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The Brill Dictionary of Ancient Greek (Montanari, 2015)

by areopage on février 5th, 2016

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Si l’on étudie en grec des corpus aussi divers que le Nouveau Testament, la Septante, et les Pères de l’Église, il faut jongler avec des dictionnaires comme le BDAG, LEH, GELS ou Lampe. Avec parfois un recours au LSJ. Le dictionnaire élaboré par Franco Montanari, avec une équipe d’une trentaine de personnes, Vocabolario della lingua graeca (première édition, 1995 ; 2e, 2004, 3e, 2013), tentait de palier à ce problème, en proposant, dans un même outil, un répertoire aussi exhaustif que possible de la langue grecque, des origines au VIe siècle.

Comme on peut s’en douter, il s’agissait d’un important défi : le grec ancien est une langue extrêmement riche et nuancée ; de surcroît cette langue est utilisée depuis de nombreux siècles, en divers dialectes, et a ainsi connu des évolutions sémantiques significatives. Il fallait donc non seulement répertorier les lemmes aussi exhaustivement que possible, mais aussi fournir des sens tenant compte des différentes époques – labeur assez inouï on en convient. A mon avis, Montanari et ses équipes avaient relevé le défi avec un certain brio.

Or la traduction anglaise parue en 2015 sous le titre The Brill Dictionary of Ancient Greek corrige et complète encore la troisième édition italienne. La traduction anglaise, effectuée par une dizaine de personnes sous les auspices de de Madeleine Goh et Chad Schroeder (CHS, Harvard), n’est d’ailleurs pas uniquement une traduction, comme le soulignent ses auteurs en préface :

Our objective was an accurate elucidation of each Greek lemma in English, and, accordingly, it is to be emphasized that the lexicon is not a translation of the Italian definitions in and of themselves.

L’édition anglaise propose pas moins de 132 884 lemmes. Par comparaison, le LSJ, d’après mon décompte, ne contient que 34 338 entrées. On peut donc se faire une idée du volume. Il est d’ailleurs massif et c’est la première chose qui étonne quand on le prend en main : 7 x 20,3 x 26,7 cm  pour 2431 pages. Les pages sont de bonne qualité (blanc impeccable) et très fines, presque aussi fines que le papier bible. Si l’on compare le GE au Bailly ou au Magnien-Lacroix, l’épaisseur est quasi identique, mais le format bien plus large.

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Chaque page se compose de trois colonnes où les lemmes sont en gras, avec forme nominale, genre et étymologie. Les sens sont également en gras, clairement numérotés. Leur disposition est diachronique. Contrairement au Bailly, la numérotation permet de sauter aisément d’un sens à l’autre. En revanche, il faut de bons yeux, car le texte est assez petit. La police choisie, The Brill, est parfaitement lisible et assez élégante. Sur l’épaisse tranche un index permet de naviguer plus facilement d’une lettre à l’autre.

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L’ouvrage s’ouvre sur deux préfaces, les abréviations utilisées, et une copieuse liste des auteurs et œuvres consultées (y compris les inscriptions). Il n’y a pas d’appendices.

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Comme vous pouvez le constater, les entrées sont précises, parfois denses, et systématiquement illustrées par un exemple. Voici trois exemples illustrant les définitions pour μονογενής, μορφή et ἁρπαγαμός/ἁρπαζω.

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On ne peut que se réjouir de cette publication. Le prix – 104,94€ – est étonnamment raisonnable pour un ouvrage de cette qualité et de cette ampleur. Il faut dire que l’éditeur monte souvent dans les tours… C’est peut-être le signe que l’ouvrage se destine à un public assez large : il sera donc bien vite amorti. On notera aussi que Brill propose un accès payant (qui devrait être inclus en tout ou en partie avec l’édition papier !!!) à ce manuel en ligne pour la modique somme de… 190€ . On ne peut pas être généreux à tous les coups…

Pour en savoir plus : BMCR | NT 59 (2017) 415-435

2 Comments
  1. Sylvain permalink

    Si je peux me permettre 2 questions rapides:

    1) La partie grecque de l’oeuvre d’Origène est rédigée dans quelle forme de grec ?

    2) L’oeuvre de Maxime le Confesseur est rédigée dans quelle forme de grec ?

    J’aimerais avoir des balises et des suggestions 😉 pour évaluer le travail nécessaire pour les lire dans le texte.

    • areopage permalink

      Origène écrit en grec koinè. Il n’est pas un auteur réputé facile à lire, mais c’est faisable avec une bonne connaissance de la koinè (langue des LXX et du NT). Bien sûr, il est bon de s’armer d’un bon lexique patristique (type Sophocles récemment ajouté à Bible Parser ; ou bien évidemment : le GE ou le Lampe). Quant à Maxime le Confesseur, je ne l’ai pas du tout pratiqué…

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