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« Les voix de Dieu » (Exode 9.28)

by areopage on avril 10th, 2015

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Petite curiosité relevée à la lecture de l’Exode, lors de la septième plaie d’Egypte : lorsque Pharaon implore Moïse et Aaron de faire cesser la grêle et le tonnerre, on lit :

הַעְתִּירוּ אֶל יְהוָה וְרַב מִֽהְיֹת קֹלֹת אֱלֹהִים וּבָרָד וַאֲשַׁלְּחָה אֶתְכֶם וְלֹא תֹסִפוּן לַעֲמֹֽד

Implorez Jéhovah – c’est assez du tonnerre et de la grêle ! – et je vous renverrai, on ne vous retiendra plus !

Bien qu’on puisse se douter que les anciens interprétaient le tonnerre comme une manifestation divine, on est toujours surpris de tomber sur une expression de ce genre, « les voix de Dieu » (קֹלֹת אֱלֹהִים), ou peut-être dans la bouche de Pharaon, « les voix des dieux », d’autant que d’autres mots existent – comme רַעַם, tonnerre ou voix tonnante (grec βροντή, ἀστραπή, κεραυνός). On remarquera d’ailleurs que dans sa réponse, Moïse n’emploie que le terme הַקֹּלוֹת, sans « Dieu » (v.29). Les deux autres emplois des deux mots associés se trouvent en Deutéronome 4.33 et 5.26 pour désigner la « voix de Dieu » sortant du buisson ardent.

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4 Comments
  1. Cela me rappelle un passage du Pirke Avoth : « Chaque jour, une « bath-qol » crie du mont Horev « malheur à ceux qui méprisent la Thora »… » (cité de mémoire) et les érudits de questionner le terme « bath-qol »… écho, voix céleste… ?

  2. GFirmin permalink

    Bonjour. A toutes fins, et surtout parce qu’il ne semble guère « présent » sur le Net, je vous signale que le thème de la Bat Qôl « voix divine » est un des thèmes de recherche de José Costa, qui travaille essentiellement sur la littérature « rabbinique », midrashique, etc. Sauf erreur, il a dû publier un article sur le sujet dans la Revue des Etudes juives.

    G. F.

    • areopage permalink

      Merci. Je pense que je publierai une courte explication de cette bat qol.

  3. areopage permalink

    Très intéressant… Votre citation du Pirqé Aboth est contenue en m.Ab.6.2. Ce concept de bat qol (בַּת־קוֹל) n’est pas facile à cerner. J’ai toujours pensé qu’il s’agissait d’une élaboration rabbinique visant à expliquer la disparition de la prophétie (cf. b.Yoma 9b, t.Sota 13.2,4). Mais cela a l’air un peu plus compliqué…
    Hormis les fréquentes mentions rabbiniques (ex. b.Yoma 9b; b.ʿErub 13b; b.AZ 18a; b.Ber 61b…), on trouve mention de cette « voix divine » dans la littérature apocalyptique juive (ex. 3 Enoch 16.4), et certains l’identifient même à la φωνὴ ἐκ τοῦ οὐρανοῦ mentionnée dans le NT (Marc 1.11, 9.7, Jean 12.28, etc.). En Nombres 7.89 la tournure וַיִּשְׁמַע אֶת־הַקֹּול מִדַּבֵּר אֵלָיו , « et il entendait la Voix lui parler » (LXX τὴν φωνὴν κυρίου) indique une voix directe (cf. un peu plus loin dans le même verset וַיְדַבֵּר אֵלָי). De même en Daniel 4.28 : קָל מִן־שְׁמַיָּא, une voix du ciel.
    Mais cette « voix » a fini par poser des problèmes aux rabbins, qui ont décidé en dernier ressort que ce serait l’esprit logique et l’étude de la Torah plutôt que cette fille-de-voix, cette « voix-affaiblie », qui dicterait la halakha (cf. b.Ber.8.1-8,51b-64a, b. Erub 7a).
    Belle idée de post…

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