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Linguistics & Biblical Exegesis (Mangum & Westbury, 2017)

by areopage on août 11th, 2019

La collection Lexham Methods Series, que j’ai déjà évoquée (ici et ici), condense en quelques volumes l’essentiel des disciplines utiles pour l’interprétation de la Bible en général (critique textuelle, approche historico-critique, critique des formes et des genres), et le volume ici présenté Linguistics & Biblical Exegesis, édité par D. Mangum et J. Westbury, s’intéresse à la linguistique, et à son apport à l’exégèse.

Discipline aride par excellence, la linguistique reste affaire de spécialistes. Il s’agira seulement pour le tout-venant, spécialement celui qui souhaite effectuer une exégèse informée de la Bible sans tomber dans certains pièges triviaux, d’en connaître l’essentiel : mécanismes du langage et utilisation raisonnée des outils existants.

L’ouvrage comprend huit chapitres :

  • Introduction to linguistics and the Bible (Wendy Widder)
  • Linguistics Fundamentals (Wendy Widder)
  • Language in Use (Jeremy Thompson & Wendy Widder)
  • Language Universals, Typology, and Markedness (Daniel Wilson & Michael Aubrey)
  • Major Approaches in Biblical Hebrew (Jeremy Thompson & Wendy Widder)
  • Linguistics Issues in Biblical Hebrew (Wendy Widder)
  • Linguistics Issues in Biblical Greek (Michael Aubrey)
  • The Value of Linguistically Informed Exegesis (Michael Aubrey)

La bibliographie fournie (pp.203-221) est suivie d’un index des sujets (pp.223-230) et d’un index scripturaire (pp.231-232). Chaque chapitre se termine sur une rubrique bibliographique commentée, fort utile.

A partir du chapitre 4 et passé les indispensables généralités (éléments de phonologie, morphologie, sémantique, syntaxe) sont introduits des éléments de langage dits « universels » : c’est à partir de là que commencent les considérations vraiment utiles pour l’exégèse (nature « marquée » ou non des énoncés, ordre des mots, intérêt et limites de la philologie comparée, analyse du discours). Ces considérations permettent souvent de comprendre l’arrière-plan méthodologique de certains lexiques comme le Louw-Nida, le SDBH, le DCH ou encore le Bible Sense Lexicon (sur lequel je reviendrai peut-être).

Les chapitres 6 et 7 sont les plus intéressants puisqu’ils comprennent d’utiles rappels sur la nature des langues bibliques (corpus disponibles, systèmes verbaux, états des études lexicologiques). Les lexiques principaux en usage sont décrits et caractérisés ; pour l’hébreu : BDB, HALOT, DCH (pp.149-153 ; le DCH reçoit un traitement passablement négatif, pas tout à fait à jour), et SDBH (p.153, mention fort succincte) ; idem pour le grec : TDNT, NIDNTT, EDNT, Louw-Nida, BDAG, LSJ, LEH, GELS (pp.183-186 ; le GE aurait mérité une petite mention !).

Enfin le dernier chapitre donne quelques exemples d’application, avec notamment une discussion d’Eph 1.22 et des « rôles sémantiques » (l’affaire est passablement laborieuse mais permet en quelque sorte de rationaliser, et cadrer, l’approche linguistique). On comprend alors mieux l’intérêt d’outils comme Comrie 1989, Levinsohn 2000, Runge 2010, Runge 2012-2014.

Bon nombre d’outils présentés gravitent autour de la sphère Lexham/Logos, et l’on pourrait soupçonner à bon droit des « conflits d’intérêts ». A décharge je dirais que Lexham produit des ouvrages et des bases de données de qualité, qui comblent un vide, et qu’il convient, bien sûr, de savoir utiliser !

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