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La datation des plus anciens papyri du NT : critique de la paléographie théologique

by areopage on juillet 25th, 2013

Il est très difficile de dater un manuscrit non daté : on est souvent réduit à comparer les tracés (bookhands) classés par styles plus ou moins datés (style sévère, majuscule biblique, etc.). Sur les méthodes de datation et une bibliographie, cf. mon article sur le P52.

Il faut de plus toujours comparer ce qui est comparable : or les fragments littéraires du NT ne sont en principe pas comparables aux fragments documentaires que l’on possède par ailleurs, et qui, eux, sont parfois datés ou datables.

C’est ainsi que nombre de papyri du NT sont datés faute de mieux par des comparaisons entre eux, et quelques rapprochements hasardeux avec des catégories de documents bien différents. À cela il faut ajouter une certaine propension à dater certains fragments trop tôt, et ce pour des motifs théologiques.

L’article assez récent de P. Orsini et W. Clarysse, Early New Testament Manuscripts and Their Dates, se propose de ré-examiner cette pratique théologique pour la rendre plus paléographique. Déjà nous avions signalé les travaux de B. Nongbri sur ce même problème (cf. Grenfell and Hunt on the Dates of Early Christian Codices: Setting the Record Straight et The Use and Abuse of P52: Papyrological Pitfalls in the Dating of the Fourth Gospel) dans notre examen de la potentialité des nomina sacra dans le P52.

Ce qui est surtout intéressant dans leur travail, c’est qu’ils résument les différents scripts en fonction de leur date : ce qui peut servir de référence puisque des exemples sont donnés. Ainsi le P52 est comparé au P. Fay. 87, P. Flor. I 1 et PSI V 446.

Tout est bien documenté et la bibliographie cite les meilleurs ouvrages du domaine (et je sais d’expérience que ce n’est pas un luxe d’en faire mention tant les bons ouvrages de référence sont difficiles à trouver !).

À mon avis, ce genre d’initiative est recommandable, même si je trouve les conclusions des auteurs un peu extrêmes (cf. pp.468-472 pour la datation des 118 majuscules notamment). Je retiens surtout la date du P52, 125 – 175 AD, ce qui colle parfaitement avec mon propre sentiment.

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