{"id":414,"date":"2013-08-15T15:25:13","date_gmt":"2013-08-15T14:25:13","guid":{"rendered":"http:\/\/areopage.net\/blog\/?p=414"},"modified":"2018-09-07T17:59:22","modified_gmt":"2018-09-07T16:59:22","slug":"jean-1-1c-reponse-a-mjb","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/areopage.net\/blog\/2013\/08\/15\/jean-1-1c-reponse-a-mjb\/","title":{"rendered":"Jean 1.1c : R\u00e9ponse \u00e0 M. JB"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Jean 1.1 est un verset sensible. Il suscite des passions, des d\u00e9chirements, peut-\u00eatre m\u00eame de la haine &#8211; en tout cas, du m\u00e9pris. Cela me d\u00e9sole profond\u00e9ment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai pour l\u2019<em>\u00c9vangile de Jean<\/em> une affection particuli\u00e8re, et ce, de longue date. J&rsquo;en trouve la langue, le style, le message, profond\u00e9ment \u00e9vocateurs, suggestifs, fascinants. C&rsquo;est un \u00e9vangile qui est facile \u00e0 lire en grec biblique, et cela m&rsquo;a donn\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;en faire une traduction annot\u00e9e d&rsquo;un genre nouveau (du moins pour le public francophone) : plut\u00f4t que de proposer une traduction fondamentalement nouvelle, plut\u00f4t que de s&rsquo;essayer au commentaire th\u00e9ologique (ce dont je suis bien incapable), pourquoi ne pas cheminer avec Jean dans l&rsquo;apprentissage et la r\u00e9vision du grec biblique ? J&rsquo;ai donc commenc\u00e9 ce projet, et forc\u00e9ment par le plus d\u00e9plaisant : le magnifique prologue. D\u00e9plaisant ? C&rsquo;est que je suis lass\u00e9 des querelles. Des querelles telles qu&rsquo;on peut les d\u00e9couvrir dans les controverses christologiques des IIIe et IVe si\u00e8cles. Mais aussi des querelles modernes : ce verset parmi d&rsquo;autres est souvent oppos\u00e9 \u00e0 ceux qui contestent la \u00ab\u00a0divinit\u00e9 du Christ\u00a0\u00bb (au sens nic\u00e9en). Or, ce verset a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un examen minutieux des linguistes, des th\u00e9ologiens. Derni\u00e8rement, un important article est paru en ligne pour faire le point, dont <a title=\"Filolog\u00eda Neotestamentaria XXI (2008) d\u00e9sormais en ligne\" href=\"http:\/\/areopage.net\/blog\/2013\/07\/03\/filologia-neotestamentaria-xxi-2008-desormais-en-ligne\/\">je me suis fait l&rsquo;\u00e9cho<\/a> (et j&rsquo;y reviendrai). \u00c0 mon avis &#8211; m\u00eame s&rsquo;il reste encore beaucoup de pistes \u00e0 explorer &#8211; l&rsquo;essentiel a \u00e9t\u00e9 dit. Il est donc d\u00e9plaisant de traduire le prologue car il pousse \u00e0 \u00e9mettre des consid\u00e9rations qui sont pour moi d&rsquo;affligeantes banalit\u00e9s, et qui me laissent un go\u00fbt amer tant j&rsquo;ai lu et continue de lire des inepties \u00e0 ce sujet. Surtout, je m&rsquo;aper\u00e7ois qu&rsquo;on essaie de me prendre en d\u00e9faut sur des aberrations. Toujours avec une m\u00e9thode d&rsquo;une affligeante banalit\u00e9 : recours \u00e0 la grammaire, petite dose de mauvaise foi, r\u00e9f\u00e9rences non ma\u00eetris\u00e9es, et bien s\u00fbr m\u00e9pris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des aberrations ? Ce serait plus simple, il est vrai, si c&rsquo;\u00e9taient de pures aberrations. Mais c&rsquo;est un peu plus subtil : comme j&rsquo;accorde le b\u00e9n\u00e9fice du doute \u00e0 mes d\u00e9tracteurs, je pense qu&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de passages cit\u00e9s un peu vite, il y a surtout une incompr\u00e9hension qui se fonde sur le fait que, n&rsquo;\u00e9tant pas trinitaire, j&rsquo;ai <em>forc\u00e9ment<\/em> mal compris ce passage, comme d&rsquo;autres, son contexte, comme d&rsquo;autres. Que je fais un recours \u00e0 la grammaire tendancieux. Que j&rsquo;\u00e9lude certains auteurs, ou certains de leurs propos, \u00e0 mon avantage. Surtout, on essaie de me faire dire ce que je n&rsquo;ai pas dit : c&rsquo;est plus facile pour r\u00e9futer&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je n&rsquo;aime pas la pol\u00e9mique. Car je sais que ceux qui s&rsquo;y engagent, en plus de n&rsquo;\u00eatre pas toujours qualifi\u00e9s, ne le font pas pour se faire convaincre. Et puis c&rsquo;est vain. Quand on me pose des questions, je r\u00e9ponds volontiers (1 Pierre 3.15, cf. Philippiens 1.7). Mais je n&rsquo;aime pas engager la controverse. C&rsquo;est si loin de l&rsquo;esprit de l&rsquo;<em>\u00c9vangile de Jean, <\/em>de la lumi\u00e8re, du Christ !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, il est plus facile de pardonner \u00e0 l&rsquo;ignorance crasse qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;instruction d\u00e9voy\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Derni\u00e8rement, par \u00e9changes de mails interpos\u00e9s, j&rsquo;ai re\u00e7u une critique de 6 pages sur deux points de mon \u00e9bauche de traduction. Quand je dis \u00ab\u00a0\u00e9changes de mails interpos\u00e9s\u00a0\u00bb, je veux dire par-l\u00e0 que la critique ne m&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 adress\u00e9e personnellement. L\u00e0 encore, c&rsquo;est d\u00e9solant. En fait, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 avis\u00e9 de cette critique par une tierce personne. Or, la critique m&rsquo;a fait r\u00e9fl\u00e9chir et m&rsquo;a pouss\u00e9 \u00e0 reconsid\u00e9rer certains points : dans la formulation, pour \u00e9viter d&rsquo;\u00eatre incompris, ou dans la traduction (pour affiner dans le texte l&rsquo;analyse grammaticale que je retiens). Je n&rsquo;ai pas encore formalis\u00e9 ces r\u00e9flexions dans le document que je mets \u00e0 disposition <strong><span style=\"color: #ff0000;\"><a href=\"http:\/\/areopage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/FONTAINE_Evangile_De_Jean.pdf\"><span style=\"color: #ff0000;\">ici<\/span><\/a><\/span><\/strong>, pour que le lecteur se fasse sa propre id\u00e9e. Mais je reste bien s\u00fbr \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de toute critique, honn\u00eate et constructive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La critique vient de M. JB (voir <a href=\"http:\/\/areopage.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Jean-1.1c-R\u00e9ponse-\u00e0-Didier-Fontaine.pdf\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\">ici<\/span><\/strong><\/a>). Par respect, je tais son nom. Elle m&rsquo;agace parce que j&rsquo;y trouve, d&rsquo;une personne pourtant qualifi\u00e9e, des \u00e9l\u00e9ments&#8230; d&rsquo;une affligeante banalit\u00e9 : recours \u00e0 la grammaire, r\u00e9f\u00e9rences non ma\u00eetris\u00e9es, et une certaine forme de m\u00e9pris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>En deux mots<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;il faut r\u00e9sumer en deux mots, nous avons une approche diff\u00e9rente du texte. Tandis que mon interlocuteur a une approche dogmatique qui colle sur le texte une interpr\u00e9tation ult\u00e9rieure, je me contente de mon c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;approche philologique et linguistique. L&rsquo;approche qui est la mienne n&rsquo;est pas incompatible avec l&rsquo;approche dogmatique, qui doit venir dans un second temps. Mais introduire le dogme au moment de l&rsquo;analyse linguistique, c&rsquo;est faire violence \u00e0 l&rsquo;\u00c9criture. On ne peut mesurer l&rsquo;\u00c9criture \u00e0 l&rsquo;aune du dogme. Il faut imp\u00e9rativement faire l&rsquo;inverse. Or, tandis que mon approche n&rsquo;a pas de vis\u00e9e apolog\u00e9tique, mon interlocuteur s&#8217;emp\u00eatre dans une\u00a0<em>apologie confessionnelle<\/em>. Il est forc\u00e9 d&rsquo;introduire, trop t\u00f4t, des concepts sophistiqu\u00e9s, et de justifier laborieusement les paradoxes qu&rsquo;occasionnent son approche. En fait, je pense qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9coute pas le texte sereinement.\u00a0Pr\u00e9cision m\u00e9thodologique : dans ce qui suit, et pour ne pas pr\u00eater flanc \u00e0 une critique trop facile, je ne d\u00e9finis pas le dogme trinitaire autrement que par les mots de ceux-l\u00e0 m\u00eames qui le d\u00e9fendent. Jamais je n&rsquo;introduis une d\u00e9finition, ou une restitution, qui serait mienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>Recours \u00e0 la grammaire<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1. Analyse grammaticale<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M. JB prend la peine d&rsquo;ins\u00e9rer \u00e0 sa critique un petit scan de l&rsquo;ouvrage de D. B. Wallace, <em>The Basics of New Testament Syntax<\/em>. C&rsquo;est un r\u00e9sum\u00e9 de <em>Greek Grammar Beyond the Basics <\/em>(cit\u00e9 dans mon travail par le sigle conventionnel ESNT). J&rsquo;ai les deux ouvrages sur mon bureau, en bonne place, et depuis des ann\u00e9es. J&rsquo;ai aussi l&rsquo;ESNT dans <em>Logos<\/em> (v.3, et bient\u00f4t dans <a href=\"http:\/\/www.logos.com\/product\/32713\/zondervan-biblical-languages-collection\">la v.5<\/a>). Autant dire que je ne peux pas ignorer ce que dit Wallace d&rsquo;un verset quand j&rsquo;\u00e9tudie un verset&#8230; Ainsi, le fait de renvoyer \u00e0 ce r\u00e9sum\u00e9 me para\u00eet cocasse : non seulement, \u00e7a ne sert \u00e0 rien parce qu&rsquo;en lisant mon travail, on voit bien que je connais le fond du probl\u00e8me, mais en plus le fait que ce soit un r\u00e9sum\u00e9 pose un probl\u00e8me majeur : M. JB passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;analyse de Wallace ! Car JB affirme (p.3) que \u00ab\u00a0Wallace soutient que la juste compr\u00e9hension et traduction de Jean 1.1 est bien &lsquo;le Logos \u00e9tait Dieu'\u00a0\u00bb. Mais ce n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait exact. Selon Wallace, il faut retenir le caract\u00e8re qualitatif de \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 pour une traduction du type \u00ab\u00a0Ce que Dieu \u00e9tait, le Logos \u00e9tait\u00a0\u00bb (ou : l&rsquo;\u00e9tait aussi) ou \u00ab\u00a0le Logos \u00e9tait divin\u00a0\u00bb (ESNT : 269). \u00c7a, c&rsquo;est son c\u00f4t\u00e9 grammairien. Compte-tenu cependant que cela le d\u00e9range, il ajoute en note 31 (<em>ibid<\/em>.) :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Although I believe that \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 in 1.1c is qualitative, I think the simplest and most straightforward translation is, \u00ab\u00a0and the Word was God.\u00a0\u00bb It may be better to clearly affirm the NT teaching of the deity of Christ and then explain that he is not the Father, than to <em>sound<\/em> ambiguous on his deity and explain that he is God but is not the Father.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut bien comprendre ce qu&rsquo;il dit l\u00e0. Dans le paragraphe qui pr\u00e9c\u00e8de sa note, il passe en revue quelques traductions (NEB, Moffatt modifi\u00e9e) qui adoptent la nature qualitative de \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2, et ce, sans n\u00e9cessairement remettre en question la divinit\u00e9 du Christ (\u00ab\u00a0Such an option does not at all impugn the deity of Christ\u00a0\u00bb, <i>ibidem<\/i>). Il est donc d&rsquo;accord, en partie, avec ces autres choix. Mais pour lui, il y a danger. Danger que le texte traduit soit mal compris, ou que la divinit\u00e9 du Christ, telle qu&rsquo;il l&rsquo;entend, ne soit pas suffisamment \u00ab\u00a0clairement\u00a0\u00bb affirm\u00e9e.<b> Il prend donc le parti de sur-traduire<\/b>. Il <em>glisse<\/em> vers une interpr\u00e9tation fond\u00e9e sur des pr\u00e9suppos\u00e9s th\u00e9ologiques. Je comprends ses arguments et je respecte sa position. Mais dans ce cas il n&rsquo;est pas possible d&rsquo;en appeler \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 de Wallace en tant que grammairien pour \u00e9lucider Jean 1.1c. On remarquera d&rsquo;ailleurs que Wallace ajoute que le Logos avait la nature divine \u00ab\u00a0from eternity\u00a0\u00bb &#8211; l\u00e0 encore, il <em>glisse<\/em>. JB m&rsquo;accuse de \u00ab\u00a0tirer \u00e0 [moi] la grammaire\u00a0\u00bb (p.3) et \u00e9voque mes \u00ab\u00a0<em>a-priori<\/em> th\u00e9ologiques\u00a0\u00bb (p.4). Non seulement c&rsquo;est faux puisqu&rsquo;il reconna\u00eet lui-m\u00eame que Wallace et moi avons la m\u00eame analyse grammaticale du passage (p.2), mais il faut reconna\u00eetre en toute honn\u00eatet\u00e9 que c&rsquo;est en fait Wallace qui <em>glisse<\/em> vers l&rsquo;<em>a priori<\/em> th\u00e9ologique&#8230; Une autre fa\u00e7on de rendre la pens\u00e9e de Wallace est de dire : m\u00eame si \u00ab\u00a0le Logos \u00e9tait Dieu\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait ce que dit le texte, mieux vaut le dire ainsi et clarifier ce qu&rsquo;on entend par-l\u00e0 (conceptions nic\u00e9ennes&#8230;) parce que c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il faut comprendre le reste de l&rsquo;enseignement du NT, plut\u00f4t que de <em>para\u00eetre<\/em> ambigu et de faire une note pour expliquer ce dont il retourne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela permet de faire une d\u00e9duction de bon sens (mais que JB feint d&rsquo;ignorer) : il est impossible (voire nocif !) de traduire un texte vierge de pr\u00e9suppos\u00e9s. Ce n&rsquo;est pas un probl\u00e8me d&rsquo;honn\u00eatet\u00e9, c&rsquo;est un probl\u00e8me de m\u00e9thode : il faut tenir compte du contexte, de la macro-syntaxe comme il dit pompeusement &#8211; sans d&rsquo;ailleurs se rendre compte qu&rsquo;il se ridiculise un peu, non sur la forme, mais sur le fond (cf. <em>infra les versets qu&rsquo;il cite<\/em>). D&rsquo;ailleurs il insiste lui-m\u00eame sur le \u00ab\u00a0monoth\u00e9isme biblique\u00a0\u00bb (p.3), le \u00ab\u00a0contexte monoth\u00e9iste\u00a0\u00bb (p.4) : c&rsquo;est bien qu&rsquo;il reconna\u00eet qu&rsquo;il faut tenir compte de donn\u00e9es non pr\u00e9sentes dans le texte en consid\u00e9ration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois qu&rsquo;il a fait dire \u00e0 Wallace <strong>ce que Wallace ne dit pas exactement<\/strong> (recours \u00e0 un r\u00e9sum\u00e9 de grammaire oblige), JB encha\u00eene sur une incompr\u00e9hension totale de mon propos (p.3). Il cite en effet le passage o\u00f9, apr\u00e8s avoir succinctement \u00e9voqu\u00e9 Colwell, le mauvais usage de sa r\u00e8gle, les travaux de Dixon et ceux de Harner (en me fondant sur Wallace et ma propre analyse des travaux en question), je d\u00e9clare que \u00ab\u00a0Jean 1.1 est symptomatique des lectures th\u00e9ologiques op\u00e9r\u00e9es par les traducteurs. On tente de tirer \u00e0 soi la grammaire, pour appuyer une th\u00e9ologie, une christologie. Un examen attentif d\u00e9masque toutefois les raisonnements circulaires.\u00a0\u00bb C&rsquo;est bien ce que fait Wallace, malgr\u00e9 son talent de grammairien : il appuie une th\u00e9ologie trinitaire en d\u00e9pit de son analyse grammaticale irr\u00e9prochable. C&rsquo;est bien ce que Colwell a fait en partant d&rsquo;un principe m\u00e9thodologique erron\u00e9 : il n&rsquo;a pas cherch\u00e9 \u00e0 prouver le caract\u00e8re d\u00e9fini des pr\u00e9dicats nominatifs sans article pr\u00e9c\u00e9dant le verbe \u00eatre, il l&rsquo;a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 ! On (Metzger, Kuen, Boismard et bien d&rsquo;autres, cf. ma note 20) s&rsquo;est ensuite servi de ses travaux pour prouver ce qu&rsquo;il prenait comme&#8230; un pr\u00e9alable, un <em>a priori<\/em>. On tourne en rond&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, JB ne comprend pas ce que je dis : il pense que j&rsquo;accuse les traducteurs optant pour \u00ab\u00a0et le Logos \u00e9tait Dieu\u00a0\u00bb de faire un mauvais usage de la grammaire. <strong>Faux<\/strong>. J&rsquo;indique que cette traduction ne contrevient pas au sens, pour peu qu&rsquo;on retienne le caract\u00e8re qualitatif de \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 (p.7). J&rsquo;\u00e9voque seulement les fantasmes de ceux qui se pr\u00e9valent de la grammaire pour \u00e9tablir <strong>une certitude<\/strong>, alors que la grammaire n&rsquo;\u00e9tablit que des vraisemblances : du coup, <strong>M.\u00a0JB que je ne connaissais pas fait aussi partie de ceux-l\u00e0<\/strong> ! Et puis, la traduction \u00ab\u00a0et le Logos \u00e9tait Dieu\u00a0\u00bb me d\u00e9range en ce sens qu&rsquo;elle ne rend pas exactement le grec, la nature qualitative de \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2. En fran\u00e7ais, \u00ab\u00a0et le Logos \u00e9tait Dieu\u00a0\u00bb donne l&rsquo;impression que Dieu est d\u00e9fini (probl\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rent, probl\u00e8me s\u00e9mantique : cf. la petite le\u00e7on de M. JB qui, bien qu&rsquo;insultante, va aussi tourner au ridicule &#8211; cf. <em>infra<\/em>). Or Wallace s&rsquo;explique bien sur ce point : ce serait du sabellianisme, du modalisme&#8230; En fait, on ne peut pas comprendre cet \u00e9nonc\u00e9 en fran\u00e7ais si on n&rsquo;est pas pourvu des outils th\u00e9ologiques nic\u00e9ens pour le d\u00e9crypter sans h\u00e9r\u00e9sie ! Cocasse, n&rsquo;est-ce pas ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais en jouant sur les mots, ou avec d&rsquo;autres pr\u00e9suppos\u00e9s th\u00e9ologiques (comme les miens), on peut aussi comprendre \u00ab\u00a0et le Logos \u00e9tait Dieu\u00a0\u00bb comme \u00ab\u00a0et le Logos avait la nature de Dieu\u00a0\u00bb ou: \u00ab\u00a0et le Logos \u00e9tait de la m\u00eame classe que Dieu\u00a0\u00bb (c&rsquo;est ce qu&rsquo;essaie maladroitement de dire JB p.3 avec ses exemples de cheval, de m\u00e9decin&#8230;).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Est-ce que j&rsquo;attire donc la grammaire \u00e0 moi en proposant \u00ab\u00a0et dieu \u00e9tait le Logos\u00a0\u00bb ? Voil\u00e0 pour moi une occasion de souligner que cette proposition ne me satisfait pas pleinement. Mais elle est recevable pour les raisons suivantes :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; elle respecte le caract\u00e8re po\u00e9tique et suggestif du prologue,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; elle respecte l&rsquo;analyse grammaticale admise par \u00ab\u00a0la meilleure grammaire grecque actuelle du Nouveau Testament\u00a0\u00bb (JB, p.1),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; elle n&rsquo;est pas aussi ambigu\u00eb que \u00ab\u00a0et le Logos \u00e9tait Dieu\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;elle contient une donn\u00e9e s\u00e9mantique rendant l&rsquo;absence de l&rsquo;article (contrairement \u00e0 \u00ab\u00a0et le Logos \u00e9tait Dieu\u00a0\u00bb) : en fran\u00e7ais, la minuscule sur le terme \u00ab\u00a0dieu\u00a0\u00bb,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; elle n&rsquo;a pas besoin de s&rsquo;expliquer par des conceptions th\u00e9ologiques ult\u00e9rieures, bien qu&rsquo;elle soit compatible avec la th\u00e9ologie trinitaire (cf. <a href=\"http:\/\/biblio.ebaf.info\/cgi-bin\/koha\/opac-ISBDdetail.pl?biblionumber=213927\">Harner 1973 : 85-86<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autrement dit, elle est plus exacte que \u00ab\u00a0et le Logos \u00e9tait Dieu\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;elle indique que \u00ab\u00a0dieu\u00a0\u00bb est la qualit\u00e9, ou m\u00eame la nature du Logos, sans sugg\u00e9rer plus. Parce que ce \u00ab\u00a0plus\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas dans le texte. Si on l&rsquo;y met, on reviendra l&rsquo;y trouver \u00e0 loisir pour prouver quelque chose qui n&rsquo;y \u00e9tait pas \u00e0 l&rsquo;origine. On peut dire que \u00ab\u00a0dieu \u00e9tait le Logos\u00a0\u00bb comme on dit que \u00ab\u00a0Dieu est amour\u00a0\u00bb. L&rsquo;amour est une qualit\u00e9 de Dieu. On ne peut pas dire Dieu = Amour, ni Amour = Dieu, pas plus qu&rsquo;on ne peut dire Logos = Dieu et l&rsquo;inverse, Dieu = Logos. La qualit\u00e9 ne fait pas l&rsquo;identit\u00e9. C&rsquo;est une <strong>aberration intellectuelle<\/strong> que d&rsquo;introduire <em>ici <\/em>les concepts de personnes de la Trinit\u00e9 li\u00e9es dans l&rsquo;unicit\u00e9 divine : P\u00e8re, Fils, Saint Esprit. Expliquer Jean 1.1c \u00e0 cette lumi\u00e8re, c&rsquo;est en obscurcir la clart\u00e9 naturelle. Pour remettre en question la vision trinitaire de la christologie johannique, il faut reprendre les versets un \u00e0 un, mais en se gardant &#8211; autant que possible &#8211; d&rsquo;y incorporer des donn\u00e9es ext\u00e9rieures. Contexte, oui. Ex\u00e9g\u00e8se savante voire absconse, non.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2. Analyse s\u00e9mantique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans sa rubrique <em>La traduction de theos en Jean 1.1c<\/em>, JB fait \u00e9tat, maladroitement comme je l&rsquo;ai dit, de sa conception de Dieu, et de \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 en grec. L&rsquo;expos\u00e9 est r\u00e9dig\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re tr\u00e8s basique. Son all\u00e9gation la plus grave est la suivante :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, lorsque Jean affirme que<em> theos \u00e8n ho logos<\/em>, il emploie <em>theos<\/em> grammaticalement comme un attribut plac\u00e9 avant le verbe \u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0\u00bb pour lui donner un sens qualitatif (qui renvoie \u00e0 l&rsquo;essence) et s\u00e9mantiquement comme un nom qui d\u00e9signe tout ce que <em>theos<\/em> est dans le contexte de Jean. D&rsquo;o\u00f9 la traduction \u00ab\u00a0le Logos \u00e9tait Dieu\u00a0\u00bb. Traduire \u00ab\u00a0dieu \u00e9tait le Logos\u00a0\u00bb serait aussi erron\u00e9 que d&rsquo;affirmer que \u00ab\u00a0le P\u00e8re est dieu\u00a0\u00bb ! Comme si la nature ou l&rsquo;essence du seul vrai Dieu n&rsquo;\u00e9tait pas d&rsquo;\u00eatre Dieu mais seulement dieu !<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais si, on peut dire que le P\u00e8re est dieu, sans polyth\u00e9isme et sans h\u00e9r\u00e9sie ! Mais il est surtout et avant tout ce qu&rsquo;on entend par Dieu. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cette raison que, bien que je consid\u00e8re la traduction \u00ab\u00a0et le Logos \u00e9tait Dieu\u00a0\u00bb comme possible grammaticalement, je ne la retiens pas : en fran\u00e7ais comme en grec, elle induit en erreur (<strong>m\u00e9prise dans le r\u00e9f\u00e9rent<\/strong>, quand on n&rsquo;est pas, comme moi, \u00e9quip\u00e9 du d\u00e9codeur trinitaire). Et l\u00e0, il faut savoir lire JB attentivement : il est en train de dire que si on emploie \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 en Jean, le <strong>r\u00e9f\u00e9rent<\/strong> est forc\u00e9ment le Dieu Un (\u00ab\u00a0tout ce que <em>theos<\/em> est dans le contexte de Jean\u00a0\u00bb&#8230;). Mais JB qui renvoie plus loin \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2755001259\/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2755001259&amp;linkCode=as2&amp;tag=encyclopaed09-21\">Romerowski <\/a>a-t-il bien lu <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2755001259\/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2755001259&amp;linkCode=as2&amp;tag=encyclopaed09-21\">Romerowski <\/a>\u00a0? Citant Jean 1.1, <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2755001259\/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2755001259&amp;linkCode=as2&amp;tag=encyclopaed09-21\">Romerowski <\/a>explique \u00e0 titre d&rsquo;exemple que si \u03bb\u03cc\u03b3\u03bf\u03c2 a pour r\u00e9f\u00e9rent J\u00e9sus-Christ dans certains passages, il faut bien se garder de g\u00e9n\u00e9raliser (p.234) :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut donc se garder de confondre le sens de cette expression avec son r\u00e9f\u00e9rent particulier dans ce texte.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut en dire autant de \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 : selon la terminologie trinitaire, son r\u00e9f\u00e9rent n&rsquo;est pas toujours \u00ab\u00a0Dieu le P\u00e8re\u00a0\u00bb. Il peut d\u00e9signer des idoles, des humains, Satan. En Jean 1.1c, le \u03b8\u03b5\u1f78\u03c2 dans \u03b8\u03b5\u1f78\u03c2 \u1f26\u03bd \u1f41 \u03bb\u03cc\u03b3\u03bf\u03c2 n&rsquo;a pas pour r\u00e9f\u00e9rent le <em><strong>Dieu Un<\/strong><\/em>, mais renvoie \u00e0 la <em><strong>qualit\u00e9 divine<\/strong><\/em> du Logos. Nuance fondamentale !<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour l&rsquo;anecdote, m\u00eame Harner qui r\u00e9alise une brillante analyse de Marc 15.39 et Jean 1.1 laisse ses pr\u00e9suppos\u00e9s interf\u00e9rer gravement avec son analyse : en effet, il cite (p.85) B. Vawter pour tenter de donner une explication acceptable du point de vue trinitaire \u00e0 la traduction \u00ab\u00a0et la Parole \u00e9tait divine\u00a0\u00bb \u00e0 laquelle son \u00e9tude le conduit invariablement. Ce Vawter d\u00e9clare : \u00ab\u00a0The Word is divine, but he is not all of divinity, for he has already been distinguished from another divine Person\u00a0\u00bb. Harner qui cite donc Vawter qu&rsquo;il agr\u00e9e pr\u00e9cise m\u00eame sa pens\u00e9e : \u00ab\u00a0Undoubtedly Vawter means that the Word is &lsquo;divine&rsquo; in the same sense that <em>ho theos<\/em> is divine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ces affirmations, et vu le contexte, il y a un rare concentr\u00e9 d&rsquo;inepties.\u00a0D&rsquo;abord, le Logos est divin mais il n&rsquo;est pas \u00ab\u00a0all of divinity\u00a0\u00bb. Il faut savoir, l\u00e0 encore, d\u00e9crypter le jargon trinitaire. Cela veut dire que le Logos est Dieu mais pas tout ce que les trinitaires entendent par Dieu (P\u00e8re, Fils, Saint Esprit). Quand un trinitaire dit que \u00ab\u00a0le Logos est divin\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0le Logos a la nature de Dieu\u00a0\u00bb, il n&rsquo;entend pas autre chose que \u00ab\u00a0le Logos est Dieu\u00a0\u00bb (et l\u00e0, je ne d\u00e9finis pas ce que pense un trinitaire d&rsquo;apr\u00e8s mes standards ou ma compr\u00e9hension du dogme, mais par ce qu&rsquo;un trinitaire dit lui-m\u00eame du dogme qu&rsquo;il d\u00e9fend). Mais le probl\u00e8me, c&rsquo;est que Dieu est un concept o\u00f9 il y a <em>trois personnes \u00ab\u00a0divines\u00a0\u00bb <\/em>: le Logos ne peut donc pas repr\u00e9senter \u00ab\u00a0toute la divinit\u00e9\u00a0\u00bb. Par contraste avec la \u00ab\u00a0Personne divine\u00a0\u00bb (avec le P majuscule) pr\u00e9sent\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment (le P\u00e8re), le Logos ne peut donc \u00eatre qu&rsquo;une deuxi\u00e8me Personne divine (de la Trinit\u00e9). Pour supporter cette perspective, Harner \u00e9tablit une comparaison qui ne plaira gu\u00e8re \u00e0 M. JB : le P\u00e8re est \u00ab\u00a0divin\u00a0\u00bb dans le m\u00eame sens que le Logos est divin. L\u00e0-dessus, je le rejoins volontiers &#8211; mais on ne parle de la m\u00eame chose. D\u00e9j\u00e0 parce qu&rsquo;il y a une majuscule \u00e0 Personne que rien ne justifie, hormis des pr\u00e9conceptions discutables. Ensuite parce qu&rsquo;on n&rsquo;envisage pas ce qui est pourtant le sens obvie du texte : le Logos, personne distincte situ\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du P\u00e8re, est de m\u00eame nature que le P\u00e8re. Le texte ne dit pas que deux Personnes (d&rsquo;une triade ou \u00ab\u00a0triunit\u00e9\u00a0\u00bb) sont Dieu (r\u00e9f\u00e9rent : Dieu, P\u00e8re, Saint Esprit). Le texte dit au contraire : Dieu (\u00ab\u00a0toute la divinit\u00e9\u00a0\u00bb) et un Logos de m\u00eame nature que lui se trouvaient ensemble \u00ab\u00a0au commencement\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Harner, comme Wallace, c\u00e8de donc \u00e0 la tentation d&rsquo;imbriquer \u00e0 son analyse linguistique des donn\u00e9es th\u00e9ologiques totalement inutiles \u00e0 la d\u00e9monstration. Pour faire court, il essaie de faire du Dieu trin le r\u00e9f\u00e9rent de\u00a0\u03b8\u03ad\u03bf\u03c2, que ce\u00a0\u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 soit d\u00e9fini ou qualitatif. <strong>C&rsquo;est \u00e0 cette m\u00eame facilit\u00e9 que c\u00e8de M. JB, en pensant m&rsquo;\u00e9pingler sur la partie s\u00e9mantique de\u00a0\u03b8\u03ad\u03bf\u03c2<\/strong>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donc, non seulement JB a tort de m&rsquo;inviter sur le terrain s\u00e9mantique, mais il a tort encore quand il analyse ma mani\u00e8re \u00ab\u00a0bien arbitraire\u00a0\u00bb dit-il (p.4) de rendre \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2. Ce qui est encore cocasse, c&rsquo;est qu&rsquo;il donne lui-m\u00eame les billes pour se faire contredire. Il souligne en effet qu&rsquo;il faut garder un \u0153il sur la s\u00e9mantique. Je suis d&rsquo;accord ! Et sur la pr\u00e9sence ou non de l&rsquo;article. D&rsquo;accord aussi ! En effet il rappelle que \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 est \u00ab\u00a0assez d\u00e9fini par lui-m\u00eame et que par cons\u00e9quent (&#8230;) il n&rsquo;a pas besoin de l&rsquo;article pour \u00eatre d\u00e9fini\u00a0\u00bb. Enti\u00e8rement du m\u00eame avis, c&rsquo;est bien pour cela que \u03b8\u03b5\u03cc\u03c2 <strong>peut<\/strong> \u00eatre d\u00e9fini en Jean 1.1c (mais son grammairien pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 n&rsquo;adoube pas cette \u00e9ventualit\u00e9). Or ces pr\u00e9mices recevables lui permettent de glisser vers une aberration : il analyse ma traduction des versets 1b, 1c, 2, 6, 12, 13, 18a et 18b <strong>\u00e0 la lumi\u00e8re d&rsquo;une esp\u00e8ce de \u00ab\u00a0concordisme\u00a0\u00bb d&rsquo;un autre \u00e2ge, totalement herm\u00e9tique au contexte &#8211; qui extrapole un cas sensible et particulier \u00e0 des contextes bien diff\u00e9rents &#8211; et qui surtout oublie avantageusement ce que Wallace dit de\u00a0\u03b8\u03b5\u03cc\u03c2, \u00ab\u00a0assez d\u00e9fini par lui-m\u00eame\u00a0\u00bb.\u00a0<\/strong>Il se focalise sp\u00e9cialement sur ma traduction de 1.18 : \u00ab\u00a0<strong>un<\/strong> dieu seul engendr\u00e9\u00a0\u00bb. On dirait que pour lui \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 est forc\u00e9ment d\u00e9fini (m\u00eame s&rsquo;il sait que ce n&rsquo;est pas le cas). JB pense que je me fonde sur l&rsquo;absence de l&rsquo;article pour traduire de mani\u00e8re ind\u00e9finie. Mais c&rsquo;est <strong>faux.<\/strong>\u00a0Comme le r\u00e9f\u00e9rent de ce \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 est ici le \u03bb\u03cc\u03b3\u03bf\u03c2, et que l&rsquo;on sait par ailleurs que le seul vrai Dieu, c&rsquo;est le P\u00e8re (Jean 17.3), et qu&rsquo;il n&rsquo;y en a pas d&rsquo;autre (1 Corinthiens 8.5-6), le seul Dieu auquel pouvaient penser les destinataires de Jean, dans le \u00ab\u00a0contexte monoth\u00e9iste\u00a0\u00bb comme dirait M. JB, c&rsquo;est <strong>le<\/strong> Dieu Un : \u05d9\u05d4\u05d5\u05d4. Lui seul peut \u00eatre d\u00e9fini <em>par d\u00e9faut<\/em>. Or Jean introduit un <em>autre<\/em> personnage, pratiquement inconnu (non assimilable pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce qu&rsquo;on avait pu dire de la Pr\u00e9sence de Dieu, de sa Sagesse, etc.), dont, scandale ou non, il r\u00e9v\u00e8le la divinit\u00e9. Ce ne peut \u00eatre <strong>le<\/strong> Dieu <strong><em>seul engendr\u00e9<\/em><\/strong> (il n&rsquo;y en a pas de connu), mais <strong>un<\/strong> dieu<strong><em> seul engendr\u00e9<\/em><\/strong> : car le Dieu qu&rsquo;on connaissait n&rsquo;\u00e9tait pas connu pour avoir \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9. Par contre, si Jean pr\u00e9sente <strong>un Fils<\/strong> engendr\u00e9 (cf. \u1f41 \u03b3\u03b5\u03bd\u03bd\u03b7\u03b8\u03b5\u1f76\u03c2 \u1f10\u03ba \u03c4\u03bf\u1fe6 \u03b8\u03b5\u03bf\u1fe6 en 1 Jean 5.18 pour d\u00e9signer J\u00e9sus comme \u00ab\u00a0celui qui a \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9 de Dieu\u00a0\u00bb ; cf. <a href=\"http:\/\/www.editionsducerf.fr\/html\/fiche\/fichelivre.asp?n_liv_cerf=6881\">Morgen 2005 : 205<\/a>, <a href=\"http:\/\/books.google.fr\/books\/about\/Les_%C3%A9p%C3%AEtres_catholiques.html?id=QmiOAAAAMAAJ&amp;redir_esc=y\">Chaine 1922 : 239<\/a>, <a href=\"http:\/\/archive.org\/stream\/lequatrimeva00lois#page\/576\/mode\/2up\">Loisy 1921 : 577<\/a>, etc.), dieu par sa nature puisque engendr\u00e9 de Dieu, on comprend alors mieux le prologue, ainsi que le reste de l&rsquo;\u00e9vangile qui insiste moins sur la divinit\u00e9 de J\u00e9sus que sur <em><strong>sa filiation divine<\/strong><\/em>, et celle des humains qui le re\u00e7oivent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pareillement, Jean-Baptiste qui est pr\u00e9sent\u00e9 dans ce m\u00eame prologue l&rsquo;est <em>de mani\u00e8re ind\u00e9finie<\/em> : on ne saurait employer l&rsquo;article d\u00e9fini pour l&rsquo;introduire premi\u00e8rement (\u1f10\u03b3\u03ad\u03bd\u03b5\u03c4\u03bf \u1f04\u03bd\u03b8\u03c1\u03c9\u03c0\u03bf\u03c2, 1.6 : <strong>un<\/strong> homme&#8230;) : car si Jean-Baptiste ne devait pas \u00eatre fonci\u00e8rement inconnu, le r\u00f4le qui est le sien dans <em>Jean<\/em>, celui de pr\u00e9curseur, \u00e9tait une perspective <em>nouvelle<\/em> pour les nombreux disciples de ce proph\u00e8te.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non, M. JB, je ne suis pas servile de consid\u00e9rations bassement linguistiques, bien que j&rsquo;y pr\u00eate une minutieuse attention. Apr\u00e8s avoir expliqu\u00e9 ma traduction de 1.18 sur de mauvaises bases, JB encha\u00eene en supposant que je ne doit pas \u00ab\u00a0\u00eatre conscient du r\u00f4le de l&rsquo;article en grec\u00a0\u00bb. Il rappelle un point qui est exact mais qu&rsquo;il ne faut pas trop ench\u00e9rir : \u00ab\u00a0la fonction de l&rsquo;article [en grec] n&rsquo;est pas d&rsquo;abord de rendre une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9finie qui, sans l&rsquo;article, aurait \u00e9t\u00e9 ind\u00e9finie. Il existe au moins dix fa\u00e7ons de rendre un mot d\u00e9fini sans l&rsquo;article.\u00a0\u00bb (p.4 ; citation de ESNT : 209). <strong>Vrai<\/strong>. Mais il ne faut pas inverser les choses : certes, le grec n&rsquo;a pas besoin de l&rsquo;article pour qu&rsquo;un terme soit d\u00e9fini. Mais comment marquer l&rsquo;ind\u00e9finit\u00e9 dans ce cas ?\u00a0<strong>Et surtout, o\u00f9 voulez-vous en venir en citant Wallace sur ce point ?<\/strong> Sugg\u00e9rez-vous que \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 sans article en 1.1c est <strong>d\u00e9fini<\/strong> ? Non, bien s\u00fbr. En 1.18 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 pr\u00e9senter les choses ainsi, est-ce qu&rsquo;on n&rsquo;oublie pas quelques d\u00e9tails ?<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, l&rsquo;article grec a des emplois analogues \u00e0 ceux de l&rsquo;article d\u00e9fini du fran\u00e7ais; mais il est moins g\u00e9n\u00e9ralement employ\u00e9; le nom auquel il est joint d\u00e9signe un objet d\u00e9termin\u00e9 ou une classe d&rsquo;objets. (&#8230;) A l&rsquo;article ind\u00e9fini du fran\u00e7ais correspond d&rsquo;ordinaire en grec l&rsquo;absence de l&rsquo;article. <strong>Bizos<\/strong>, Syntaxe grecque \u00a71<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;omission ou l&#8217;emploi de l&rsquo;article dans un m\u00eame r\u00e9cit d\u00e9pend de la r\u00e9daction de chaque auteur. (&#8230;) L&rsquo;omission de l&rsquo;art. s&rsquo;explique aussi quand c&rsquo;est la qualit\u00e9 d&rsquo;une personne ou d&rsquo;une chose que l&rsquo;on consid\u00e8re plut\u00f4t que cette personne ou cette chose en soi (&#8230;). <strong>Abel<\/strong>, Grammaire du grec biblique \u00a729a<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;<em><strong>ind\u00e9finit\u00e9<\/strong><\/em> s&rsquo;exprime par le substantif <strong><em>nu<\/em> <\/strong>(&#8230;). On insiste volontiers \u00e0 l&rsquo;aide de l&rsquo;ind\u00e9fini \u03c4\u03b9\u03c2, \u03c4\u03b9. <strong>Carri\u00e8re<\/strong>, Stylistique grecque pratique, p.3. Outre \u03c4\u03b9\u03c2, on trouve aussi l&rsquo;usage de \u03b5\u1f37\u03c2, \u03bc\u03b9\u03ac, \u1f15\u03bd. Cf. Carrez 1985 \u00a729.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;article peut d\u00e9finir \u00e0 la fois l&rsquo;individu dont il est question et l&rsquo;ensemble des individus qui forment un groupe ou une esp\u00e8ce; inversement, l&rsquo;absence de l&rsquo;article implique une impossibilit\u00e9 (ou un refus) de d\u00e9finir un individu en particulier, ou est un moyen d&rsquo;exprimer l&rsquo;esp\u00e8ce en elle-m\u00eame, sans consid\u00e9rer les individualit\u00e9s qui la composent. Humbert, Syntaxe grecque \u00a759<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut continuer ainsi pendant longtemps (voir aussi <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/1850753792\/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=1850753792&amp;linkCode=as2&amp;tag=encyclopaed09-21\">Porter 1992 : 101 sq<\/a>, <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/052109237X\/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=052109237X&amp;linkCode=as2&amp;tag=encyclopaed09-21\">Moule 1971 : 115 sq<\/a>). M. JB qui me renvoie \u00e0 Wallace pour comprendre le r\u00f4le de l&rsquo;article (p.5 n6) ne voit-il pas que ce m\u00eame Wallace n&rsquo;a pas un discours aussi radical ou affirmatif que lui : \u00ab\u00a0When a substantive is anarthrous, it may have one of three forces : indefinite, qualitative, or definite. There are not clear-cut distinctions between these three forces, however.\u00a0\u00bb (ESNT : 243). Que ressort-il de ces citations ? Pr\u00e9cisons d&rsquo;abord que leur degr\u00e9 d&rsquo;autorit\u00e9 est moins important que la fr\u00e9quentation du texte grec, qui en font une \u00e9vidence. Ce dont il en ressort n\u00e9anmoins, c&rsquo;est que si l&rsquo;article grec et l&rsquo;article fran\u00e7ais ne se recoupent pas pr\u00e9cis\u00e9ment, malgr\u00e9 leurs nombreux points de contact, surtout sur le caract\u00e8re d\u00e9fini ou non d&rsquo;un terme inarticul\u00e9, il ne faut pas oublier que l&rsquo;absence de l&rsquo;article <strong>peut indiquer l&rsquo;ind\u00e9finit\u00e9<\/strong>. Il est \u00ab\u00a0malsain\u00a0\u00bb de citer Wallace comme M. JB fait, car cela peut induire en erreur. Ne nous bardons pas trop de certitudes, comme sugg\u00e8re Romerowski !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, le vrai probl\u00e8me ce n&rsquo;est pas la pr\u00e9sence, mais l&rsquo;absence de l&rsquo;article. Sur ce point il faut donc \u00eatre vigilant et ne pas \u00eatre d&rsquo;une logique machinale (les travaux de Dixon ou Harner, et m\u00eame de Wallace, concluent en termes statistiques, <strong><span style=\"text-decoration: underline;\">sans certitude aucune<\/span><\/strong>). Or JB soutient que d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 est qualitatif, de l&rsquo;autre que ce m\u00eame terme est d\u00e9fini. Il me reproche ma versatilit\u00e9, mais n&rsquo;est pas conscient de la sienne (parce qu&rsquo;il s&rsquo;autorise bien s\u00fbr \u00e0 tenir compte du contexte particulier et du contexte large du passage &#8211; ce qu&rsquo;il me refuse, inconsciemment sans doute). Or, pour les raisons \u00e9voqu\u00e9es plus haut je ne pense pas que \u03bc\u03bf\u03bd\u03bf\u03b3\u03b5\u03bd\u1f74\u03c2 \u03b8\u03b5\u1f78\u03c2 soit d\u00e9fini (bien que ce ne soit pas impossible &#8211; je ne suis pas cat\u00e9gorique). Et <strong>les variantes nombreuses sur la pr\u00e9sence ou non de l&rsquo;article en ce passage<\/strong> montrent que si JB a ses certitudes, d&rsquo;autres locuteurs du grec ont senti l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9, puisqu&rsquo;on trouve par exemple : \u03bc\u03bf\u03bd\u03bf\u03b3\u03b5\u03bd\u1f74\u03c2 \u03b8\u03b5\u1f78\u03c2, <strong>\u1f41<\/strong> \u03bc\u03bf\u03bd\u03bf\u03b3\u03b5\u03bd\u1f74\u03c2 \u03b8\u03b5\u1f78\u03c2, <strong>\u1f41<\/strong> \u03bc\u03bf\u03bd\u03bf\u03b3\u03b5\u03bd\u1f74\u03c2 \u03c5\u1f31\u1f78\u03c2, \u03bc\u03bf\u03bd\u03bf\u03b3\u03b5\u03bd\u1f74\u03c2 \u03c5\u1f31\u1f78\u03c2 \u03b8\u03b5\u03bf\u1fe6, <strong>\u1f41<\/strong> \u03bc\u03bf\u03bd\u03bf\u03b3\u03b5\u03bd\u1f74\u03c2. Pourquoi pr\u00e9f\u00e9rer la <em>lectio difficilior<\/em> ? Pourquoi les scribes dont on retient la le\u00e7on n&rsquo;ont-ils pas mis l&rsquo;article ? L\u00e0-dessus, on peut sp\u00e9culer (sans jamais oublier que l&rsquo;article n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire pour qu&rsquo;un terme soit d\u00e9fini), mais au final <strong>l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 d&rsquo;une expression ind\u00e9finie ne peut pas \u00eatre exclue<\/strong>, tout comme elle ne peut pas \u00eatre exclue en 1.1c (et voir par exemple la version copte ; cf. <a href=\"http:\/\/books.google.fr\/books?id=KQVtawZUhe8C&amp;lpg=PA2&amp;hl=fr&amp;pg=PA291#v=onepage&amp;q&amp;f=false\">Fontaine 2007 : 289-291, sp\u00e9cialement p.291<\/a>). Une fois le Logos monog\u00e8ne pr\u00e9sent\u00e9, on peut faire une mention anaphorique avec \u1f41 \u1f62\u03bd, ou bien avec \u1f10\u03ba\u03b5\u1fd6\u03bd\u03bf\u03c2. Mais il faut rappeler \u00e0 M. JB que l&rsquo;anaphore ne fonctionne qu&rsquo;une fois un sujet pr\u00e9sent\u00e9 premi\u00e8rement (cf. <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2296124534\/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2296124534&amp;linkCode=as2&amp;tag=encyclopaed09-21\">Fontaine 2010 : 116<\/a>). Sa remarque sur \u1f10\u03ba\u03b5\u1fd6\u03bd\u03bf\u03c2 ne tient donc pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ensuite, M. JB cite S. H. Levinsohn qu&rsquo;il a l&rsquo;air de conna\u00eetre &#8211; comme moi &#8211; indirectement. Par Romerowski ! Il pense peut-\u00eatre que je n&rsquo;ai pas lu Romerowski. <strong>Encore faux<\/strong>, cf. <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/product-reviews\/2755001259\/ref=dp_top_cm_cr_acr_txt?ie=UTF8&amp;showViewpoints=1\">mon commentaire Amazon<\/a>, r\u00e9dig\u00e9 quelques semaines apr\u00e8s ma premi\u00e8re lecture de Romerowski (et il y en a eu d&rsquo;autres depuis !). Que dit Levinsohn ?<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">lorsque l&rsquo;article est omis devant un substantif dont le r\u00e9f\u00e9rent est bien d\u00e9fini et a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9, ce r\u00e9f\u00e9rent est mis en relief (p. ex. le mot \u0398\u03ad\u03bf\u03c2, \u00ab\u00a0Dieu\u00a0\u00bb, en Ga. 2.19 ; 4.8-9 ; le mot \u03c0\u03bd\u03b5\u1fe6\u03bc\u03b1 en Ga 3.3 ou en Ac 8.15, 17, 19)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est du simple bon sens&#8230; Ironie du sort, Romerowski \u00e9met quelques doutes sur la propension de Levinsohn \u00e0 trouver des r\u00e8gles fig\u00e9es dans le marbre, en niant se faisant toute latitude personnelle, toute vari\u00e9t\u00e9 stylistique (p.501) :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">On se demande parfois si Levinsohn ne cherche pas de mani\u00e8re excessive \u00e0 tout expliquer, \u00e0 trouver des significations \u00e0 tout. Il part d&rsquo;ailleurs du principe que tout choix est significatif, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il existe des constructions par d\u00e9faut et que tout choix qui s&rsquo;\u00e9carte d&rsquo;une telle construction est significatif. Mais cet a priori est-il justifi\u00e9 ? Une certaine part de libert\u00e9 n&rsquo;intervient-elle pas dans l&rsquo;\u00e9criture, plut\u00f4t que la soumission \u00e0 des r\u00e8gles aussi strictes et compliqu\u00e9es ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je comprends d\u00e9sormais pourquoi Romerowski ne m&rsquo;avait donn\u00e9 envie d\u2019\u00e9tudier Levinsohn&#8230; La le\u00e7on est donc la suivante : il ne faut jamais se barder de certitude, encore moins sur un passage aussi sensible que Jean 1.18, et encore moins s&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;article en grec.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et cela m&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 examiner les trois versets que cite M. JB (pp.3-4) pour tenter de contredire ma traduction de Jean 1.1c : Philippiens 2.13, Luc 20.38, Romains 8.33. Or, ces exemples <b>n&rsquo;apportent rien<\/b>. \u00c0 quoi bon citer ces exemples pour tenter de montrer que \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2<i> <\/i>en attribut inarticul\u00e9 pr\u00e9c\u00e9dant le verbe ne doit pas \u00eatre rendu par \u00ab\u00a0dieu\u00a0\u00bb ? C&rsquo;est vain, et ce pour ces raisons :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>1.<\/b> Je n&rsquo;en fais pas une r\u00e8gle, mais c&rsquo;est le choix que je fais en Jean 1.1c, 18 exclusivement (cela a l&rsquo;air \u00e9vident, mais il ne faut pas extrapoler<em> un choix particulier<\/em> en essayant de trouver des versets qui \u00ab\u00a0contre-indiqueraient\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>2. <\/b>En Philippiens 2.13 <strong>il n&rsquo;est pas certain que \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2<i> <\/i>soit attribut<\/strong> (donc le parall\u00e8le avec Jean 1.1c est sp\u00e9culatif) !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Wallace l&rsquo;admet<\/strong> (ESNT : 264) : c&rsquo;est peut-\u00eatre le sujet, et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs si sugg\u00e9r\u00e9 s\u00e9mantiquement (eh oui, la s\u00e9mantique) qu&rsquo;un grand nombre de copistes (cf. variantes) ont ajout\u00e9 l&rsquo;article (\u00e0 moins qu&rsquo;il n&rsquo;y figurait originellement)&#8230; Je traduirais donc ce texte ainsi :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u03b8\u03b5\u1f78\u03c2 \u03b3\u03ac\u03c1 \u1f10\u03c3\u03c4\u03b9\u03bd \u1f41 \u1f10\u03bd\u03b5\u03c1\u03b3\u1ff6\u03bd \u1f10\u03bd \u1f51\u03bc\u1fd6\u03bd \u03ba\u03b1\u1f76 \u03c4\u1f78 \u03b8\u03ad\u03bb\u03b5\u03b9\u03bd \u03ba\u03b1\u1f76 \u03c4\u1f78 \u1f10\u03bd\u03b5\u03c1\u03b3\u03b5\u1fd6\u03bd \u1f51\u03c0\u1f72\u03c1 \u03c4\u1fc6\u03c2 \u03b5\u1f50\u03b4\u03bf\u03ba\u03af\u03b1\u03c2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car <strong>c&rsquo;est Dieu<\/strong> qui produit en vous le vouloir, et le faire, d&rsquo;apr\u00e8s sa volont\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>et non:<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">car celui qui produit en vous le vouloir et le faire <strong>est Dieu<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si on revient \u00e0 Levinsohn, on rel\u00e8ve qu&rsquo;ici \u03b8\u03b5\u1f78\u03c2 a pour r\u00e9f\u00e9rent le P\u00e8re, et qu&rsquo;il est donc bien d\u00e9fini \u00ab\u00a0par lui-m\u00eame\u00a0\u00bb. Ne portant pas l&rsquo;article, et plac\u00e9 avant le verbe, oui, je pense qu&rsquo;il y a <strong>une mise en relief<\/strong>. C&rsquo;est cette mise en relief qui invalide l&rsquo;exemple de M. JB : ce n&rsquo;est pas parall\u00e8le \u00e0 Jean 1.1c pour deux raisons : 1) contrairement \u00e0 Jean 1.1c, \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 est d\u00e9fini, 2) et il est sans doute sujet (cf. Stanley E. Porter, <i>Idioms of the Greek New Testamen<\/i>t, pp.196-197). Ce passage est aussi un bel exemple d&rsquo;infinitif articul\u00e9. Comme M. JB doute de mes comp\u00e9tences sur l&rsquo;article en grec, je le renvoie \u00e0 mon travail sur Philippiens 2.6, o\u00f9 je montre que si l&rsquo;article aux cas obliques a surtout une valeur s\u00e9mantique, c&rsquo;est le marquage syntaxique qui prime aux autres cas (y compris le \u00ab\u00a0cas\u00a0\u00bb particulier de son absence).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>3.<\/b> Luc 20.38 est \u00e9galement affaire de contexte. En 20.37, le sujet est d\u00e9sign\u00e9 par une citation d&rsquo;Exode 3.6. On parle de Dieu le P\u00e8re, du Seigneur Dieu (\u03ba\u03cd\u03c1\u03b9\u03bf\u03bd \u03c4\u1f78\u03bd \u03b8\u03b5\u1f78\u03bd). Pas d\u2019ambigu\u00eft\u00e9 possible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce verset illustre d&rsquo;ailleurs les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;article.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u03b8\u03b5\u1f78\u03c2 \u03b4\u1f72 \u03bf\u1f50\u03ba \u1f14\u03c3\u03c4\u03b9\u03bd \u03bd\u03b5\u03ba\u03c1\u1ff6\u03bd \u1f00\u03bb\u03bb\u1f70 \u03b6\u03ce\u03bd\u03c4\u03c9\u03bd (&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>TOB <\/b>: Dieu n&rsquo;est pas <b>le <\/b>Dieu des morts, mais des vivants (&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Bible de J\u00e9rusalem<\/b> : Or il n&rsquo;est pas <b>un <\/b>Dieu de morts, mais de vivants (&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>TMN<\/b>: Il est <b>un <\/b>Dieu, non pas des morts, mais des vivants<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Louis Segond<\/b> : Or, Dieu n&rsquo;est pas <b>X<\/b> Dieu des morts, mais des vivants (&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>NBS <\/b>: Or il n&rsquo;est pas <b>le<\/b> Dieu des morts, mais des vivants (&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Oltramare <\/b>: <b>Dieu <\/b>n&rsquo;est pas <b>Dieu <\/b>des morts, mais Dieu des vivants (&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains rajoutent des mots (Oltramare, TOB), d&rsquo;autres rendent le substantif d\u00e9fini (NBS, TOB), d&rsquo;autres non (BJ, TMN).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est difficile de trancher entre un \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 ind\u00e9fini ou d\u00e9fini.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Choisir \u00ab\u00a0il est le Dieu\u00a0\u00bb va mieux avec ce qui pr\u00e9c\u00e8de. Il est le m\u00eame Dieu pour chacun des patriarches cit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Choisir \u00ab\u00a0il est un Dieu\u00a0\u00bb permet d&rsquo;\u00e9tablir une v\u00e9rit\u00e9 plus g\u00e9n\u00e9rale, qui s&rsquo;extrait du cas particulier pr\u00e9cit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la nuance est subtile. Rien sur la nature de Dieu. Rien sur la s\u00e9mantique.<b> Le contexte seul dicte comment appr\u00e9hender la syntaxe.<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>3.<\/b> Romains 8.33 : c&rsquo;est un peu le m\u00eame probl\u00e8me que les deux cas pr\u00e9c\u00e9dents. Le contexte indique que \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 ici est d\u00e9fini (cf. \u1f41 \u03b8\u03b5\u1f78\u03c2 deux versets plus haut, en Romains 8.31, qui ne cesse d&rsquo;\u00eatre <b>le sujet, non l&rsquo;attribut<\/b> ; 8.32 sujet rappel\u00e9 par \u1f45\u03c2).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je r\u00e9cuse donc ces exemples. Ce sont des cas int\u00e9ressants de sujet\/attribut qui pr\u00e9c\u00e8dent le verbe \u03b5\u1f30\u03bc\u03af. En cela ils se rapprochent de Jean 1.1c. Mais aucun de ces exemples ne recoupent Jean 1.1c exactement, \u00e0 cause de leur contexte qui rend \u03b8\u03ad\u03bf\u03c2 d\u00e9fini.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>Plus g\u00e9n\u00e9ralement<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Pas tr\u00e8s sympathique&#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Outre les d\u00e9clarations inexactes au point de vue technique, il y a celles qui sont moins sympathiques humainement parlant. En effet, M. JB m&rsquo;accuse de passer \u00ab\u00a0sous silence\u00a0\u00bb (p.2) la longue analyse de Wallace, que je r\u00e9sume. En quelque sorte, il m&rsquo;accuse de trop r\u00e9sumer&#8230; Et non seulement de r\u00e9sumer, mais de ne pas innover ! Car il insiste sur le fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de nouveau : \u00ab\u00a0se trouve d\u00e9j\u00e0 dans Wallace\u00a0\u00bb (p.2), \u00ab\u00a0qui n&rsquo;ait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 soutenu\u00a0\u00bb (<em>ibidem<\/em>). Mais ce n&rsquo;est pas fair-play compte-tenu du fait que mon travail n&rsquo;a pas pour pour objet d&rsquo;entrer dans de longues consid\u00e9rations linguistiques ou th\u00e9ologiques, ni de refaire la roue, mais juste de permettre aux amoureux de grec biblique de faire un bout de chemin avec Jean. En fait, il cite ma <strong>note 20<\/strong>, qu&rsquo;il qualifie de \u00ab\u00a0br\u00e8ve allusion, sans r\u00e9f\u00e9rence pr\u00e9cise\u00a0\u00bb. Mais tandis que lui fait allusion aux travaux de Colwell, Dixon et Harner (que j&rsquo;\u00e9voque <strong>suffisamment<\/strong> par ailleurs), ma note 20 sert \u00e0 \u00e9num\u00e9rer des sp\u00e9cialistes qui qualifient de \u00ab\u00a0polyth\u00e9iste\u00a0\u00bb la traduction \u00ab\u00a0un dieu\u00a0\u00bb&#8230; Elle n&rsquo;a pas d&rsquo;autre objet ! <strong>Critique hors sujet, donc<\/strong>. <span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Pire<\/strong><\/span>, il n&rsquo;a pas vu qu&rsquo;en <strong>note 23<\/strong> je fais une r\u00e9f\u00e9rence on ne peut plus pr\u00e9cise : ESNT : 256-270.<strong> 15 pages ! \u00c0 quoi bon r\u00e9\u00e9crire 15 pages<\/strong>, d&rsquo;autant que je suis d&rsquo;accord avec Wallace sur l&rsquo;essentiel ? D&rsquo;ailleurs, je cite d&rsquo;autres r\u00e9f\u00e9rences : Carson, Decker.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>M\u00e9pris a priori<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon lui, je ne connais pas la \u00ab\u00a0macro-syntaxe du grec\u00a0\u00bb, ni le r\u00f4le de l&rsquo;article, ni la s\u00e9mantique. Faux sur tous les points, et j&rsquo;ajouterais car il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre mot : ridicule. C&rsquo;est tellement plus simple d&rsquo;imaginer que son interlocuteur est ignorant des fondamentaux : cela permet d&rsquo;y rester et de s&rsquo;y complaire. <strong>Mais j&rsquo;invite les trinitaires \u00e0 d\u00e9passer le stade de la na\u00efvet\u00e9 avec les personnes qui ne partagent pas leurs analyses.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>J\u00e9hova ?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme de nombreux, nombreux autres, M. JB se fait un devoir de faire une faute d&rsquo;orthographe sur un terme aussi courant, et facile (p.4 n5). Je ne me l&rsquo;explique pas.\u00a0Il est pourtant bien connu &#8211; en tout cas c&rsquo;est ce que rab\u00e2chent b\u00eatement les manuels les uns \u00e0 la suite des autres &#8211; que \u00ab\u00a0J\u00e9hovah\u00a0\u00bb serait une forme b\u00e2tarde du t\u00e9tragramme <strong>YHWH<\/strong> affubl\u00e9e dans voyelles d&rsquo;<em>Adonay <\/em>(\u05d0\u05d3\u05e0\u05d9). Cela devrait donc donner <strong>Y<\/strong>a<strong>H<\/strong>o<strong>W<\/strong>a<strong>H<\/strong> (et non pas <strong>Y<\/strong>e<strong>H<\/strong>o<strong>W<\/strong>a<strong>H<\/strong> contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;on voudrait faire croire en recourant, une fois de plus \u00e0 tort, \u00e0 une \u00ab\u00a0r\u00e8gle de grammaire\u00a0\u00bb). Enfin, quoi qu&rsquo;il en soit, cela se termine par un H.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Moralit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1) La traduction \u00ab\u00a0et dieu \u00e9tait le Logos\u00a0\u00bb est correcte, je le maintiens. Son seul probl\u00e8me est qu&rsquo;elle peut, elle aussi, \u00eatre mal comprise en fran\u00e7ais. Ce qui est positif, c&rsquo;est qu&rsquo;elle ne dit pas plus que ce que dit le texte. Mais il faut l&rsquo;entendre comme d\u00e9notant la nature du Logos (c&rsquo;est pourtant <strong>clairement indiqu\u00e9<\/strong> dans mon travail p.7 dans la foul\u00e9e !), ce que des personnes pourtant instruites ne parviennent pas \u00e0 comprendre. Si j&rsquo;\u00e9tais s\u00fbr que le prologue avait, \u00e0 son \u00e9poque, une ambigu\u00eft\u00e9 <em>choisie<\/em>, je n&rsquo;aurais aucune h\u00e9sitation \u00e0 la conserver. D&rsquo;ailleurs je pense que Jean a jou\u00e9 sur l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 pour introduire le Logos. Mais ce n&rsquo;est pas s\u00fbr : faut-il donc faire le choix d&rsquo;expliciter le sens pour les lecteurs ? J&rsquo;h\u00e9site beaucoup avec la traduction plus dynamique \u00ab\u00a0et divin \u00e9tait le Logos\u00a0\u00bb. Cela indique clairement que la valeur adjective, qualitative, est retenue. Bien s\u00fbr on lui opposera, en de mauvais raisonnements, l&rsquo;existence de \u03b8\u03b5\u1fd6\u03bf\u03c2. Mais elle est valable. Elle m&rsquo;ennuie simplement parce qu&rsquo;elle perturbe les parall\u00e9lismes si \u00e9vocateurs (mais qui n&rsquo;\u00e9voquent pas la m\u00eame chose \u00e0 tout le monde !), et surtout, parce qu&rsquo;elle nie aux lecteurs la finesse suffisante pour comprendre un texte ambigu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2) Je regrette que sur des sujets bibliques on soit aussi prompt \u00e0 d\u00e9tecter l&rsquo;ignorance d&rsquo;autrui, \u00e0 la pr\u00e9supposer, \u00e0 m\u00e9dire, mais pas frontalement. M\u00e9dire ? Oui, car de nombreuses d\u00e9clarations de M. JB, m\u00eame ench\u00e2ss\u00e9es dans un semblant de r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques r\u00e9centes, restent tout simplement fausses. Surtout, quand on critique, c&rsquo;est mieux de le faire en toute franchise, en vis-\u00e0-vis avec l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9. Avec si possible un peu d&rsquo;humilit\u00e9 (cf. Philippiens 2.3, Matthieu 7.3 &#8211; par l\u00e0, je ne sugg\u00e8re \u00ab\u00a0que\u00a0\u00bb, mais c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 beaucoup, le fait d&rsquo;\u00e9viter cette esp\u00e8ce de condescendance aga\u00e7ante).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3) La Trinit\u00e9 est un sujet tellement sensible qu&rsquo;elle focalise toute l&rsquo;attention. M. JB s&rsquo;est bien gard\u00e9 d&rsquo;\u00e9voquer d&rsquo;autres points que Jean 1.1c et Jean 1.18. Sur les 30 pages, n&rsquo;y avait-il que ce sujet \u00e0 \u00e9voquer ? C&rsquo;est bien que ce sujet est une grille de lecture d\u00e9formante. Sans doute ai-je aussi la mienne, \u00e0 un niveau ou \u00e0 un autre. Mais je r\u00e9cuse ceux qui se gaussent d&rsquo;\u00eatre vierges de pr\u00e9suppos\u00e9s &#8211; quand il est facile de prouver le contraire &#8211; et qui se permettent d&rsquo;analyser mon travail, ma traduction, avec un faisceau nic\u00e9en.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4) Un dernier mot sur sa <em>Une note dogmatique<\/em>. M. JB m&rsquo;\u00e9pargne le \u00ab\u00a0dossier johannique\u00a0\u00bb, la d\u00e9monstration \u00ab\u00a0biblique\u00a0\u00bb de la \u00ab\u00a0divinit\u00e9 du Christ\u00a0\u00bb (p.5). Comme on n&rsquo;\u00e9coute pas le texte pour ce que dit le texte, on est oblig\u00e9 de r\u00e9diger ce genre de note dogmatique, parce que l&rsquo;interpr\u00e9tation qu&rsquo;on soutient pose d&rsquo;\u00e9pineux probl\u00e8mes. Comment le Logos, \u00ab\u00a0vrai Dieu\u00a0\u00bb a-t-il pu devenir \u00ab\u00a0vrai homme\u00a0\u00bb ? Changerait-on de nature ? Pas possible ! Ah si, dans les d\u00e9moniaques \u00ab\u00a0cohabitent deux personnes de nature diff\u00e9rente\u00a0\u00bb (pp.5-6). Pense-t-il vraiment que les d\u00e9mons qui ont pris des humaines ont chang\u00e9 <em>de nature<\/em> (il cite Jude 6) ? Pense-t-il aux \u00ab\u00a0\u00e2mes doubles\u00a0\u00bb, aux \u00ab\u00a0ind\u00e9cis\/partag\u00e9s\u00a0\u00bb de Jacques 1.8, 4.8 (\u03b4\u03af\u03c8\u03c5\u03c7\u03bf\u03b9) ? Qualifierait-il de doc\u00e9tique toute lecture non trinitaire de <em>Jean<\/em> ?\u00a0Ce qu&rsquo;il faut surtout retenir, c&rsquo;est qu&rsquo;\u00e9videmment quand on importe des conceptions sophistiqu\u00e9es dans un texte relativement simple, il faut pouvoir l&rsquo;expliquer et ce n&rsquo;est pas une mince affaire : \u00ab\u00a0Car en J\u00e9sus la nature divine et la nature humaine sont unis (<em>sic<\/em>)\u00a0\u00bb (p.6).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M. JB qui ne souhaite pas aborder avec moi tout le \u00ab\u00a0dossier johannique\u00a0\u00bb \u00e9voque l\u00e0 un probl\u00e8me auquel j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 beaucoup r\u00e9fl\u00e9chi : si l&rsquo;on est trinitaire, l&rsquo;Incarnation pose le probl\u00e8me de la k\u00e9nose (sur ce point, la meilleure \u00ab\u00a0synth\u00e8se\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais est celle de P. Henry, art. K\u00e9nose, <em>Suppl\u00e9ment au Dictionnaire de la Bible<\/em>, vol. V : col. 7 &#8211; 161 ; voir aussi la bibliographie dans <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2296124534\/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2296124534&amp;linkCode=as2&amp;tag=encyclopaed09-21\">Fontaine 2010 : 163-174<\/a>). \u00c0 mon avis, c&rsquo;est le texte de Philippiens 2.6-11 qui est la cl\u00e9 de l&rsquo;\u00e9nigme. Tout y est ou presque : la nature divine du Logos, son abaissement, son exaltation (il acquiert un statut plus \u00e9lev\u00e9 qu&rsquo;initialement), la notion de second Adam et de serviteur souffrant d&rsquo;Isa\u00efe en filigrane (d&rsquo;o\u00f9 une ran\u00e7on correspondante et non disproportionn\u00e9e), et sa souverainet\u00e9 (il re\u00e7oit, apr\u00e8s sa r\u00e9surrection, le titre non \u00e9quivoque de <em>Kyrios<\/em>, Seigneur, cf. v.11).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean 1.1 est un verset sensible. Il suscite des passions, des d\u00e9chirements, peut-\u00eatre m\u00eame de la haine &#8211; en tout cas, du m\u00e9pris. Cela me d\u00e9sole profond\u00e9ment. J&rsquo;ai pour l\u2019\u00c9vangile de Jean une affection particuli\u00e8re, et ce, de longue date. J&rsquo;en trouve la langue, le style, le message, profond\u00e9ment \u00e9vocateurs, suggestifs, fascinants. 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