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TMN révisée (2018)

by areopage on juillet 25th, 2018

Cinq ans après la sortie de la révision anglaise de 2013 dont je m’étais fait l’écho, la Traduction du Monde Nouveau vient enfin d’être révisée en son édition française. Pour l’occasion son nom change : Les Saintes Écritures – Traduction du Monde Nouveau (1995) laisse place à un intitulé plus explicite, La Bible. Traduction du Monde Nouveau (2018).

Vous pouvez accéder à cette version en ligne sous divers formats : site webPDFePub.

La version française est essentiellement une traduction de la version anglaise de 2013, avec recours, au besoin, aux textes originaux (mais gageons que l’indication est peu explicite) :

Traduite d’après l’édition anglaise révisée de 2013
et en se référant aux langues d’origine (hébreu, araméen et grec)

Pour ceux qui se demanderaient encore pourquoi une traduction du « monde nouveau », la référence à Is 65.13,17 et 2Pi 3.13 reste inchangée.

Sur la forme, et pour l’édition courante 12×17 cm, les principales nouveautés concernent la couverture, en matériau souple de bien meilleure qualité, la couleur (du noir au gris), la présence de marques-page, et bien sûr l’introduction nouvelle (questions bibliques fondamentales en vingt sujets illustrés) des appendices très intéressants scindés en deux rubriques A et B, et des cartes (rois d’Israël, poids et mesures…). Auxquels s’ajoutent un Index des termes bibliques (mini-concordance plutôt bien conçue) ainsi qu’un Glossaire des termes bibliques. Autre nouveauté significative, chaque livre biblique est précédé d’un « aperçu du contenu » – outline dont les anglo-saxons sont si friands – et de nombreuses notes jalonnent la traduction (principalement des traductions littérales ou alternatives, et parfois des informations contextuelles).

Sur le fond, la traduction est clairement plus dynamique. Certes la TMN reste la TMN : sa saveur particulière, teintée de littéralisme, subsiste. Cependant des efforts non négligeables ont été fournis pour donner à cette traduction une plus grande lisibilité et une meilleure intelligibilité. Pour cela, en bien des endroits, les tournures littérales ont été abandonnées au profit du sens (ex. Jg 11.35 « tu m’as fait me courber » devient « tu me brises le cœur »). De même de nombreuses expressions peu claires ont laissé place à des tournures privilégiant le sens (ex. « pour des temps indéfinis », « fornication » devenant respectivement « pour toujours », « acte sexuel immoral »). Enfin les noms propres ont été francisés, pour être plus faciles à lire, et surtout pour se conformer à l’usage courant de la langue française (ex. Yiphtah redevient Jephté) ; de même les nombres ne sont plus écrits en toutes lettres (ex. Is 37.36 cent quatre-vingt-cinq mille185 000 ; où les [hommes] de l’ancienne version deviennent des soldats)

Le Comité de 2013 (anonyme) s’en était expliqué pour la révision anglaise, et l’annexe en question est donc désormais traduite : A2. Caractéristiques de la présente version. Je n’ai pas repéré de spécificité liée à la langue française, mais ce qui est certain, c’est que les traducteurs de la version anglaise ont dû produire un travail d’une immense ampleur pour appliquer au français les révisions anglaises (en cela le recours ponctuel aux textes originaux a dû jalonner l’entreprise).

Les principes directeurs annoncés sont : 1) L’emploi d’un langage moderne et compréhensible, 2) Des expressions bibliques rendues plus clairement. 3) Un style plus fluide. 4) Des noms propres plus courants et plus faciles à lire.

On peut sans hésiter affirmer que ces quatre objectifs ont été largement respectés : la traduction est beaucoup plus facile à lire. Les mauvaises langues diront que vu la littéralité de l’édition de 1995, il n’était pas difficile de faire mieux. Ce serait faire un mauvais procès à cette édition, car le Comité ne s’affranchit pas de sa perspective première : il s’agit toujours de coller le texte au plus près, sauf… dans les cas où le sens serait compromis dans la langue cible (ex. « pauvres en esprit » rendu littéralement, qui pourrait signifier « simples d’esprit » pour certains…).

Par chance le Comité de la TMN nous indique ce qui, pour lui, doit caractériser une bonne traduction. Il est donc loisible d’appréhender sa méthode.

Sanctifier le nom de Dieu en lui rendant la place qui lui revient dans les Écritures (Matthieu 6:9). / Transmettre avec exactitude le message original inspiré par Dieu (2 Timothée 3:16). / Restituer les phrases littéralement lorsque la syntaxe et la grammaire de la langue cible le permettent. / Transmettre le sens réel d’un mot ou d’une expression lorsqu’une traduction littérale déformerait ou obscurcirait l’idée. / Employer un langage naturel, accessible, qui encourage sa lecture (Néhémie 8:8, 12).

Comme on peut s’en douter, les points 1 et 4 sont assez sensibles : on connaît la réserve d’une majorité de traductions vis-à-vis du nom divin ; elle est intolérable, injustifiée et je n’y reviendrai pas. Quant au point 4, il est en effet louable de prémunir le lecteur de s’égarer, surtout quand il s’agit de traduction à proprement parler. Cependant quand la théologie est impliquée , le sujet est beaucoup plus délicat, et d’autres, dont je suis, seraient plutôt enclins à réserver à l’apparat le soin d’expliciter le sens théologique s’il est peu clair ou débattable. Un petit exemple pour me faire comprendre :

  • En Job 40.19a la TMN 1995 portait « Il est le commencement des voies de Dieu » ; la TMN 2018 porte désormais : « Parmi les œuvres de Dieu, il vient en tête » avec en note « Litt. ‘il est le commencement' ».

En hébreu l’expression est la suivante : ה֭וּא רֵאשִׁ֣ית דַּרְכֵי־ אֵ֑ל et il est difficile de ne pas penser à ce qui est dit de la Sagesse en Proverbes 8.22 (יְֽהוָ֗ה קָ֭נָנִי רֵאשִׁ֣ית דַּרְכּ֑וֹ ). Modifier la littéralité du passage est ainsi louable dans l’absolu, bien plus, dans la plupart des cas. Mais ce faisant, toute la théologie du passage peut être bouleversée (voir par ex. ici) car dans l’Ancien Testament il existe des références croisées qu’il serait fâcheux d’ignorer. Le traducteur même prudent marche donc sur un terrain « miné », mais il ne faudrait pas pour autant blâmer des biais théologiques à tous les coins de verset : l’interprétation est un « mal » nécessaire, car on ne peut traduire un texte sans l’avoir préalablement compris, et pour comprendre un texte il faut bien sûr en interpréter le sens. Il est à cet égard judicieux de laisser dans le texte ambiguïté si ambiguïté (ou jeu de mots) il y a.

D’autres cas impliquent l’ajout de mots sensés préciser le sens, quand ils sont susceptibles de le modifier (ex. Genèse 3.6 pour la précision temporelle absente de l’original, ou encore Matthieu 27.52-53 pour l’indication d’un sujet non exigé par le texte).

Enfin la volonté de donner du sens peut gommer des indications essentielles pour le lecteur : en Philippiens 2.7 « il est devenu un humain » en lieu et place de l’ancien « a paru dans la ressemblance des hommes » (relégué en note), et 2.8 « lorsqu’il est venu en tant qu’homme » en lieu et place de « lorsque, par sa manière d’être, il s’est trouvé comme un homme » (en note aussi), traduit une volonté louable au premier abord, celle de fluidifier le style. Mais ce faisant on gomme les termes originaux que sont ὁμοιώματι et σχήματι dont le choix (face à μορφῇ/μορφὴν) et la variété sont loin d’être anodins…

6 ὃς ἐν μορφῇ θεοῦ ὑπάρχων οὐχ ἁρπαγμὸν ἡγήσατο τὸ εἶναι ἴσα θεῷ,
7 ἀλλὰ ἑαυτὸν ἐκένωσεν μορφὴν δούλου λαβών, ἐν ὁμοιώματι ἀνθρώπων γενόμενος· καὶ σχήματι εὑρεθεὶς ὡς ἄνθρωπος

Il ne faut donc pas, en aucun cas, confondre intelligibilité et précision. Rendre la TMN plus intelligible en français est une chose, la rendre de facto plus fiable en est une autre. Pour l’instant je n’ai pas le recul suffisant pour en témoigner ; ce qui est certain c’est qu’évidemment en rendant le texte plus français, on prête moins flanc au contresens (ex. Mt 10.32 Tout homme donc qui confesse devant les hommes > Si quelqu’un affirme devant les hommes qu’il est mon disciple).

Pour conclure, je livre ici une comparaison des deux versions pour les textes (pris au hasard) de Genèse 1.1-3, 2 Chroniques 1.1-3, Luc 1.1-3 et Hébreux 1.1-3, en mettant en exergue les principales différences.

On remarque d’emblée que la TMN 2018 est moins verbeuse (on ajoute pleinement foi parmi nous > nous croyons fermement), qu’elle évite les termes un peu vieillots et les tournures défraîchies (ténèbres > obscurité ; maisons paternelles > groupes de famille), évite les périphrases (acquérait du pouvoir dans sa royauté > renforçait son pouvoir royal), gomme les sémitismes (parole de sa puissance > puissante parole) ; tente de généraliser le genre quand c’est possible (paternelles > famille), remplace certains mots connotés (par d’autres mots plus ou moins connotés) (congrégation > assemblée), et n’hésite pas à changer l’ordre des mots de l’ancienne version (voire à en ajouter), pour se conformer à la rhétorique du texte original et/ou faciliter la lecture (Dieu, qui autrefois > Autrefois Dieu // Maintenant…).

Voilà donc pour mes premières impressions.

En bref, il y a là de belles avancées, un travail de grande qualité, qu’il convient de saluer. Tolle lege !

From → lectures, liens

19 Comments
  1. Stéphane permalink

    Cher Didier
    Merci encore pour ton travail qui j’ose le dire est pour moi une source d’éclairage, notamment sur le nom de Dieu qui a repris sa juste place dans ma vie. D ailleurs si tu as un jour le temps
    J aimerai connaitre ton avis sur l’origine du nom de Jésus qui d’après ce que j ai lu contiendrais le tetragrame avec le mot sauve ou sauveur en plus.
    Par contre concernant ton article sur la traduction j y vois comme dans toutes les traductions
    La volonté du traducteurs de justifier sa propre doctrine dixit au commencement… Et ça c’est vraiment pénible. Certains font disparaître le nom de Dieu ce qui est une folie, je pèse mes mots. Et d’autres essaye d amoindrir la personne du christ des l’origine…
    Quand a traduire des temps indefinis
    Par pour toujours
    Il me semble que ce n’est pas la même chose
    Un temps indefinis peut êtres défini a un moment ou un autre
    Pour toujours c’est immuable.
    Encore merci pour ton travail et ta bienveillance dans tes commentaires
    Fraternellement
    Stéphane

    • areopage permalink

      Cher Stéphane,
      Pour répondre à tes questions :
      – sur l’origine et le sens du nom de Jésus (et ses liens avec le nom divin), je ne puis que te recommander l’ouvrage de Gertoux, Un historique du nom divin (L’Harmattan, 1999), particulièrement pp.159-169.
      – concernant les « temps indéfinis » : il s’agit-là d’une surtraduction. En hébreu l’expression est ordinairement לעולם et signifie simplement « pour toujours », « à jamais ». Ceux qui tentent une traduction littérale, du type « pour les âges (futurs) », « pour le monde (à venir) » sont hors sujet. Il ne faut pas surcharger de sens cette expression. Son sens est simple. Il est vrai que « temps indéfinis » et « pour toujours », cela ne signifie pas la même chose. Mais traduire לעולם par « temps indéfinis » est inexact, je l’ai clamé maintes et maintes fois. Dans la plupart des versets où se rencontre cette expression (qui est parfois complété par ועד soit לעולם ועד, pour toujours et à jamais), c’est l’idée d’éternité (dont on se représente mal la « fin » d’où cette sensation « d’indéfinité »…) qui est exprimée.
      Merci pour ton commentaire et bonne soirée.
      Fraternellement,
      Didier

  2. Stéphane permalink

    Quand a :
    En Job 30.19a la TMN 1995 portait « Il est le commencement des voies de Dieu » ; la TMN 2018 porte désormais : « Parmi les œuvres de Dieu, il vient en tête » avec en note « Litt. ‘il est le commencement' ».
    J ai chercher j ai trouver dans la traduction 2018
    Dieu m’a jeté dans la boue ;
    je suis réduit en poussière et en cendres.
    Il doit y avoir une erreur de référence

    • areopage permalink

      C’est Job 40.19a ; merci pour la relecture attentive !

      • Stéphane permalink

        Martin Bible
        C’est le chef-d’œuvre du [Dieu] Fort; celui qui l’a fait lui a donné son épée.

        Darby Bible
        Il est la premiere des voies de *Dieu: celui qui l’a fait lui a fourni son epee.

        Traduction du nouveau monde 2018
        Parmi les œuvres de Dieu, il vient en tête* ;
        seul Celui qui l’a fait peut s’approcher de lui avec son épée.
        Il y a « un monde nouveau » entre les traduction
        D’un côté Martin et Darby
        Suggère dans la traduction une allégorie entre Béhémoth et Christ
        Première de ses œuvres, Jéhovah lui donne son épée : la parole de Dieu ephesien 6v17 hébreux 4v12 jean 1:1 révélation 19v13 1v16 2v12 2v16
        Et la traduction 2018 du nouveau monde
        Qui ne parle que de l’animal
        Comment le lecteur ou le ‘bereen’ que je m’efforce d’être peut suivre.
        Les traducteurs réalisent ils la responsabilité qu’ils ont devant le très haut !
        Quel est ton appréciation concernant ces traductions ?
        Tu peux me répondre en message privé si tu le souhaites

        • areopage permalink

          Il n’y a pas une traduction qui aurait foncièrement raison, et les autres tort. La traduction n’est pas une science tout à fait exacte et dans certains cas il y a matière à interprétation. Il ne font donc pas se représenter les traducteurs comme des faussaires en puissance, mais plutôt comme des ouvriers de la Parole mis au devant de franches difficultés linguistiques.
          En l’occurrence il y a deux manières d’aborder le mot ראשית.
          >> Il (la bête ou le personnage en question) est la ראשית des voies de Dieu.
          En hébreu « voie » (דרך) peut signifie « oeuvre », « action ».
          Donc, on peut traduire : il est la première (ראשית = commencement, début, l’en-tête) des voies de Dieu (idée chronologique de « premier »).
          Ou : il est la Première de ses voies (idée de prééminence, d’où les variations autour de « chef d’oeuvre »)
          Ou encore comme la TMN 2018 : Parmi les œuvres de Dieu, il vient en tête (l’idée de prééminence est mise en exergue au détriment de l’idée chronologique).
          Or les deux autres emplois de ראשית dans le livre de Job (Job 8.7, 42.12) favorisent clairement une idée chronologique.
          Ainsi ce verset illustre la difficulté rencontrée par le traducteur : tout n’est pas blanc ou noir, car un énoncé peut se traduire – à bon droit – de différentes manières. Il faut donc faire un choix fondé sur le contexte immédiat, le contexte plus large, et le génie de la langue.

  3. David Garcia Hernandez permalink

    Par rapport à ce verset, on peut apprécier les variations d’une bible à l’autre ici :

    http://djep.hd.free.fr/LaReferenceBiblique/?Livre=18&Chap=40&Vers=19

    Ainsi la Bible de Jérusalem, celle en FranÇais Courant, la Bible du Semeur, entre autres, vont dans le même sens que la TMN.

    • areopage permalink

      Comme je l’indique dans ma réponse au précédent commentaire, ces traductions font des choix. En analysant finement le texte original on peut juger de leur pertinence. C’est ce qui permet d’ignorer superbement ce que peuvent faire d’autres traductions, si courantes soient-elles (Ex 23.2).

      • David Garcia Hernandez permalink

        Mon intervention visait simplement à faire remarquer que, parfois, la traduction d’un verset peut se faire de diférentes manières sans que l’une ou l’autre fasse l’unanimité.

        • David Garcia Hernandez permalink

          Aucune traduction n’est absolument parfaite, c’est vrai…

          Mais quand l’on se penche sur la Septante, traduction qui prenait certaines latitudes par rapport à l’original hébreux, il est intérésant de noter qu’elle était certainement chérie par des frères oints du 1er siècle qui voyaient et faisaient des miracles lors du culte (1 Co. 14:26-33).
          Remarquons que même des citations tirées de celle-ci figurent dans le texte des Ecritures Chrétiennes inspirées.

          Je me sens content de lire la TMN. J’aime aussi d’autres versions comme les bibles Segond mais quand à un moment je prend du recul et que je remarque que Dieu y a été « anonimisé » ou que la nature de Jésus Christ y est carrément déformée (ex. Jn 1:1; Phili. 2:6, NBS, S21) à cause du biais trinitariste… je ne peux m’empêcher de me sentir déÇu au bout d’un moment de lecture…

          • areopage permalink

            Oui je comprends ce sentiment que je partage. De bonnes qualités générales de traduction sont gâchées par des biais théologiques trop importants.

  4. Stéphane permalink

    Merci David pour ces références
    A la lecture de ses multiples traductions
    Il semblerai que celle qui est la plus usité par les traducteurs soit celle de david martin
    Argh Didier au secours !

    • areopage permalink

      La version Martin est une vieille traduction qui a plus une valeur historique qu’exégétique. Je ne recommande guère son usage.

  5. Stéphane permalink

    Merci pour toutes ses réponses
    Je comprends la difficulté de la traduction sur certains passages si difficiles et je comprends mieux en relisant ton commentaire l analogie avec proverbe 8 v23
    Se travail que tu fais et essentiel et je rends grâce à Notre Père par son fils notre sauveur que tous dans un même corps avec Jésus pour tête et pour roi nous soyons utiles à l’œuvre de JÉHOVAH.
    Sois béni toi et toute ta famille
    En Jésus Christ la seule vérité, le seul chemin, la seule lumière, la vie qui mène à notre Père

  6. Pour les partisans d’une lecture biblique qui fait appel à plusieurs traductions, la parution d’une édition révisée de la Bible est toujours une bonne nouvelle. Du reste, au vu de l’évolution que subissent immanquablement toutes les langues, l’entreprise est souhaitable pour ne pas dire “obligatoire” au bout d’un certain nombre d’années. Si le but est de proposer une meilleure lisibilité au lecteur d’aujourd’hui, cela équivaut à redonner au texte biblique sa raison d’être. Il y a encore trop de traductions bibliques en langue française dont la révision de la langue tarde à advenir. Ces traductions se placent dans une situation paradoxale, à savoir qu’elles proposent aux lecteurs français un texte qui n’est parfois pas loin d’être une langue étrangère tant les mots qu’elles utilisent n’ont plus le sens qu’on leur donne aujourd’hui, voire n’ont plus de sens du tout. La nouvelle édition de la TMN, comme n’importe quelle édition biblique, a certainement ses défauts. Le but avoué de sa démarche étant une meilleure lisibilité, on peut gager que les défauts sont moindres. On peut discuter du choix qui l’a emporté concernant la traduction de certains versets sensibles, les arguments invoqués pour soutenir ces choix devraient faire évacuer le cliché selon lequel la TMN est celle qui a tous les torts. S’agissant d’une nouvelle édition, il ne reste plus qu’à la lire. Ce sera déjà lui donner la parole.

  7. David Garcia Hernandez permalink

    @Stéphane
    Je n’aime pas beaucoup me prêter à l’exercice de discuter sur internet… Je préfère le face-à-face, c’est toujours mieux. Mais puisque tu me demandes, je vais au moins répondre une fois.

    Dans la Bible Segond 1910, Phil. 2:6 se lit :

    « [Jésus] lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu,  »

    => Jésus n’a pas voulu se faire l’égal de Dieu.
    Le contexte du chapitre parle de l’humilité. On doit imiter Jésus qui n’a pas chercher à se faire plus grand qu’il ne l’est.

    La Nouvelle Bible Segond rend se passage :

    « il ne s’est pas prévalu d’un rang d’égalité avec Dieu »

    Et la Segond 21 :

    « il n’a pas regardé son égalité avec Dieu comme un butin à préserver »

    => soit disant Jésus est égal à Dieu mais ne veut pas profiter de cette égalité ou à la garder…

    Ces dernières révisions de la Segond 1910, ont carrément changé le texte pour que cela colle à leurs idées !

    Donc biais trinitariste.

    Quand à la première partie de la phrase :

    « [Jésus] lequel, existant en forme de Dieu »

    cela veut simplement dire que Jésus est un esprit tout comme Dieu.
    Ils ont la même forme.
    Les anges aussi sont des esprits, donc eux aussi ont la même forme d’existence que Dieu. Cfr Psaume 8:5,6 et Hébreux 2:7.

    Après tout, les chrétiens oints qui vont au Ciel,
    et donc ils auront eux aussi une nature divine car 2 Pierre 1:4.

    La TMN traduit bien ce passage, tout comme la Segond 1910, la Darby, et d’autres…
    Mais les révisions récentes de la Segond, ont déformé le texte pour appuyer leur croyance de la Trinité. Et ce n’est pas le seul verset déformé… il y en a plein d’autres !

    Et c’est complétement décevant de lire une (globalement bonne) bible quand certains versets importants ont été trafiqués par des trinitaires.

    Mais Alléluia ! La Traduction du Monde Nouveau révisée est là pour me redonner le gout de la lecture de la Parole de Dieu !

    Nota Bene:
    Jésus après sa résurrection, son retour au Ciel et avoir obtenu du Père une position encore meilleure en gloire, la Bible continue de dire que « le chef du Christ, c’est Dieu » montrant qu’il y a encore et toujours quelqu’un de plus grand et supérieur à Jésus Christ : Dieu Jéhovah !
    – 1 Cor. 11:3

  8. David Garcia Hernandez permalink

    Il n’y a pas d’égalité de fonction entre Jésus et Jéhovah !

    Jéhovah est son Dieu et Chef, donc Jésus adore Jéhovah et reçoit des ordres de Lui.
    Alors que Jésus est roi du Royaume que Jéhovah lui a prêté, il obéi à Jéhovah son Chef.

    S’il y avait égalité de fonction, Jésus n’aurait même pas à recevoir d’ordre de la part de Jéhovah…

    Il y a beaucoup de passages, mais un seul est suffisant après tout :
    1 Corinthiens 11:3

    Je n’y reviendrai plus. C’est assez clair comme cela.

  9. annat permalink

    Bonjour, peut-on dire que la version 95 est une version littéral et que la version 2013 est une version idiomatique?

    • areopage permalink

      Oui. Le bond d’une méthode littérale à une méthode à équivalence fonctionnelle (dite « idiomatique » ou « dynamique ») est assez étonnant. L’approche est assez différente, même si l’on trouve encore, très largement, un reliquat littéral.

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