil de textes tout à fait passionnant qui invite à découvrir l’Égypte par une sélection de textes classés par thèmes, couvrant la période lagide (332-30 av. J.-C.) et romaine, jusqu’à Théodose (30 av. J.-C. – 395 ap. J.-C.). La première partie traite des échos de l’Histoire dans les papyrus, la seconde des voix du pouvoir et de l’administration, la troisième, de la voix des dieux et des démons, et la quatrième, la plus captivante, de la voix de la vie privée (travaux agricoles, médecine, esclavage, condition de la femme, etc.). Une section est consacrée à la vie des Juifs en Égypte, et notamment durant les grands événements que furent les deux révoltes juives (pp.65-79), et une autre à l’émergence du christianisme en Égypte, ses débuts, ses persécutions, et sa vigueur (pp.80-90). Tout l’intérêt de ces textes est de raconter les petites histoires à côté de la grande, celle qu’on apprend dans les manuels. C’est tellement plus concret et vivant !

On ne s’étonnera pas de trouver un chapitre consacré à la magie (pp.181-200), tant il est vrai que ce thème revient souvent dans les papyrus. Au menu : recettes magiques pour bien faire l’amour, formules pour guérir ou se prémunir de la maladie, philtres d’amour, et même formule d’invisibilité… Vous verrez, les recettes ne manquent pas de sel…

On ne s’étonnera pas non plus d’y voir le nom divin utilisé, sous la forme Iaô. Par exemple le texte n°117 (IIe s. ap. J.-C.), p. 183 (je souligne ; voir aussi p.191, 195):

Phylactère : « Grand dans les cieux, toi qui fais tourner le monde, vrai Dieu Iaô, Seigneur, Maître de tout, Ablanathalaabla, accorde, accorde-moi le pouvoir, la victoire. » […]

Les usages mystiques et gnostiques du nom divin sont patents quand on jette un œil aux nombreux papyrus de l’époque (ex.  BetzPreisendanz I&II ; sur l’usage apotropaïque du nom d’une divinité, voir ici). Ils ne doivent cependant pas occulter le fait qu’un usage non mystique peut s’observer également (cf. Shaw 2014).

En bref je vous recommande chaudement l’ouvrage de Burnet. Sur cet auteur, voyez mes autres posts : Luc 11.20 : par le doigt ?Régis Burnet : Pierre du Ier au Ve siècleY a-t-il une pseudépigraphie néotestamentaire ?

Sur ce type d’anthologies, je vous recommande aussi celle, excellente mais plus ancienne, de Wessely, Les plus anciens monuments du christianisme.

Jan 1 17

Bible Parser Web App : v.1 !

by areopage

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Commençons l’année 2017 avec une bonne nouvelle : Bible Parser Web App est fin prête pour une version 1. Ces dernières semaines, de nombreuses fonctionnalités ont été ajoutées, mais ce qui a fait l’objet de toute mon attention, ce sont surtout les petits détails, et la navigation dans son ensemble. Tous les programmeurs vous le diront : ajouter une fonction, un module, c’est simple. Mais que cette fonction ou ce module se comporte comme convenu dans toutes les circonstances, même les plus invraisemblables – qui sont justement celles qui arrivent trop souvent – c’est déjà plus délicat… Avec cela à l’esprit, je me suis donc efforcé de refréner mon désir de multiplier les outils linguistiques au risque d’augmenter aussi l’instabilité, au profit de la consolidation de l’existant.

Ce n’est pas à dire que la v.1 est parfaitement stable, et qu’elle ne connaît pas de bugs, loin de là. Mais elle est mûre pour son office : permettre de consulter la Bible et des corpus para-bibliques, y faire des recherches semi-complexes, le tout avec une sélection de références exégétiques, parfois inédites. Bible Parser Web App n’a pas vocation à remplacer Bible Parser, qui est bien plus puissant : l’application en ligne est surtout destinée aux personnes sur Mac et Linux qui ne disposent pas d’une version optimisée de Bible Parser ; mais aussi à ceux qui, bien que détenteurs de la version PC, souhaitent plus de nomadisme : il est en effet possible de consulter la web app depuis un smartphone ou une tablette, que ces devices soient sur iOS, Android ou Windows Phone, pour peu qu’ils disposent d’un navigateur Internet récent.

Pour accéder à la web app, voici l’identifiant : bpwa2017. Le mot de passe est le numéro de série qui vous a été attribué lors de votre achat de Bible Parser 2015.

Panorama de Bible Parser Web App

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» Corpus et navigation

Vous avez accès 128 corpus33 versions en français, 14 en hébreu/araméen/syriaque, 19 en grec, 8 en latin, 19 en anglais, 12 dans d’autres langues, plus 23 corpus para-bibliques. Pour le français, la version Louis Segond dispose de fonctionnalités plus avancées (LSG) : définitions des mots originaux hébreux, araméens et grecs, recherches morphologiques, requêtes. Les versions en hébreu, en grec et en latin proposent l’analyse morphologique, de même que certains modules para-bibliques.

La navigation est à la fois verticale et horizontale : verticale, pour la navigation vers un passage en particulier, et horizontale lorsqu’il s’agit de consulter les panels Exégèse, Commentaires et Références notamment, qui affichent les informations disponibles relatives au verset courant.

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Le système de navigation vers un verset de BPWA a été repensé pour plus de simplicité. Vous remarquerez aussi que les outils d’analyse morphologique, ainsi que les apparats critiques, sont présents dès que cela est pertinent. Lorsque vous êtes sur une version disposant de l’analyse morphologique, le survol d’un mot permet d’afficher le terme original à sa forme lemmatique, son analyse, sa définition courte, et son numéro Strong. Si vous cliquez sur le bouton A, vous obtiendrez tous les versets où le mot se trouve à la forme rencontrée dans le passage courant, tandis que si vous optez pour AA, c’est une recherche lemmatique qui sera conduite : dans ce cas, vous obtiendrez tous les versets où le mot figure, quelle que soit sa forme :

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Pour l’analyse morphologique de l’hébreu, préférez la version BHM – la version BHS est en effet fondée sur les numéros Strong qui peuvent produire, rarement certes mais quand même, quelques résultats erronés.

» Barre de Navigation

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La Barre de navigation propose dans l’ordre : l’affichage des statistiques graphiques après une recherche, l’affichage de la liste des résultats, un outil d’affichage interlinéaire grec – français (NT), l’affichage du chapitre entier courant, la comparaison de toutes les versions dans la langue courante, la recherche de la forme, la recherche du lemme, l’affichage de l’Atlas, l’affichage des apparats critiques, l’affichage des applications (c’est-à-dire des outils complémentaires de BPWA), l’ajout d’une version en parallèle (verset uniquement), la possibilité de faire un lien externe, et un outil utile pour effacer une précédente recherche.

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Les apparats critiques permettent de visualiser les différences entre le Texte Massorétique, la Septante, les manuscrits de la mer Morte, le Pentateuque Samaritain. Les 4517 variantes signalées dans le HOTTP/CTAT de Dominique Barthélémy sont intégrées. Pour le NT, plusieurs apparats sont disponibles : ceux de Richard Wilson (laparola.net/greco), du SBL GNT et de Willker. L’intérêt de la web app consiste dans le fait que les variantes vous sont signalées opportunément : dès que le voyant % s’allume, vous savez qu’une variante existe : un survol vous permet d’en savoir plus, et un clic de connaître le détail.

Côté applications, l’icône dédiée permet d’incorporer toutes les fonctionnalités soit entièrement autonomes, soit déjà intégrées d’une manière ou d’une autre, mais qu’il peut être utile de consulter indépendamment.

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Ainsi vous pouvez accéder à l’Atlas géographique (et y faire des recherches en français), bien que l’outil soit déjà intégré dans la navigation. Vous pouvez aussi consulter les Visuels, et faire de riches découvertes.

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En particulier les Visuels vous permettent de vous représenter les scènes, et sont intégrées dynamiquement au sein du panel Exégèse. Mais vous pouvez aussi rechercher par mot-clé, et là vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Pas moins de 1853 visuels sont disponibles, référençant plus de 14 300 versets. Un effort particulier a été fait pour référencer les découvertes archéologiques confirmant les récits bibliques (et cet effort se poursuit). A l’occasion de nombreux visuels inédits ont été édités selon le principe : artéfact / texte original / traduction française / référence (musée/bibliographie). Un autre point d’intérêt concerne les us et coutumes ou les lieux bibliques : du calendrier et des saisons au Jourdain, du titulus de la croix à la forteresse Antonia en passant par le Temple de Salomon, cet outil ne lassera pas de vous surprendre – du moins j’espère !

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Les deux outils suivants permettent de consulter les références d’une partie de la Bibliothèque de Bible Parser directement en ligne : ainsi pour les Introductions et les Grammaires. Pour passer de l’AT au NT, positionnez-vous simplement sur un verset du NT. Cet outil vous permettra de consulter des ouvrages libres de droits en ligne, ou, pour ceux sous copyright, en partie sur Google Books. Il sera surtout utile dans la partie Commentaires et Apparats critiques  (où son implémentation est en cours).

Un autre outil concerne les Péricopes (en cours de finalisation), qui permet d’effectuer une recherche de péricope par mot-clé :

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L’outil vous permet également de connaître les péricopes du chapitre en cours, pour la version LSG et la version NET.

Le dernier visuel pour l’encart applications43 , concerne les Requêtes, traitées un peu plus bas.

Vient ensuite un outil particulièrement utile, la version parallèle, 44. Que vous soyez dans une version biblique ou un module para-biblique, cet outil permet de mettre en parallèle la ressource adéquate, que votre module soit complet (Bible entière), ou qu’il ne contienne qu’une partie du corpus (AT uniquement, NT uniquement, ou portions plus réduites).

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Si vous partez de la version LSG, vous pouvez par exemple l’associer à une version en hébreu, ou en grec, ou en araméen, ou pourquoi pas copte, ou thaï ? Autant dire que tout est possible.

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Pour certaines versions toutefois, vous remarquerez que le choix est plus limité, en toute logique :

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Ainsi les Pères apostoliques, Josèphe proposent-ils des versions en français et anglais, Philon en anglais, Platon et les Pseudépigraphes de l’AT en anglais, et les Apocryphes du NT et les Pères de l’Eglise, en français. A ce stade, je signale que par la force des choses, les bases ne se recoupent pas exactement dans tous les cas : ainsi la version en grec de Platon sera-t-elle plus complète que son pendant en anglais, idem pour les Pères de l’Eglise ou pour les Apocryphes. A mesure des mises à jour, ces écarts se résorberont, mais je doute qu’il me soit possible de tout harmoniser. Je signale aussi qu’il est préférable lors d’un affichage parallèle de commencer par la version en français ou en anglais, et d’ajouter ensuite la version en grec : pour des raisons techniques en cours de résolution, cette manière de procéder est bien plus rapide.

» Barre de Lancement Rapide

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Discrète mais efficace, la BLR vous permet de naviguer vers un verset au moyen de raccourcis, et de lancer des recherches.

Quand vous êtes dans le module PAR, qui contient l’AT et le NT en hébreu et en grec, il vous suffit de saisir une abréviation de votre choix pour vous rendre à un verset : utilisez les deux points pour marquer la césure entre chapitre et verset, et une abréviation (en français ou en anglais) de deux ou trois lettres pour abréger le nom du livre biblique (que vous pouvez aussi écrire en entier). Par ex: gn 11:1, est 1:1, jn 2:2, joh 4:4, 1co 1:4, phi 2:6, phm 1:1, jac 1:2, 1r 2:2, 1ki 2:2, luc 1:14. Là où cela devient vraiment pratique, c’est lorsque vous saisissez une référence qui ne paraît pas dans le corpus en cours, ex. 2ma 1:1, 1cl 1:1, did 1:2, aj 1:2, ili 1:2, he1 1:1… Dans ce cas BPWA vous redirige vers la version par défaut du corpus demandé : JER pour les deutérocanoniques, et une version grecque pour les corpus para-bibliques.

Si vous ne connaissez pas l’abréviation du corpus à consulter, ou si vous souhaitez simplement parcourir le vaste panel de corpus disponibles, saisissez ? suivi de votre recherche :

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Un autre raccourci utile permet de basculer d’une version à une autre, sans cheminer par le processus de navigation : si vous êtes par exemple dans LSG en Matthieu 4:1 et que vous souhaitez directement basculer vers la version SBL en Révélation 12:1, rien de plus simple : saisissez *sbl rev 12:1, à savoir astérisque * suivie de l’abréviation de la version puis du verset.

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» Concordance

La BLR ne se contente pas de vous emmener à un verset, elle vous permet aussi de le trouver si vous ne connaissez qu’un mot ou deux de son contenu : autrement dit elle permet de lancer la fonctionnalité de concordance simple. Cette concordance dépend de la version en cours, mais le principe est le suivant : si vous êtes sur une version en langue originale, BPWA propose de faire des recherches au moyen d’une saisie en BetaCode ou Unicode, non accentuée à chaque fois.

Ex. : bra alhyM (bara elohim) dans PAR ; משה מדבר יהוה (moshé midbar yehwah) dans PAR ; Pauloj Timoqeoj (Paulos Timothéos) toujours dans PAR mais sur un verset du NT ; χαρις ειρηνη (charis eirénè) dans SBL ; prof stoma dans BGR (LXX + NA27) ; cieux terre dans LSG ou encore « cieux et la terre » (avec les guillemets) dans LSG pour une recherche exacte.

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Comme vous le voyez, c’est un jeu d’enfant. A terme tous les corpus para-bibliques permettront une recherche en BetaCode ou Unicode non accentué.

» Exégèse

C’est un volet important et aux modules particulièrement diversifiés dont j’ai déjà parlé précédemment : comme son nom l’indique, l’idée est de fournir toutes les informations possibles permettant d’aborder l’exégèse d’un verset dans de bonnes conditions : passages parallèles ou synoptiques, échos dans les corpus para-bibliques, citations par le NT ou par les Pères de l’Eglise, expressions idiomatiques, figures de style, références croisées, visuels, points de grammaire ou pratiques scribales, je n’ai pas lésiné sur les moyens ! Par rapport à la dernière présentation (voir ici), j’ai ajouté deux manuels relatifs aux us et coutumes Freeman, Manners and Customs of the Bible (891 articles sur les us et coutumes bibliques, 4100 versets référencés) et Stapfer, La Palestine au temps de Jésus-Christ (1885, 3e éd) : 1230 versets référencés. J’ai également rendus actifs les liens des Citations et Allusions Bibliques : vous pouvez donc désormais parcourir l’intertextualité comme jamais auparavant : découvrez ainsi si le verset courant a été cité explicitement ou par allusion dans les corpus suivants : manuscrits de la mer Morte, Philon, Josèphe, Mishna, Tosefta, Pères apostoliques, Justin, Irénée, Eusèbe. De même, dans l’encart Parallèles Bibliques, les liens vers Josèphe sont désormais actifs, et renvoient vers le texte français, y compris pour les Antiquités judaïques (merci à Timothée Minard pour sa précieuse indexation).

Ex. Gn 1.1

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Ex. Gn 1.26

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Parfois les références sont absolument exactes, d’autres fois vous trouverez le verset dans la même section, légèrement plus loin. Cela s’explique par le fait que mon indexation a porté sur des éditions de référence (ex. pour Eusèbe de Césarée, le volume intégral dans la collection « Sagesses Chrétiennes » aux éditions du Cerf) qui peut présenter une numérotation légèrement différente de celle que j’utilise.

Ces échos sont utiles car ils permettent de découvrir quel usage on a pu faire d’un verset, et dans quel contexte ; on peut aussi apprécier la manière dont il a été compris et discuté, ou encore même s’intéresser à l’état du texte cité (avec les précautions nécessaires relatives aux éditions utilisées, et à l’exercice en lui-même – cf. Reynard in Amphoux 2014 : 145-193).

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Concernant les us et coutumes, vous serez surpris de constater combien ils agrémentent la lecture et complètent la compréhension d’un passage. Voici encore quelques exemples de ce Panel, où vous remarquerez une autre nouveauté, le Dictionnaire des Expressions de la Bible, qui permet de découvrir les expressions consacrées et tournures présentes dans la Bible.

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» Commentaires

Entre dix et quinze commentaires sont disponibles : pour ne pas alourdir le temps de chargement, j’ai choisi pour commencer ceux qui livrent un maximum d’informations utiles. Ce panel sera agrémenté d’autres fonctionnalités ultérieurement, notamment la possible de charger d’autres commentaires une fois la première série affichée : on arrivera ainsi à la moyenne de Bible Parser, soit entre trente et quarante commentaires par verset.

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» Références

C’est un peu le pendant de l’Exégèse et des Commentaires : cet encart fournit encore d’autres informations utiles à la compréhension du verset, cette fois de manière thématique. Vous pouvez ainsi accéder aux dictionnaires et encyclopédies qui font une référence au verset courant. C’est un panel particulièrement fourni : n’hésitez pas à y flaner ! La plupart des références sont en anglais : vous trouverez cependant de volumineuses références françaises.

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Références disponibles :

Westphal, Dictionnaire Encyclopédique de la Bible
Calmet-Migne, Encyclopédie Théologique
Bost, Dictionnaire de la Bible
Petit Dictionnaire Biblique
Etude Perspicace des Ecritures
International Standard Bible Encyclopedia
McClintock & Strong, Cyclopedia of Biblical, Theological and Ecclesiastical Literature
The Catholic Encyclopedia
Watson, Biblical and Theological Dictionary
Kitto, A Popular Cyclopedia of Biblical Literature
Hastings Dictionary of the Bible
Hastings Dictionary of the Apostolic Church
Hastings Dictionary of Christ and the Gospels
Fausset Bible Dictionary
Smith Bible Dictionary
Easton Bible Dictionary
Topical Bible Dictionary
Thompson Chaine References
Bullinger, Figures of Speech in the Bible
Nelson Expository Dictionary of Old Testament Words
Vine Expository Dictionary of New Testament Words
American Tract Society Bible Dictionary
Bridgeway Bible Dictionary
Buck Theological Dictionary
Girdlestone, Synonyms of the Old Testament
The Jewish Encyclopedia

» Dictionnaires

Cette partie non négligeable de BPWA est, pour le moment du moins, autonome. A terme, elle sera en lien avec un outil Etude de Mots. Mais le chantier est vaste et complexe, et pour l’instant la consultation d’un terme se fait référence par référence.

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Pour le module Strong, faites votre recherche en français, grec, ou hébreu, via la commande f: ou g: ou h: et pour les autres modules saisissez le terme en BetaCode ou Unicode.

Vous constaterez que les références disponibles promettent de fructueuses recherches !

Dictionnaires disponibles :

Strong-Fontaine-Hellemme, Dictionnaire Grec/Hébreu – Français
Bailly, Abrégé du Dictionnaire Grec – Français
Woitrain, Vocabulaire de grec ancien
Byl, Vocabulaire Grec de Base
Abbott-Smith, A manual Lexicon of the New Testament
Sophocles, Greek Lexicon of the Roman and Byzantine Periods (From B. C. 146 to A. D. 1100)
Moulton Milligan, Vocabulary of the Greek Testament
Mounce, Concise Greek-English Dictionary of the New Testament
Thayer, Greek-English Lexicon of the New Testament
Dodson, Greek-English Lexicon of the New Testament
Trench, Synonyms of the New Testament
Liddell Scott Jones, A Greek-English Lexicon
Liddell Scott, An Intermediate Greek-English Lexicon
Liddell Scott Jones, A Greek-English Lexicon (Simplified Edition)
Pape, Handwörterbuch der griechischen Sprache
Vine, Expository Dictionary of New Testament Words
Woodhouse, A Vocabulary of the Attic Language (English-Greek)
Brown-Driver-Briggs, Hebrew and English Lexicon
Nelson, Expository Dictionary of the Old Testament

» Requêtes

Cet outil est disponible depuis les applications dans la Barre de Navigation. C’est une fonctionnalité particulièrement utile lorsque vous souhaitez rechercher une combinaison de mots avec des opérateurs booléens, en filtrant par corpus le cas échéant. Certaines versions sont munies d’un assistant de saisie, permettant d’intégrer facilement le lemme (ou numéro Strong) à la requête. Pour le système de transcription, voir ici.

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Recherche simple

morf OR eikwn OR sxhm dans NA27 ; msh AND ahrN AND alhyM [[IN Pentateuque]] dans BHS ; Ihsou AND kuri AND hmwn dans APF ; ( image OR forme OR effigie ) AND ( Dieu OR Christ )  dans LSG.

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La requête peut être saisie directement dans l’encart prévu à cet effet, ou implémentée partiellement à l’aide des boutons d’opérateurs. De manière générale, utilisez cet outil pour les recherches les plus fines possibles (faute de quoi la recherche peut être longue), et séparez les opérateurs et les parenthèses par des espaces.

Recherche lemmatique

ex. strong=H4872 AND  strong=H430 [[ IN Pentateuque ]] dans BHS:

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ex. ( lemme=morfh/ OR  lemme=ei)kw/n ) AND  lemme=qeo/j dans NA27 :

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ex. ( strong=G3076 OR strong=G3077 ) AND (  strong=G21 OR  strong=G5479 ) dans LSG (un petit essai pour découvrir les versets où tristesse et joie se côtoient).

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A terme, BPWA intégrera aussi la recherche morphologique avec assistant. Pour les connaisseurs, il est déjà possible de le faire manuellement :

ex. lemme=morfh/@_a dans BGR

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Ici le lemme μορφή est recherché seulement si sa morphologie correspond au code (@) suivant : _a > _ signifie tout caractère (ici on pourrait mettre @n puisque μορφή est un nom ; mais si on ne le sait pas, on met _ ) et a pour accusatif. Pour trouver les instances au datif, il faudrait donc écrire : lemme=morfh/@nd ou lemme=morfh/@_d

En deux mots

Bible Parser Web App permet d’ores et déjà de consulter le texte biblique et d’y faire des recherches plus ou moins élaborées. D’excellentes références encyclopédiques et linguistiques lui sont associées. Un certain nombre de bases de données inédites, notamment sur l’intertextualité, la critique textuelle, les références croisées, les visuels, ou les expressions idiomatiques, enrichissent grandement la recherche. Il reste certes encore beaucoup à faire, mais j’espère que ce modeste outil servira utilement celles et ceux qui souhaitent sonder les Écritures.

Déc 31 16

Études d’histoire du texte de l’Ancien Testament (Barthélémy, 1978)

by areopage

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Ce volume de Dominique Barthélémy, Études d’histoire du texte de l’Ancien Testament (Editions Universitaires Fribourg, 1978) est un recueil de 23 articles, dont deux inédits, compilés par cet éminent spécialiste de critique textuelle. C’est un ouvrage assurément rare : depuis le temps qu’il me tardait de mettre la main dessus – des mois – mais pas moyen de le trouver à prix abordable… C’est typiquement le genre d’ouvrages qu’on a l’impression d’avoir déjà lu tant il est cité et recité dans toutes les études sur le sujet (oui, on peut même culpabiliser de ne pas l’avoir lu vraiment). De surcroît sa nature de recueil d’articles fait qu’on a pu en lire çà ou là certains articles dans des revues, ou leurs développements dans des études particulières. Mais avoir accès à l’ensemble, c’est tellement mieux.

Parmi les sujets particulièrement importants, des études sur l’identité de Symmaque, Théodotion, ou Aquila et ses devanciers ; une étude lumineuse sur les tiqquné sopherim (j’y reviendrai sans doute) ; la manière dont Origène, Jérôme, Augustin, Eusèbe, ou encore Philon, ont interagi avec le texte de l’AT et ce que cela nous apprend sur son histoire ; enfin la place de la LXX dans l’Eglise, avec quelques questions épineuses mais extrêmement intéressantes (inspiration, canon et canonicité, citations dans le NT).

Barthélémy explique le contexte de ses recherches, et ses évolutions, dans une courte introduction (ix – xvi), où il précise d’ailleurs qu’il est en plein projet de HOTTP / CTAT (dont j’ai parlé ailleurs (ex. ici) puisque les 4517 variantes sont intégrées à Bible Parser et Bible Parser Web App), et fournit un index thématique particulièrement utile (xvii – xxv). Pour l’instant les études qui me paraissent les plus fondamentales sont les 8, 9, 15, et 22. Mais je vais encore potasser tout ça…

Pour ceux qui souhaiteraient se procurer l’ouvrage, une occasion à ne pas rater se trouve actuellement sur Abebooks…

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Déc 27 16

The Name of God (Poppenberg 2014)

by areopage

J’en avais fait une recension détaillée à sa sortie, et l’éditeur vient de le mettre en ligne : vous pouvez désormais visionner ce documentaire consacré au nom divin directement sur Youtube (version anglaise). Bien sûr je recommande de soutenir l’éditeur en achetant son DVD si vous appréciez le travail, cependant je ne doute pas que les petits budgets se réjouiront.

Pour les petits budgets justement, j’en profite pour signaler qu’un des intervenants, le prolifique Gérard Gertoux, dont j’ai signalé çà et là quelques publications sur ce blog (ex. sur le nom divin, Job, Esther, l’histoire et l’archéologie) publie également ses recherches via l’éditeur Glasstree, qui a pour principal intérêt des prix défiant toute concurrence. A ce prix-là on pourrait craindre sur le service : mais tant la qualité d’impression (couleur), que le prix de la livraison ($5-6 pour 1, $7 pour 2) et même le délai (env. 10 jours) sont impeccables.

Qu’il suffise de comparer Amazon où son ouvrage sur l’Exode vaut 93€ et Lulu qui le propose à 39€, avec Glasstree où il n’est qu’à $11.88, et l’on se fera une bonne idée des marges que prennent les intermédiaires ! Pas étonnant que la mode soit à l’ubérisation…

Amazon

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Lulu

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Glasstree

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Comme dirait une pub racoleuse : entre payer plus cher et payer moins cher, qu’est-ce que vous préférez ? What else ?

Déc 24 16

Old Testament Textual Criticism (Brotzman et Tully, 2016)

by areopage

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Dans certaines disciplines, il est difficile voire impossible de faire la fine bouche quant aux études qui paraissent, et l’on est bien forcé de sauter sur tout ce qui bouge ou presque. La critique textuelle de l’Ancien Testament fait partie, je pense, de ces disciplines-là. Il n’est pas commode de se procurer des monographies d’introduction, encore moins de mettre la main sur l’ouvrage qui s’écartera, un peu, des sentiers battus (histoire du texte, versions, méthodes). L’ouvrage de Ellis R. Brotzman et E.J. Tully, Old Testament Textual Criticism – A Practical Introduction (Baker Academic, 2016 ; première édition, 1994) fait partie des introductions commodes qui se cantonnent aux fondamentaux.

Les chapitres sont les suivants :

  1. Writing in the Ancient Near East
  2. A Brief Overview of the Transmission of the Old Testament Text
  3. Hebrew Texts of the Old Testament
  4. Ancient Translations of the Old Testament
  5. Critical Editions of the Old Testament Text
  6. Scribal Changes in the Old Testament Text
  7. Principles and Practice of Textual Criticism
  8. Textual Commentary on the Book of Ruth

En appendice, on trouve A. An English key to BHS et B. What text(s) are we attempting to reconstruct ? L’ouvrage se termine sur un glossaire, une bibliographie de douze pages qui a été mise à jour et des indexes sujet / auteur / verset. Par rapport à la première édition, le format est un peu plus grand, et la police de caractère bien plus élégante.

Mon sentiment est partagé : on a l’impression bien des fois d’avoir « déjà lu ça quelque part ». Autrement le dit, le traitement du sujet ne vise aucune originalité ni ne s’écarte des exemples habituels. Seulement l’ouvrage couvre une étendue suffisante de sujets pour honorer son titre de « practical introduction ». Il n’y a pas de reproductions de manuscrits comme dans Würthwein, en revanche les schémas de synthèse sont nombreux, et souvent fort utiles. Bien sûr on ne peut que rester sur sa faim au chapitre deux sur l’histoire du texte, ou au chapitre six, sur les modifications opérées par les scribes. Mais il faut faire justice à cet ouvrage : il est clair malgré un sujet complexe, et il fournit de nombreuses références pour les « further readings ». S’il fallait le comparer à un ouvrage côté Nouveau Testament, je dirais sans hésiter celui, récent aussi, de Porter et Pitts, Fundamentals of New Testament Criticism (Eerdmans, 2015).

L’ouvrage a déjà fait l’objet de reviews par John D. Meade (résumée à grands traits sur ETC pour ceux qui n’auraient pas le courage de tout lire) – passablement sévère -, ou encore par Stephen D. Campbell. Je dirais que le reproche – habituel lui aussi – est de dire : ce n’est pas à jour. C’est peut-être vrai (pas toujours dans les moindres détails d’ailleurs), mais enfin la discipline évolue constamment, et en l’occurrence la critique textuelle de l’AT jongle avec un nombre impressionnant d’hypothèses dont il n’est sans doute pas aisé de suivre les dernières évolutions.

En l’occurrence ce qui fait souvent débat, et dont j’ai fait écho sur ce blog, c’est le problème de la « stabilisation du texte au premier siècle » : on commence à penser qu’il s’agit d’un mythe – autrement dit qu’il n’y a pas eu de recension ou édition du texte à proprement parler – mais simplement que le hasard de l’Histoire a fait qu’un type de texte en particulier a été adopté parce qu’il n’avait tout simplement plus de compétiteurs :

The Septuagint no longer exerted any influence in Jewish circles since it was in use by Christians, the Samaritan Pentateuch was with the Samaritan community, and the Qumran scrolls were hidden in caves. The MT group did not thrust aside other texts; after 70 CE there simply were no competing texts. (p.31)

Cette hypothèse, qui est celle de Tov, ne manque pas d’atours pour se recommander (2012 : 179-80). Mais je ne crois pas en cette théorie de l’évolution du texte laissant bonne place au hasard. Elle me paraît en effet douteuse car elle n’explique pas de manière satisfaisante les modifications intentionnelles patentes (spécialement chronologiques), que les savants tendent, à tort je pense, à traiter comme des unités littéraires à détacher de l’histoire du texte dans son ensemble, quand il faudrait faire l’inverse : un texte procède toujours d’une communauté, qui l’édite et l’adoube. Si l’on constate des modifications structurelles d’importance (et les différences chronologiques sont de ce genre-là), il n’y a plus guère de place pour le hasard.

En résumé, disons que si vous souhaitez vous initier à la critique textuelle de l’AT – en comprendre la nécessité, les méthodes, les difficultés et les perspectives – nul doute que l’introduction de Brotzman et Tully remplit l’office brillamment. Et si vous souhaitez approfondir, voici quelques recommandations, par ordre de préférence :

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Tov est un monument de la discipline, et son ouvrage la bible du genre. Donc il est inutile de plaider sa cause : lisez Tov ! Wegner, moins connu, a fait un travail de pédagogie extraordinaire qui aborde tout ce qu’il faut savoir sur la critique textuelle (oui c’est bluffant), tant pour l’AT que pour le NT. Hautement recommandé donc ! Enfin Würthwein (équivalent du Aland pour le NT) est une référence très utile qui est également incontournable. Avec ces trois-là, vous serez en bonne compagnie. Si vous voulez pousser encore un peu, je vous conseille particulièrement :

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Tous ne sont pas du même niveau : les deux premiers sont des ouvrages de référence (j’ai déjà fait écho au premier, qui est exceptionnel ; le second, plus ancien, reste des plus utiles et il est constamment cité), tandis que les deux derniers sont plus de petits livrets concis mais extrêmement pratiques, avec des exemples moins courants et bien plus intéressants que d’ordinaire.

Pour une introduction généraliste (témoins, relations entre les témoins, histoire du texte mais aussi histoire de la discipline), évidemment les volumes de D. Barthélémy et al. dits CTATCritique Textuelle de l’Ancien Testament – sont le nec plus ultra (la contrepartie étant leur technicité) : 50/150/250/350/4 et 50/5 (Brotzman et Tully en mentionnent 4, mais le 5e paraît en décembre).

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Le volume Studies parut chez Eisenbrauns en 2012 est la traduction des introductions des volumes 1 à 3 de CTAT. Pratique si vous n’avez pas la possibilité de mettre la main sur ces volumes hors de prix.

Et le français dans tout ça ? Quelques volumes me paraissent indispensables, mais le choix sera forcément un peu plus subjectif. En préambule je signale qu’il faut toujours prendre l’habitude de consulter et même arpenter les manuels de référence comme les dictionnaires, les commentaires et les encyclopédies (en français, tout particulièrement le Supplément au Dictionnaire de la Bible). Pour la critique de l’AT spécifiquement, je recommande :

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Le premier ouvrage est un recueil d’articles centrés autour de l’histoire du texte et de ses témoins (dont un particulièrement intéressant de Tov). Le second, de Matthieu Richelle, concerne l’exégèse en général mais propose une rubrique consacrée à la critique textuelle qui est d’excellente facture. Le troisième est également assez généraliste dans son objet, mais aborde pp.147-206, une section très bien fournie, et je dirais même incontournable, sur la critique textuelle de l’AT et du NT : témoins, méthodes, figures marquantes, bibliographie. L’ouvrage commence à dater (1987), mais il me paraît encore absolument nécessaire. Quant au quatrième de Nodet, il tient plus à la compréhension de l’histoire du texte. Il faut s’intéresser à l’histoire du texte biblique qu’avaient un Josèphe ou un Philon (sur ce dernier, voir par ex. Katz) pour entrevoir l’histoire mouvementée du texte de l’AT. Un ouvrage peut-être intéressant, mais que je n’ai pas lu (à cause du prix !), est celui de Etoughé, Introduction à la critique textuelle et à la massorah (Lulu.com, 2014). J’ai déjà parlé de son Vocabulaire, qui ne m’a pas convaincu.

Il y en a certainement bien d’autres, sans parler des études spécialisées sur le rapport TM/LXX (quelques volumes m’intriguent particulièrement : ceux de I. Himbaza 20042008, 2015, et ceux de Philippe Hugo, 2005, 2006  mais hélas je n’ai pas encore eu l’occasion de les consulter). Pour les auteurs qui ont une page Academia, n’hésitez pas à cocher « Follow » car de plus en plus de savants mettent en ligne leurs articles (ex. Jan Joosten qui est aussi intéressant que prolifique).

Le public anglophone dispose bien sûr d’innombrables monographies spécialisées, avec des auteurs emblématiques comme Tov, Lange, Ulrich… Terminons donc notre petit panorama par une référence dont il ne fait aucun doute qu’elle deviendra pour longtemps le point de départ des chercheurs :

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Cette série consistera d’ici à 2020, si j’ai bien compris, en neuf volumes couvrant l’histoire de la Bible hébraïque dans son ensemble, avec trois volumes dits « Hebrew Bible » (1A, 1B, 1C), deux sur les écrits deutérocanoniques (2A, 2B), trois volumes sur la critique textuelle, appelés « A Companion to Textual Critcism » (3A, 3B, 3C) et un volume d’indices (4). L’extrait permet de voir que le format tient à l’encyclopédie de référence (l’extrait propose d’ailleurs, entre autres, un intéressant article « Textual History of the Pentateuch »). Oeuvre majeure à suivre de près…

Ouvrages cités pour la critique textuelle de l’Ancien TestamentTov, Textual Criticism of the Hebrew Bible (2012) | Wegner, A Student’s Guide to Textual Criticism of the Bible: Its History, Methods and Results (2006) | Brotzman & Tully, Old Testament Textual Criticism (2016) | Würthweim, The Text of the Old Testament: An Introduction to the Biblia Hebraica | Jobes & Silva, Invitation to the Septuagint (2015) | Roberts, The Old Testament Text and Versions – the Hebrew Text in transmission and the History of the Ancient Versions (1951) | McCarter, Textual Criticism (2001) | Klein, Textual Criticism of the Old Testament: Septuagint After Qumran (1974) | Barthélémy et al., Critique Textuelle De L’ancien Testament (5 vol.) | id., Studies in the Text of the Old Testament: An Introduction to the Hebrew Old Testament Text Project | Schenker, Hugo et al., L’enfance de la Bible hébraïque : L’histoire du texte de l’Ancien Testament à la lumière des recherches récentes (2005) | Richelle, Guide pour l’exégèse de l’Ancien Testament. Méthodes, exemples et instruments de travail (2012) | Lange, Tov et al., Textual History of the Hebrew Bible (2016-)

 

 

Nov 14 16

Bible Parser 2015 / Documentation

by areopage

Pour utiliser convenablement un logiciel biblique, il est indispensable de se pencher de temps en temps dans sa documentation, car si certaines fonctionnalités tombent sous le sens, d’autres sont beaucoup plus subtiles et ne s’inventent pas… Pour Bible Parser 2015, la Documentation faisait défaut depuis longtemps. Je livre donc aujourd’hui une première ébauche, agrémentée d’une quinzaine de vidéos. Quoiqu’elle ne soit pas encore terminée – en raison notamment du nouveau projet de web app, qui avance bien – je ne recule plus davantage sa publication, tant elle peut d’ores et déjà rendre de bons services en l’état. Je ne peux que vous inviter à en prendre connaissance attentivement pour tirer le meilleur partir de Bible Parser, ou même découvrir certaines fonctionnalités.

bp Bible Parser 2015 : Documentation

J’ai disséminé tout au long des rubriques un accès direct aux vidéos. L’objectif est de fournir une vidéo courte pour chacune des fonctionnalités. Pour les rubriques en cours d’élaboration, j’ai pointé vers la vidéo de présentation générale de Bible Parser, qui aborde pratiquement tous les aspects.

Vous pouvez consulter les vidéos dans leur intégralité, soit à partir de cet index :

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soit depuis une nouvelle chaîne Youtube Bible Parser 2015 / Documentation dans laquelle je n’inclus que les vidéos courtes relevant de la Documentation.

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Oct 31 16

Savait-on lire et écrire en Israël avant le VIIIe s. ?

by areopage

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Ainsi posée, la question soulève quelques difficultés : il s’agit moins de savoir si on savait lire et écrire, mais à quel point ; pourquoi le VIIIe s. avant notre ère et pas une autre période : au vu des données disponibles aujourd’hui, il semblerait qu’une transition se soit opérée à cette époque, ce qui peut être contesté, car on ne sait jamais à quel point les trouvailles reflètent la réalité. En dépit de ces difficultés, la question ainsi formulée a le mérite de caractériser clairement ce qui fait débat : l’alphabétisation des Israélites dans l’Antiquité, spécialement durant la période monarchique (XIe – IXe s.).

Bien sûr la question est académique. Déterminer l’alphabétisation des Israélites durant la période monarchique, c’est intellectuellement intéressant. Il serait toutefois naïf de n’y voir qu’une question destinée à briller dans les cercles autorisés… En réalité, le sujet intéresse parce qu’il est intimement lié au crédit qu’il faut accorder à la Bible. Était-on capable de produire une oeuvre littéraire de quelque importance en ces temps « reculés » ? Les récits bibliques ont-ils été composés au moment où la Bible soutient qu’ils l’ont été, ou beaucoup plus tard ? Autrement dit, s’imaginer le roi David en train de rédiger des Psaumes, est-ce là possible voire historique ou n’est-ce qu’une fantaisie réservée aux crédules, de ressort mythique ?

Le sujet est complexe et nécessite d’appréhender les données archéologiques à la lumière des données historiques et linguistiques. Je me propose ici d’esquisser, aussi fidèlement que possible, les principaux arguments avancés par Matthieu Richelle dans un article récent, extrêmement intéressant, intitulé « Elusive Scrolls : Could Any Hebrew Literature Have Been Written Prior to the Eighth Century B.C.E. ? » (Vetus Testamentum 66, 2016, pp.1-39). L’auteur a déjà travaillé amplement sur le sujet puisque sa thèse de doctorat portait sur un sujet dans la même lignée : Le royaume d’Israël dans la première moitié du VIIIe siècle avant notre ère : Analyse critique des sources épigraphiques, bibliques et archéologiques (PhD thesis, E.P.H.E., 2010). Document que j’aimerais bien lire à l’occasion !

Au commencement, il y a un constat : une nouvelle génération de savants remet en question la chronologie traditionnelle, peu ou prou tirée de la Bible, en repoussant les dates de plusieurs siècles. Ainsi « l’âge  d’or » de la littérature israélite est-il repoussé de -X à des périodes plus récentes (pp.1-2) : -IX/-VII (période néo-assyrienne), ou -VII/-VI (période néo-babylonienne), ou -VI/-IV (période perse), voire même -IV/-I (période hellénistique).

Pour se faire une idée du problème, il faut citer, à la suite de Richelle, quelques exemples des allégations avancées :

not until the late 8th century was Judah sufficiently advanced as a state that it could produce any written records. – J. Van Seters

the Jerusalemite administration did not have the socio-economic resources to compose large-scale works until the end of the 8th century. Nihan et Nocquet

This text, too, could not have been put in writing – even in an earlier, north Israelite version – before the first half of the eigth century BCE; the lack of evidence of signifiant scribal activity in Israel before around 800 BCE (…) makes it difficult to assign the compilation of these texts to an earlier phase in the history of the northern kingdom. Finkelstein (voir ici)

Il y a des voix discordantes (ex. Lemaire) mais dans l’ensemble ces vues sont répandues, et dans le cas de Finkelstein, souvent vulgarisées auprès du grand public (et parfois même présentées comme étant le consensus, cf. Richelle 2011).

Deux arguments sont avancés à l’appui de ces allégations (p.3) : 1) l’observation épigraphique indique que les inscriptions sont rares aux Xe et IXe s. mais augmentent significativement à partir du VIIIe s. 2) il y a (aurait) une corrélation entre le développement d’un état et l’émergence d’une littérature.

1) Données épigraphiques

De nombreux sceaux et bulles inscrits ont été recensés par divers auteurs pour la période royale (ex. Avigad et Sass 1997Heltzer, Deutsch, Lemaire, Dobbs-Allsopp, Davies). Or ces objets servaient bien évidemment à sceller ou authentifier des papyri. On compte aussi, mais en nombre beaucoup plus réduit, des textes courts sur ostraca et sur monuments. Pour les inscriptions des Xe – IXe s., Richelle parvient au décompte suivant : 17 pour le Xe et 18 pour le IXe (p.7). Il s’agit le plus souvent de textes très courts -à l’exception sans doute de l’ostracon de Khirbet Qeiyafa (p.8). Pour les sceaux et bulles si l’on écarte les cas douteux, le décompte est le suivant : entre 150 (estimation basse) et 1000 (estimation haute) ; ostraca et incisions : env. 500, papyrus : 1, inscriptions monumentales : 4, inscriptions des Xe-IXe : 36 textes courts (p.8). Comme on le voit, le papyrus fait figure d’exception : un seul a été trouvé, un palimpseste, dans une grotte du Wadi Murabba’at, daté du VIIe s. (p.6 et note 18 ; voir ici et ici).

Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi les textes de quelque longueur sont absents à l’appel : pour l’essentiel, ils étaient composés sur papyrus ou parchemin, c’est-à-dire des matériaux organiques, et se sont décomposés depuis des lustres. De surcroît, penser que la faible quantité d’inscriptions trouvées soit un indicateur fiable de la réalité est une méprise : car si ce sont surtout des sceaux, bulles, ostraca ou inscriptions monumentales qui ont été trouvés, à savoir des inscriptions sur des supports non organiques, il faut savoir que ce type d’inscription est substantiellement moins répandue que la contrepartie sur support périssable, comme on peut s’en convaincre en comparant avec la situation des textes grecs et latins trouvés en Egypte. En effet, parmi les 9875 œuvres littéraires trouvées en Egypte, 71% étaient écrits sur papyri, 25% sur parchemin, 3% sur ostraca et 1% sur bois. Parmi les 15 195 ostraca, seulement 2% (339) contenaient des œuvres littéraires.

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Ces chiffres illustrent un ratio valable pour les documents grecs et latins trouvés en Egypte, certes, mais ils donnent peut-être (du moins à mon avis) une idée du ratio, sceaux/bulles/ostraca vs papyri pour les documents écrits de l’ancien Israël. Richelle souligne (p.9) qu’un seul texte pourrait probablement être qualifié d’oeuvre littéraire, c’est celui de Horvat ‘Uza (-VII). Il ne faut d’ailleurs pas s’attendre à pouvoir comparer les situations entre l’Egypte et l’Orient ancien (le climat est clairement favorable à la conservation, et le pays patrie du papyrus ; cf. pp.9-10). Par ailleurs même en Egypte, de nombreux papyri ont survécu en très mauvais état (fortement endommagés ou carbonisés) ; ceux découverts ailleurs qu’en Egypte ne l’ont été que dans des environnements comparables (Negev, déserts), cf. p.11.

Against this background, we can understand the following simple fact: the ratio of the discovered papyrus to the number of papyri that we know actually existed in Palestine during the royal period is one out of hundreds. (p.11)

Ce qui ajoute à ce ratio concerne le fait que tous les documents n’étaient pas forcément scellés, mais plutôt les textes légaux ou les lettres (cf. Jérémie 31:10-14, Néhémie 9.38, 1 Rois 21.8, etc.). De surcroît, deux copies étaient souvent produites : l’une scellée, l’autre non, pour que celle scellée puisse être consultée le cas échéant (p.12). 

If there were literary works, they were probably not sealed and are consequently invisble in archaeological terms : the did not even leave bullae. All of this means that we only see the tip of the iceberg. In other words, there is no simple qualitative correlation between the findings and ancient reality when it comes to the medium most likely used during the Iron Age II for writing and copying literary texts. Moreover, we have absolutely no means to determine the extent of literary production. (p.12)

On pourra objecter que si une production littéraire a réellement existé, il n’est pas concevable qu’elle se soit limitée aux seuls documents périssables (ainsi l’objection de Finkelstein, cf. p.12 et la note 43). C’est vrai, et c’est à cet égard que Richelle rappelle 1) l’existence des 36 inscriptions datées des Xe – IXe s. citées plus haut (p.13), en soulignant que « each discovery likely points to the existence of many more texts », et 2) qu’en fait l’objection peut aussi être émise pour les périodes ultérieures. Souvent les documents sont en piteux état, y compris les inscriptions monumentales, et il n’est pas impossible que bon nombre d’entre elles ont été tout bonnement pulvérisées (p.15):

The fact that only tiny fragments of stelae are discovered proves that 90% of each of them has been pulverized. How many stelae have been destroyed in their entirety? We simply do not know the answer, but it is clear that in this matter as in general, the absence of evidence is not evidence of absence. (…) Finally, all this reminds us of a general truth: only an infinitesimal proportion of the documents that existed in Antiquity has survived.

En comparant les données des Xe-IXe s. avec la période perse – qui, pour bon nombre de savants, a vu le Pentateuque se fixer – Richelle parvient à une conclusion pas si différente : l’augmentation des inscriptions n’est guère impressionnante ; il y a même moins de sceaux et bulles, et pas d’inscription monumentale (p.18). Et si 37 papyri ont été trouvés, Richelle considère que c’est affaire de hasard, les documents ayant été laissés dans une grotte.

In sum, not a single long or literary text has been found in Yehud for the two centuries of the Persian period. It is thus clear that even a period where significant scribal activity took place did not necessarily leave many artifacts related to long texts. p.19

Richelle examine ensuite la transition qui s’est opérée, semble-t-il, à partir du VIIIe s. : croissance de la démographie, bureaucratie plus importante, et peut-être une fraction plus importante de la population capable de lire. De là à imaginer que davantage de documents littéraires aient pu être composés, la corrélation n’est pas évidente : une production d’ordre littéraire ou religieux ne saurait être liée nécessairement à des données purement institutionnelles ou démographiques (p.21). Richelle conclut qu’on ne saurait tirer aucune conclusion fondée sur la seule approche quantitative.

2) Données socio-archéologiques

L’argument est tiré de la monographie de Jamieson-Drake, Scribes and Schools in Monarchic Judah: A Socio-Archaeological Approach (Sheffield, 1991) : il y aurait une corrélation entre le « niveau de développement » d’un état et la production littéraire. De manière particulièrement opportune, Richelle met en lumière la sinuosité du raisonnement en la présentant tel qu’il est réellement, sous forme de syllogisme:

a. Un certain niveau de développement est requis pour qu’un pays puisse produire des textes longs ou littéraires,

b. Juda, et Jérusalem en particulier, n’était pas réellement développé avant le VIIIe s.,

c. Il s’ensuit qu’aucune littérature n’a pu y être produite durant les Xe et IXe s.

Or l’augmentation des trouvailles d’artéfacts à partir du VIIIe s. indique certes un développement de la bureaucratie, ou même une augmentation de l’alphabétisation, mais ne prouve en aucun cas l’apparition de l’alphabétisation (p.22). Il n’est d’ailleurs pas possible d’émettre des hypothèses sur la production littéraire de cette époque, puisque nous n’avons aucune idée de son ampleur. Cela vaut également pour la mesure du « développement d’un pays » : la discipline est récente, et les cas d’espèce (Moab, Edom, Ophel, Shechem) prouvent qu’on ne se fait qu’une vague idée de l’importance des institutions, des activités, ou d’un pouvoir centralisé, avec les données dont on dispose (pp.23-24). C’est particulièrement probant dans le cas de Edom/Khirbet en-Nahas, où l’exploitation du cuivre existait depuis le XIIIe s, avec un pic à l’échelle industrielle aux Xe et IXe s.

As a result, it is now established that there were « local Levantine complex societies during the tenth and ninth centuries BCE in Edem capable of organizing a vast copper production system that centered on Eaynan ». If the power that controlled this industry at this time was Edom, then it is worth remembering that only a few years aga, no one would have judged it developed enough for that. If it was Judah, then this kindgdom is underestimated by some scholars. In any case, the breakthrough in Levantine archaeology made by the team of T.E. Levy and M. Najjar is a remainder of the difficulty of making judgements regarding the stage of development if Iron Agence « states ». p.23-24

Comme on le voit, des découvertes permettent de temps en temps d’invalider les allégations minimalistes. D’autres exemples peuvent être invoqués : ainsi Richelle rappelle qu’on a découvert des lettres écrites en cunéiformes au XIVe s, à Jérusalem (p.24). Or les témoignages archéologiques ne sont guère probants pour l’époque considérée. Avec la prémisse a), souligne Richelle, « one would never have guessed that such letters, written in one of the most complicated writing systems of Antiquity, could have come from this town ». C’est dire que corréler une activité littéraire au « développement » d’un pays (dont notre connaissance est nécessairement lacunaire) est pour le moins hasardeux, et même, pour les exemples cités en l’occurrence, que cela relève purement et simplement du non-sens. Pis, il n’est pas du tout nécessaire qu’un pays soit « développé » pour qu’un scribe professionnel et bien entraîné puisse y opérer (p.25) :

If the Jerusalemite scribe was trained in a foreign context, then afterwards, his sole presence in this city, however poorly developed it may have been, sufficed. The same can be said if we were to suppose that a cuneiform « school », or at least a standardized scribal training, existed in Jerusalem, since in concrete terms this would have involved merely the presence of a few individuals and the simplest logistics (e.gg. clay tablets and stylus). The writing of texts is an activity that trained people could practice with rudimentary means in any place, regardless of the size of the buildings, the presence of fortifications in the cities, the production of luxury goods, and so on.

Cela tombe sous le sens, mais il faut le garder présent à l’esprit en se remémorant les allégations de certains savants cités par Richelle au début de son étude…

Même quand un royaume paraît au début de son « développement », si par chance on découvre une oeuvre de quelque importance, sa présence dépareille l’idée qu’on se fait de la production d’œuvres littéraires. C’est encore le cas pour Moab, et la fameuse stèle de Mesha, qui prouve que des scribes professionnels opéraient au IXe s. Ce qui fait dire à Blum (cité p. 26): « the quasi-literary inscriptions we actually have are almost all (except the Shiloah-inscription) from the ninth of the beginning eighth century BCE: Mesha, Tel Dan, Kuntillet ‘Ajrud, Tell Deir Alla – and none of these elaborated texts comes from a long-established kingdom« .

Pour ce qui concerne le développement de Juda, les spécialistes ne s’entendent même pas sur ce qui relève de la Jérusalem du Xe s… Si comme certains le supposent il faut la situer sur le mont du Temple, alors c’est encore une terra icognita – dont on ne connaît en fait que la surface maximale, et guère plus (p.28). D’ailleurs, le « degré de développement » du royaume contrôlé par Salomon et David serait clairement revu à la hausse s’il était établi qu’en fait il contrôlait les mines de cuivre de Khirbet en-Nahas, ce qui, pour Richelle, est impossible à trancher (p.28 ; cf. infra « A consulter »). Idem pour le site de Khirbet Qeiyafa, qui a pu appartenir à Juda.

In sum, the situation is complicated (…), the least that can be said for our present purpose is that categorical claims that Jerusalem was an insignificant town in the 10th century go beyond current knowledge and do not reflect the uncertainties of the scholarly debate. This leads us to conclude that no only is the first premise of the syllogism evoked at the beginning of this section invalid: the second premise proves to be far from being established. p.29

Richelle répond donc par l’affirmative à la question de savoir si une littérature hébraïque a pu exister au début de la période monarchique (p.37). Cette littérature, estime-t-il, est possible d’un point de vue épigraphique et plausible d’un point de vue historique (p.38).

Après son excellent manuel d’exégèse de l’AT, et sa concise mais passionnante introduction à l’archéologie biblique, Richelle livre une nouvelle fois un travail captivant, richement documenté, et qui, tout en se parant des réserves qu’impose la documentation actuelle, met en lumière l’insuffisance de certaines allégations minimalistes populaires. Bel essai, qui donne envie d’en savoir plus !

A consulter : Rollston, Writing and Literacy in the World of Ancient Israel | McCarter, Ancient Inscriptions – Voices from the Biblical WorldLemaire, Inscriptions hébraiques, tome 1. Les ostracaDobbs-Allsopp, Hebrew Inscriptions: Texts from the Biblical Period of the Monarchy with Concordance | van der Toorn, Scribal Culture and the Making of the Hebrew BibleSteiner et al., The Oxford Handbook of the Archaeology of the Levant: c. 8000-332 BCE | Ahituv, Echoes from the Past: Hebrew and Cognate Inscriptions from the Biblical Period | Bienkowski et al., Writing and Ancient Near Eastern Society: Papers in Honour of Alan R. Millard | Carr, The Formation of the Hebrew Bible | Gertoux, Kings David and Solomon: Chronological, Historical and Archaeological Evidence (ou ici)

Oct 27 16

Le papyrus de Jérusalem : much ado ?

by areopage

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On pourrait dire que c’est désespérant. Et pourtant cela commençait bien, trop bien peut-être… En effet l’IAA a annoncé hier la découverte d’un papyrus exceptionnel (11.5 x 2.5 cm) : âgé de 2700 ans (-650), il contiendrait la plus ancienne mention de la cité de Jérusalem. L’écriture indique en caractères paléohébreux :

[‘]mt. hmlk. mn‘rth. nblym. yyn. Yršlmh

(De la serv)ante du roi, de Naarta, (deux) jarres de vin à Jérusalem

2710165Le manuscrit semble provenir de la grotte du Nahal Hever, où il a été pillé par des trafiquants d’antiquités. Il y a cependant plusieurs ombres au tableau… Quelques curiosités sur l’orthographe interrogent (ex. le mem dans nblym, [jarres-de-] qui dépareille l’état construit avec le mot qui suit yyn [vin], cf. 1 Samuel 25:18, ou encore le hé directionnel dans Naarta; cf. Josué 16:7). Mais surtout, c’est l’exploitation même du document qui invite à la prudence, car cette exploitation est avant tout politique.

2710162The recovered document emphatically disproves the Palestinian claim to Jerusalem, a precondition that has been a stumbling block preventing negotiations with Israel. This battle-cry has been taken up by UNESCO in two resolutions initiated by the Arab nations granting Islam a religious monopoly on the Temple Mount. This Hebrew papyrus proves that Jerusalem was the Jewish capital 1,300 years before Mohammed, the father of Islam, was born. The papyrus even carries another clear indication that Jerusalem was originally a Jewish, and not Muslim, city: its subject is wine, a flourishing industry in ancient Israel and an essential part of the Temple service – and a substance expressly forbidden in Islam. Muslims would be hard-pressed to explain their part in this wine deal.

Speaking at the dedication of the Adelson School of Entrepreneurship at IDC Herzliya, Prime Minister Benjamin Netanyahu made use of the papyrus when discussing UNESCO’s “distorted, scandalous” decision. “This was a document, a shipping invoice, that was sent over 2,700 years ago from Na’arat, near Jerusalem, and it says in ancient Hebrew, and this is the critical word, but you can see it in Hebrew, ‘[me-a]mat ha-melekh me-Na’aratah nevelim yi’in Yerushalima’. ‘From the king’s maidservant, from Na’arat, jars of wine, to Jerusalem’,” Netanyahu translated. “Here is a letter from the past to UNESCO. It is written ‘Yerushalima.’ It explains, in Hebrew, our connection to Jerusalem and the centrality of Jerusalem. A servant of the king, certainly a king of Judah. It is from over 2,700 years ago – Jerusalem. Not in Arabic, not in Aramaic, not in Greek or Latin – in Hebrew.”

Source : Breaking Israel News

Dans un tel contexte, où l’artéfact archéologique est brandi dans les discussions géopolitiques, la plus grande réserve est de mise. A plus forte raison si le contenu est sensationnel : une très ancienne mention de la ville de Jérusalem, un document écrit ou commandé par une femme éminente… Rien d’impossible, mais des voix s’élèvent.

C’est en effet la datation au carbone 14, et l’analyse paléographique, qui ont permis de dater le document. Or ces deux méthodes ne sont pas infaillibles et l’éminent épigraphiste Christopher Rollston soulève quelques objections, qui semblent d’ailleurs être des objections de principe :

The fact that the papyrus itself has been carbon dated to the 7th century BCE certainly does not mean that the writing on the papyrus is ancient In fact, it really means nothing.  (…) There are some palaeographic and orthographic anomalies and inconsistencies in this papyrus inscription that are concerning and may suggest that it is modern, not ancient. (…)  The Jerusalem Papyrus is from the antiquities market and it has been floating around on the market for a few years now. It was not found on an actual archaeological excavation. (…) In short, to those wishing to declare that the letters on this papyrus inscription are ancient, I would say: ‘Not so fast!’

Il est sans doute trop tôt pour trancher. Les objections avancées ne sont pas insurmontables. Mais quand on sait combien le marché des antiquités recèle de forgeries modernes, le doute est de mise. Trop beau pour être vrai… mais si c’était vrai ? Voilà qui est désespérant quand on n’est pas spécialiste.

A consulter : Michael Langlois : Jérusalem mentionnée dans un papyrus plurimillénaire en pleine polémique à l’UNESCO – Breaking Israel NewsThe Jerusalem PostRollston : The New ‘Jerusalem’ Papyrus : No so Fast…Rollston : The Jerusalem Papyrus, Complementary NotationsScience et Avenir

Oct 17 16

Bible Parser Web App : quid novi ?

by areopage

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Le projet avance doucement mais sûrement. L’objectif est de concentrer l’essentiel des fonctionnalités du logiciel dans une interface claire et intuitive. De nombreux outils ont été incorporés ces derniers jours.

Navigation

Elle n’est pas encore parfaitement au point – à vrai dire, cette fonction « de base » est celle qui me donne le plus de fil à retordre -, mais les bases sont jetées. Cliquez sur le visuel pour choisir une version, biblique ou non, et naviguer vers un passage. Si d’aventure l’outil se bloque au stade du verset, survolez un mot quelconque et la page se rafraîchira. Vous pouvez aussi passer par le menu déroulant pour sélectionner une version, et par l’encart de recherche pour saisir la référence, abrégée ou non, d’un verset. C’est affaire d’habitude, mais cette méthode est la plus rapide. Notez également que les boutons verset suivant et verset précédent sont « dynamiques » (le verset précédent de Genèse 11:1 ne sera plus Genèse 11:0 mais Genèse 10:32 !).

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Versions

Pas moins de 122 corpus sont d’ores et déjà disponibles : des versions en langues originales aux versions françaises, en passant par le latin, l’anglais, l’allemand, le chinois, l’arabe, le russe, l’italien, le catalan… Il est très simple d’incorporer toutes sortes de versions, sachant que chaque ajout bénéficie immédiatement des fonctionnalités de statistiques, voire, pour certains cas, d’analyse. Ainsi pour l’hébreu moderne, la version SKG (NT en hébreu moderne, vocalisé ; pour le non vocalisé, cf. HM) propose-t-elle des indications sémantiques lorsqu’elles sont disponibles (c’est-à-dire quand la forme sous le curseur paraît dans le corpus d’hébreu biblique de l’AT) :

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Mais Bible Parser, c’est avant tout un certain nombre d’outils originaux ou inédits. Ainsi la version TOV propose-t-elle, au survol, des informations liées à la traduction ou la critique textuelle :

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Des corpus plus ou moins apparentés à la recherche biblique sont disponibles, parfois dans deux langues (grec/anglais ou grec/français) voire plus : comme Platon (PLA), le Sefer Ha-Yashar (SHY), les Pères anténicéens (ANF) :

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Apparats critiques

Directement intégrés dans la barre de navigation, les apparats critiques disponibles sont les suivants :

  • HOTTP : Dominique Barthélémy et al., Hebrew Old Testament Text Project : 3622 entrées, de Genèse à Lamentations (toujours en cours).
  • TOV : Différences entre le Texte Massorétique et les Septante
  • PS : Différences entre le Texte Massorétique et le Pentateuque Samaritain
  • DSS : Variantes des manuscrits de la mer Morte
  • ACG : Apparat critique grec : environ 13 000 entrées pour le NT

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Bien que ce ne soit guère visible, l’Atlas géographique s’est enrichi d’une seconde méthode de détection des lieux mentionnés, pour être plus précis. Il sera prochainement accompagné d’un encart de recherche. Certains renvoient vers d’autres versets, qui sont actifs.

Exégèse

L’encart est implémenté et propose un grand nombre d’outils précieux :

  • Visuels : 1799 visuels référençant 13 459 versets
  • Citations de l’Ancien Testament dans le Nouveau
  • Quelques pratiques scribales : Tiqune sopherim
  • Quelques faits grammaticaux : pour l’hébreu : hendiadys verbal, paronomase infinitive, pour le grec : versets concernant les règles de Colwell, de Sharp ; l’infinitif articulé
  • Parallèles synoptiques
  • Parallèles Bibliques :
    • Versets parallèles dans l’AT (en général)
    • Parallèles Samuel – Chroniques – Rois
    • Citations bibliques des Pères apostoliques
    • Citations ou allusions bibliques dans les Pseudépigraphes de l’AT
    • Citations AT / NT (2e corpus)
  • Références croisées : des dizaines de milliers de passages plus ou moins parallèles (TSK)
  • Détection des expressions idiomatiques pour l’hébreu (360 expressions pour 5888 versets) et le grec (84 expressions pour 997 versets)
  • Citations et Allusions Bibliques dans les corpus de la période du Second Temple (Josèphe, Philon, Mishna (Danby), Bonsirven (Mishna, Tosefta), manuscrits de la Mer Morte (corpus sectaire), Pères apostoliques, Justin, Irénée, Eusèbe de Césarée
  • Figures de rhétorique (Bullinger)

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Dictionnaires

Avec l’implémentation des Dictionnaires, Bible Parser Web App commence à prendre un peu d’envergure… car ces derniers préfigurent l’outil Etude de Mot et Recherche complexe, qui seront les clous de l’application.

Les références suivantes sont disponibles :

  • Strong-Fontaine-Hellemme, Dictionnaire Grec/Hébreu – Français
  • Bailly, Abrégé du Dictionnaire Grec – Français
  • Woitrain, Vocabulaire de grec ancien
  • Abbott-Smith, A manual Lexicon of the New Testament
  • Sophocles, Greek Lexicon of the Roman and Byzantine Periods (From B. C. 146 to A. D. 1100)
  • Moulton Milligan, Vocabulary of the Greek Testament
  • Thayer, Greek-English Lexicon of the New Testament
  • Liddell Scott Jones, A Greek-English Lexicon

L’intérêt principal est que l’outil permet de saisir sa recherche en BetaCode (par ex. ouranoj pour ουρανος, alhyM pour אלהים) ou en Unicode (non vocalisé), de manière complète ou non, et fléchie ou non. Si le mot est incomplet, des suggestions sont proposées. Si la forme est fléchie, la forme nominale est indiquée, et il est bien sûr possible de chercher un mot depuis le français.

Pour l’outil par défaut, dit « Strong-Fontaine-Hellemme, Dictionnaire Grec/Hébreu – Français », les fonctionnalités sont plus développées et bénéficient d’ajouts propres à Bible Parser : une définition courte, les dérivés, les synonymes et une concordance active.

Saisie en BetaCode : ex. g:morfh , ex. h:msh

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Saisie en Unicode : ex. g:αγαπαω ex. h:ויבדל

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Dans le cas où le mot est incomplet, les suggestions sont là pour vous aider :

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Cerise sur le gâteau, vous pouvez rechercher en hébreu et en grec en saisissant votre mot en français :

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Enfin, vous noterez que les autres références disponibles, qui permettent également des suggestions, sont loin d’être anodines :

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Bien d’autres références suivront !

 

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