{"id":6970,"date":"2018-09-10T18:56:24","date_gmt":"2018-09-10T17:56:24","guid":{"rendered":"http:\/\/areopage.net\/blog\/?p=6970"},"modified":"2018-09-11T16:27:16","modified_gmt":"2018-09-11T15:27:16","slug":"tmn-revisee-2018-bis","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/areopage.net\/blog\/2018\/09\/10\/tmn-revisee-2018-bis\/","title":{"rendered":"TMN r\u00e9vis\u00e9e (2018) bis"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">En passant d&rsquo;une m\u00e9thode litt\u00e9rale de traduction \u00e0 une m\u00e9thode \u00e0 \u00e9quivalence fonctionnelle, la TMN 2018 n&rsquo;a sans doute pas fini de faire r\u00e9agir, voire de secouer de vieilles habitudes. Je propose de livrer ici des r\u00e9flexions compl\u00e9mentaires issues non seulement de mes p\u00e9r\u00e9grinations dans cette traduction, mais aussi des remarques formul\u00e9es par d&rsquo;autres lecteurs, que je remercie.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Fran\u00e7ais <em>vs<\/em> anglais<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>\n<p align=\"justify\">Il faut d\u00e9j\u00e0 remarquer que la version fran\u00e7aise n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait identique \u00e0 la version anglaise. Pour l&rsquo;indication des heures de la journ\u00e9e par exemple, la version fran\u00e7aise transpose l&rsquo;indication temporelle dans le syst\u00e8me fran\u00e7ais, tandis que la version anglaise conserve la couleur initiale ; ainsi <strong>Jean 4.52<\/strong>, \u00ab\u00a0vers une heure de l&rsquo;apr\u00e8s-midi\u00a0\u00bb\u00a0 est bien plus parlant que sa contrepartie anglaise \u00ab\u00a0at the seventh hour\u00a0\u00bb (\u00e0 la septi\u00e8me heure). Autres exemples en <strong>Matthieu 20.3, 5,6,9, 27.45-46, Marc 15.25,33-34, Luc 12.38, 23.44<\/strong> etc. A contrario le syst\u00e8me mon\u00e9taire n&rsquo;est pas transpos\u00e9 (ex. <em>mine<\/em> <strong>Luc 19.16<\/strong>, <em>talent<\/em> <strong>Matthieu 18.24<\/strong>, <em>denier<\/em>, <strong>Matthieu 20.2<\/strong> &#8211; sauf exception, ex. <em>quadrans<\/em> en <strong>Matthieu 5.26<\/strong> qui est rendu \u00ab\u00a0petite pi\u00e8ce\u00a0\u00bb (anglais \u00ab\u00a0small coin\u00a0\u00bb).<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"justify\">\u00a0D&rsquo;autres diff\u00e9rences tiennent aux conventions typographiques, ex. <strong>Gen\u00e8se 1.5<\/strong> \u00ab\u00a0Dieu appela la lumi\u00e8re &lsquo;jour'\u00a0\u00bb vs \u00ab\u00a0God called the light Day\u00a0\u00bb. On fait ainsi usage de guillemets en fran\u00e7ais, mais d&rsquo;une majuscule en anglais. L&rsquo;usage des guillemets n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas identique entre les deux langues (ex. <strong>Jean 9.41<\/strong>). On peut en dire de m\u00eame des italiques. L\u00e0 o\u00f9 la version anglaise privil\u00e9gie une \u00e9trange d\u00e9composition syllabique, la version fran\u00e7aise privil\u00e9gie la mise en italiques, ex.<strong> J\u00e9r\u00e9mie 39.3<\/strong> \u00ab\u00a0Nergal-Shar\u00e9z\u00e8r le <em>samgar<\/em>\u00a0\u00bb vs \u00ab\u00a0Ner\u2032gal-shar\u00b7e\u2032zer the Sam\u2032gar\u00a0\u00bb. En fran\u00e7ais, cela fait sens dans une certaine mesure : l&rsquo;italique permet d&rsquo;indiquer clairement que le terme est transcrit (puisque son sens est obscur), ce qui ne me para\u00eet pas aussi \u00e9vident dans la langue de Shakespeare. Ici d&rsquo;ailleurs une difficult\u00e9 textuelle (voire historique), indiqu\u00e9e en note, rend douteux le nombre exact de personnes mentionn\u00e9es ou la nature de leurs titres (sur ce point, voir en particulier <strong>CTAT 50\/2 : 725-728<\/strong>). On notera enfin qu&rsquo;entre la TMN 1995 et la TMN 2018, le nombre de personnes est pass\u00e9e de 5 \u00e0 3, sans doute pour de bonnes raisons.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"justify\">Dans certains cas la traduction diff\u00e8re l\u00e9g\u00e8rement, sans doute pour des raisons d&rsquo;usage en fran\u00e7ais, ex. \u00ab\u00a0Bonjour\u00a0\u00bb plut\u00f4t que \u00ab\u00a0Salutations\u00a0\u00bb (= \u00ab\u00a0Greetings\u00a0\u00bb) en <strong>Marc 15.18<\/strong> (idem <strong>Jean 19.3<\/strong>). Avec en note \u00ab\u00a0Nous te saluons\u00a0\u00bb (grec, \u03c7\u03b1\u03b9\u0342\u03c1\u03b5). Pour le coup, si le \u00ab\u00a0bonjour\u00a0\u00bb semble <em>a priori<\/em> plus fluide et idiomatique en fran\u00e7ais, il ne rend pas vraiment l&rsquo;ironie et le m\u00e9pris v\u00e9hicul\u00e9e par le contexte.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\"><strong>1995 <em>vs<\/em> 2018<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Quelques modifications notables sur le sens se rel\u00e8vent \u00e7\u00e0 et l\u00e0 :<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p align=\"justify\"><strong>1 Rois 4.26<\/strong>\u00a0[<strong>BHS\u00a05.6<\/strong>] : pr\u00e9c\u00e9demment rendu ainsi : \u00ab\u00a0Et Salomon eut <span style=\"color: #ff0000;\">quarante mille<\/span> <span style=\"color: #008000;\">\u00e9curies<\/span> de chevaux pour ses chars et douze mille <span style=\"color: #0000ff;\">cavaliers<\/span>.\u00a0\u00bb, le verset se lit d\u00e9sormais de la sorte : \u00ab\u00a0Salomon avait <span style=\"color: #ff0000;\">4 000<\/span> <span style=\"color: #008000;\">box<\/span> pour les chevaux qui tiraient ses chars, et 12 000 <span style=\"color: #0000ff;\">chevaux<\/span>.\u00a0\u00bb Quel genre de consid\u00e9rations ont motiv\u00e9 ce d\u00e9graissage en r\u00e8gle ? Peut-\u00eatre des consid\u00e9rations arch\u00e9ologiques, mais aussi le recours aux versions anciennes (qui est l\u00e9gitime). La note indique : \u00ab\u00a0Nombre figurant dans quelques manuscrits et dans le r\u00e9cit parall\u00e8le. Dans d&rsquo;autres manuscrits, on trouve 40 000\u00a0\u00bb. Le passage parall\u00e8le dont il est question est <strong>2 Chroniques 9.25<\/strong>\u00a0(voir aussi <strong>2 Chroniques 1.14<\/strong>). Pour ceux que la difficult\u00e9 intriguerait, cf. <strong>CTAT 50\/1 : 338-339<\/strong>.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"justify\"><strong>Gen\u00e8se 3.15<\/strong> : dans ce verset hautement pris\u00e9 des th\u00e9ologiens, Dieu s&rsquo;exprime ainsi :\u00a0 \u05d4\u059a\u05d5\u05bc\u05d0 <span style=\"color: #cc99ff;\">\u05d9\u05b0\ufb2a\u05d5\u05bc\u05e4\u05b0\u05da\u05b8\u05a3<\/span> \u05e8\u05b9\u0594\u05d0\ufb2a \u05d5\u05b0 \u05d0\u05b7\u05ea\u05bc\u05b8\u0596\u05d4 <span style=\"color: #cc99ff;\">\u05ea\u05bc\u05b0\ufb2a\u05d5\u05bc\u05e4\u05b6\u05a5\u05e0\u05bc\u05d5\u05bc<\/span> \u05e2\u05b8\u05e7\u05b5\u05bd\u05d1. <em>Il te <span style=\"color: #cc99ff;\">blessera<\/span>\u00a0\u00e0 la t\u00eate, et tu le\u00a0<span style=\"color: #cc99ff;\">blesseras<\/span> au talon.\u00a0<\/em>Le verbe utilis\u00e9 ici,\u00a0<span class=\"police_original\">\u05e9\u05c1\u05d5\u05bc\u05e3, l&rsquo;est deux fois. On pourrait donc \u00eatre tent\u00e9 de le traduire deux fois de la m\u00eame mani\u00e8re. C&rsquo;\u00e9tait le choix de la pr\u00e9c\u00e9dente version : \u00ab\u00a0Il te <span style=\"color: #0000ff;\">meurtrira<\/span> \u00e0 la t\u00eate et tu le <span style=\"color: #0000ff;\">meurtriras<\/span> au talon\u00a0\u00bb ; on lit d\u00e9sormais : \u00ab\u00a0Il <span style=\"color: #0000ff;\">t\u2019\u00e9crasera<\/span> la t\u00eate, et tu le <span style=\"color: #0000ff;\">blesseras<\/span> au talon\u00a0\u00bb. Parti pris ? Pas forc\u00e9ment. Si l&rsquo;on regarde le verbe en tant que tel, son sens para\u00eet \u00eatre \u00ab\u00a0<em>attaquer, assaillir<\/em>\u00a0\u00bb (cf. <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2wFf24H\">DHAB 380<\/a>), \u00ab\u00a0<em>\u00e9craser<\/em>\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0crush\u00a0\u00bb, <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2PwA1hO\">CDCH 454<\/a>\u00a0&#8211; <a href=\"https:\/\/www.sheffieldphoenix.com\/browse.asp?page=2&amp;auth=17&amp;order=1\">DCH 8 : 308<\/a>), \u00ab\u00a0<em>\u00e9craser, mordre ; envelopper<\/em>\u00a0\u00bb (<a href=\"https:\/\/amzn.to\/2Pxfolz\">ME 266<\/a>). Sander et Trenel indiquent comme sens \u00ab\u00a0<em>blesser, mordre, \u00e9craser ; envelopper, couvri<\/em>r\u00a0\u00bb (<a href=\"https:\/\/archive.org\/stream\/SanderTrenel_DictionnaireHebreuFrancais#page\/n754\/mode\/1up\">ST 737<\/a>) et traduisent le <em>locus<\/em> ainsi : \u00ab\u00a0il t&rsquo;\u00e9crasera la t\u00eate, et toi tu lui mordras le talon\u00a0\u00bb. Le verbe est simplement <em>adapt\u00e9<\/em> selon qu&rsquo;il est question d&rsquo;un humain ou d&rsquo;un serpent (<em>idem<\/em> dans la Vulgate qui emploie une fois <em>contero<\/em>, l&rsquo;autre fois <em>insidio<\/em>\u00a0;\u00a0 la LXX de son c\u00f4t\u00e9 utilise deux fois \u03c4\u03b7\u03c1\u03b5\u0301\u03c9 ; cf. <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2CbMGoL\">LBA 1 : 109<\/a>). En fait le verbe a les deux sens distincts d&rsquo;<em>\u00e9craser<\/em> et de\u00a0<em>mordre<\/em>. Il y a donc, peut-\u00eatre, un jeu de mots sur les deux sens possibles du verbe. G\u00e9n\u00e9ralement, on le sait, un terme ne prend qu&rsquo;un <em><strong>seul sens<\/strong><\/em> dans un contexte particulier (cf. <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2Qjd7M4\">Louw 1982 : 35<\/a>). Mais le jeu de mots est l&rsquo;exception notoire \u00e0 la r\u00e8gle. Le choix de varier le sens<\/span><span class=\"police_original\">, qui n&rsquo;est pas pour d\u00e9plaire au g\u00e9nie de la langue fran\u00e7aise, est suivi par d&rsquo;autres traductions modernes (<em>BJ, BFC, NBS, NEG, Semeur, Rabbinat<\/em> ; cf. <a href=\"http:\/\/areopage.net\/blog\/2018\/03\/10\/bible-detude-semeur-excelsis-2018\/\">Semeur 2018 : 19<\/a>).<\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"justify\">Une traduction <strong>inclusive<\/strong> est g\u00e9n\u00e9ralement favoris\u00e9e. En <strong>Gen\u00e8se 1.26<\/strong> le fameux \u00ab\u00a0Faisons l&rsquo;<span style=\"color: #0000ff;\">homme<\/span> \u00e0 notre image\u00a0\u00bb (\u05e0\u05b7\u05bd\u05e2\u05b2\ufb2b\u05b6\u05a5\u05d4 <span style=\"color: #0000ff;\">\u05d0\u05b8\u05d3\u05b8\u059b\u05dd<\/span> \u05d1\u05bc\u05b0\u05e6\u05b7\u05dc\u05b0\u05de\u05b5\u0596\u05e0\u05d5\u05bc) de l&rsquo;ancienne version devient \u00ab\u00a0Faisons l&rsquo;<span style=\"color: #0000ff;\">\u00eatre humain<\/span> \u00e0 notre image\u00a0\u00bb. Le terme\u00a0\u05d0\u05b8\u05d3\u05b8\u05dd signifie effectivement \u00ab\u00a0\u00eatre humain\u00a0\u00bb au sens large en plus du sens particulier \u00ab\u00a0homme\u00a0\u00bb &#8211; quand il n&rsquo;est pas pris pour le c\u00e9l\u00e8bre nom propre \u00ab\u00a0Adam\u00a0\u00bb. On le constate avec \u00e9vidence au verset suivant (<strong>Gen\u00e8se 1.27<\/strong>), o\u00f9 l&rsquo;\u00eatre humain (\u05d0\u05b8\u05d3\u05b8\u05dd ) est distingu\u00e9 par ses deux genres, <em>homme<\/em> et <em>femme<\/em> (\u05d6\u05b8\u05db\u05b8\u05a5\u05e8 \u05d5\u05bc\u05e0\u05b0\u05e7\u05b5\u05d1\u05b8\u0596\u05d4). Cependant d&rsquo;autres cas impliquant le m\u00eame terme peuvent \u00eatre d\u00e9licats, comme <strong>Gen\u00e8se 2.5, 7, 15, 18, 22<\/strong>, o\u00f9 le m\u00eame terme\u00a0\u05d0\u05b8\u05d3\u05b8\u05dd\u00a0 figure, sans \u00eatre traduit \u00ab\u00a0\u00eatre humain\u00a0\u00bb, quand il le pourrait parfois. Sur ce point, cf. <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2MfY6aH\">Babut 1997 : 111<\/a>.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\"><b>Choix de traduction<\/b><\/p>\n<ul>\n<li>\n<p align=\"justify\">En choisissant de faire dispara\u00eetre certains mots comme <em>sh\u00e9ol<\/em> ou <em>had\u00e8s<\/em>, la TMN 2018 favorise l&rsquo;intelligibilit\u00e9 en fran\u00e7ais. Ces deux vocables ne signifient en effet pas grand-chose pour le commun des mortels, si je puis dire, et le terme \u00ab\u00a0had\u00e8s\u00a0\u00bb est m\u00eame susceptible d&rsquo;avoir des connotations nuisibles (les fans de mangas comprendront). Il est donc l\u00e9gitime de chercher une fa\u00e7on de le traduire, et le terme \u00ab\u00a0tombe\u00a0\u00bb fait plut\u00f4t bien l&rsquo;affaire. Seulement la TMN 2018 prend le parti d&rsquo;utiliser une majuscule \u00ab\u00a0Tombe\u00a0\u00bb pour distinguer<em> sh\u00e9ol\/had\u00e8s<\/em> (compris comme un lieu symbolique, une condition, d&rsquo;inactivit\u00e9 et d\u2019inconscience ; cf. lexique p.1832) et d&rsquo;autres sortes de tombes (les s\u00e9pulcres), ex. <strong>Gen\u00e8se 37.35<\/strong> vs <strong>35.20<\/strong>. Cela fait sens si l&rsquo;on est bien assur\u00e9 que <em>sh\u00e9ol<\/em> et <em>had\u00e8s<\/em> d\u00e9signent la m\u00eame chose, mais l&rsquo;usage de la majuscule en fran\u00e7ais a la f\u00e2cheuse tendance de personnifier le concept, ce qui en la mati\u00e8re est contre-indiqu\u00e9. Le lecteur n&rsquo;est toutefois pas d\u00e9pourvu, dans la mesure o\u00f9 le renvoi au lexique semble syst\u00e9matique dans le cas de \u00ab\u00a0Tombe\u00a0\u00bb avec majuscule.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;indication <em>syst\u00e9matique<\/em> des choix en note est une f\u00e2cheuse id\u00e9e qui peut d&rsquo;ailleurs venir \u00e0 l&rsquo;esprit du lecteur. En effet une des caract\u00e9ristiques de la TMN 2018, c&rsquo;est d&rsquo;indiquer en note une traduction alternative, la plupart du temps la contrepartie <em>litt\u00e9rale<\/em>, qui correspond souvent, pour ne pas dire toujours, \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente version. C&rsquo;est amusant car on a l&rsquo;impression que c&rsquo;est une mani\u00e8re de justifier le choix op\u00e9r\u00e9, de l&rsquo;exorciser&#8230; En somme on pr\u00e9sente pattes blanches en indiquant le mot \u00e0 mot, comme si ce mot \u00e0 mot avait plus de sens, ou un sens plus&#8230; \u00ab\u00a0authentique\u00a0\u00bb. Si l&rsquo;on peut ais\u00e9ment comprendre cette tendance &#8211; et la TMN 2018 n&rsquo;est bien s\u00fbr pas la seule \u00e0 se pr\u00eater \u00e0 cet exercice -, il faut souligner qu&rsquo;elle pr\u00e9sente quelques inconv\u00e9nients : <strong>1)<\/strong> si l&rsquo;on adopte une m\u00e9thode par \u00e9quivalence fonctionnelle, il faut l&rsquo;assumer jusqu&rsquo;au bout ; \u00e0 d\u00e9faut on peut donner l&rsquo;impression (ou l&rsquo;exacerber) que quelque-chose du texte n&rsquo;a pas pu passer dans la traduction, <strong>2)<\/strong>\u00a0l&rsquo;appareil de note peut laisser croire alors que <em>tous<\/em> les choix un peu d\u00e9licats sont expliqu\u00e9s, ce qui est \u00e9videmment impossible, <strong>3)<\/strong>\u00a0effet subsidiaire, un lecteur un peu exigeant (ou tr\u00e8s habitu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ancienne version), pourrait \u00eatre tent\u00e9 de retrouver tous ses petits en bas de page, et s&rsquo;\u00e9tonner de leur absence au gr\u00e9 des cas, voire y deviner un sens th\u00e9ologique. De plus, la TMN 2018 prend le soin d&rsquo;\u00e9viter globalement le mot \u00ab\u00a0\u00e2me\u00a0\u00bb pour rendre\u00a0\u05e0\u05b6\u05e4\u05b6\u05e9\u05c1 ou\u00a0\u03c8\u03c5\u03c7\u03ae, car il est connot\u00e9 et il appauvrit consid\u00e9rablement les r\u00e9alit\u00e9s d\u00e9sign\u00e9es par ces deux termes (cf. lexique, p.1801 ; <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2wFf24H\">DHAB 251<\/a>). De surcro\u00eet, des choix de principe peuvent se r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 double-tranchant en mati\u00e8re de traduction. Si l&rsquo;on compare <strong>Gen\u00e8se 1.20<\/strong> et <strong>Gen\u00e8se 2.7<\/strong>, on constate que les deux versets emploient la m\u00eame expression <em>n\u00e9ph\u00e8sh chayah<\/em> (<em>\u00e2me vivante\/\u00eatre vivant<\/em>) pour parler aussi bien des animaux que des humains ; dans le premier cas, l&rsquo;expression\u00a0\u05db\u05bc\u05b8\u05dc\u05be\u05e0\u05b6\u05a3\u05e4\u05b6\ufb2a \u05d4\u05b7\u05bd\u05d7\u05b7\u05d9\u05bc\u05b8\u05a3\u05d4, est traduite par \u00ab\u00a0tous les animaux\u00a0\u00bb alors qu&rsquo;on pourrait dire mieux encore \u00ab\u00a0tous les \u00eatres vivants\u00a0\u00bb (ex. NBS), avec une note indiquant \u00ab\u00a0\u00e2mes vivantes\u00a0\u00bb ; et dans le second cas la m\u00eame expression\u00a0\u05d9\u05b0\u05d4\u05b4\u05a5\u05d9 \u05d4\u05b8\u05bd\u05d0\u05b8\u05d3\u05b8\u0596\u05dd \u05dc\u05b0\u05e0\u05b6\u05a5\u05e4\u05b6\ufb2a \u05d7\u05b7\u05d9\u05bc\u05b8\u05bd\u05d4 est traduite avec \u00e0-propos \u00ab\u00a0et l&rsquo;homme devint un \u00eatre vivant\u00a0\u00bb, avec en note \u00ab\u00a0Ou &lsquo;une \u00e2me&rsquo;, &lsquo;une personne&rsquo;. H\u00e9breu, <em>n\u00e9ph\u00e8sh<\/em>, qui signifie litt. &lsquo;cr\u00e9ature qui respire&rsquo; Voix lexique (\u00c2me)\u00a0\u00bb. On a dit double-tranchant car rien ne justifie vraiment la perte du sens constat\u00e9e, m\u00eame dans une version non litt\u00e9rale. Et pire, le choix op\u00e9r\u00e9 pousse \u00e0 justifier par le recours \u00e0 l&rsquo;\u00e9tymologie le sens du vocable\u00a0\u05e0\u05b6\u05e4\u05b6\u05e9\u05c1 dont le \u00ab\u00a0sens litt\u00e9ral\u00a0\u00bb indiqu\u00e9 est tout \u00e0 fait discutable (pour ne pas dire h\u00e9r\u00e9tique du point de vue linguistique). Loin de moi l&rsquo;id\u00e9e de sombrer dans le <em>concordisme<\/em>, \u00e0 vouloir traduire un m\u00eame terme de mani\u00e8re identique et quels que soient les contextes, car bien s\u00fbr un m\u00eame mot peut prendre des acceptions diff\u00e9rentes selon les contextes (cf. notamment <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2CoSuLu\">Babut 2015 : 68-69<\/a>). Mais enfin ce peut \u00eatre utile, comme dans notre <em>locus<\/em>, si la <em>m\u00eame<\/em> acception est en vue (<a href=\"https:\/\/amzn.to\/2CoSuLu\"><em>ibidem<\/em>, p.75<\/a>).<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"justify\">Plus d\u00e9licat encore est le cas du terme <strong>\u05d7\u05b6\u05e1\u05b6\u05d3<\/strong>, que certains ont tant\u00f4t pens\u00e9 trop riche pour \u00eatre traduit convenablement (<a href=\"https:\/\/amzn.to\/2wFf24H\">DHAB 133<\/a>), ce qui est absurde car le vocable a plut\u00f4t <em>un sens g\u00e9n\u00e9ral<\/em>, comme on peut s&rsquo;en persuader \u00e0 la lecture des formules liturgiques \u05dc\u05b0\u05e2\u05d5\u05b9\u05dc\u05b8\u05a3\u05dd \u05d7\u05b7\u05e1\u05b0\u05d3\u05bc\u05bd\u05d5\u05b9 dans les <strong>Psaumes 118<\/strong> et <strong>136<\/strong> notamment (cf. <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2oWeaVW\">Romerowski 2011 : 199-200, 237<\/a>). La TMN 2018 prend le parti de le traduire r\u00e9guli\u00e8rement par \u00ab\u00a0amour fid\u00e8le\u00a0\u00bb. Mais c&rsquo;est un parti pris tr\u00e8s risqu\u00e9, pour ne pas dire regrettable. En fait cette id\u00e9e de \u00ab\u00a0loyaut\u00e9\u00a0\u00bb qui est <em>greff\u00e9e<\/em> aux sens bien connus du terme, \u00e0 savoir \u00ab\u00a0amour\u00a0\u00bb (mais aussi \u00ab\u00a0bont\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0bienveillance\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0faveur\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0mis\u00e9ricorde\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0gr\u00e2ce\u00a0\u00bb ; LXX \u03b5\u0313\u0301\u03bb\u03b5\u03bf\u03c2, cf. <a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/1519263\">Romerowski 1990 : 89<\/a>), vient de la th\u00e8se de <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2CPCUZR\">Glueck 1967<\/a>, que d&rsquo;autres comme <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2CCzdGH\">Clark 1993<\/a>\u00a0et <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2Mh8YVL\">Sakenfield 2002<\/a> ont d\u00e9velopp\u00e9e. Elle se fonde sur une analyse lexicologique pr\u00e9sentant des erreurs de m\u00e9thode. Il n&rsquo;est pas lieu ici d&rsquo;entrer dans tous les d\u00e9tails. Disons simplement que l&rsquo;erreur principale concerne ce qu&rsquo;on nomme le \u00ab\u00a0<strong>transfert de totalit\u00e9 ill\u00e9gitime<\/strong>\u00a0\u00bb du sens (cf. <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2CF7RQi\">Barr 1971 : 245<\/a>), qui consiste \u00ab\u00a0\u00e0 reporter sur un mot des significations v\u00e9hicul\u00e9es par certains des contextes dans lesquels ce mot appara\u00eet\u00a0\u00bb (<a href=\"https:\/\/amzn.to\/2oWeaVW\">Romerowski 2011 : 257<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/1519263\">1990 : 92<\/a>). Par exemple le fait que\u00a0\u05d7\u05b6\u05e1\u05b6\u05d3 figure r\u00e9guli\u00e8rement en parall\u00e8le avec le vocable\u00a0\u05d0\u05b1\u05de\u05b6\u05ea (<strong>Gen\u00e8se 24:27, 2 Samuel 15:20, 1 Rois 3:6, Psaumes 25:10, 40:11, 89:14, 115:1, 117:2, 138:2, Proverbes 3:3, 14:22, 16:6, 20:28, Os\u00e9e 4:1<\/strong>), ou plus \u00e9troitement encore dans l&rsquo;expression\u00a0\u05d7\u05b6\u05a7\u05e1\u05b6\u05d3 \u05d5\u05bd\u05b6\u05d0\u05b1\u05de\u05b6\u059b\u05ea (<strong>Gen\u00e8se 24:49, 47:29, Exode 34:6, Josu\u00e9 2:14, 2 Samuel 2:6, 15:20<\/strong>, <strong>Psaumes 61:8, 89:15<\/strong>) a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 comme le signe d&rsquo;un sens identique. On a notamment vu dans cette expression\u00a0\u05d7\u05b6\u05a7\u05e1\u05b6\u05d3 \u05d5\u05bd\u05b6\u05d0\u05b1\u05de\u05b6\u059b\u05ea un <em>hendiadys<\/em>, \u00e0 savoir une unit\u00e9 de sens du type \u00ab\u00a0amour loyal\u00a0\u00bb. C&rsquo;est bien vrai. Mais c&rsquo;est le terme\u00a0\u05d0\u05b1\u05de\u05b6\u05ea qui porte en lui le trait s\u00e9mantique \u00ab\u00a0loyaut\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0fid\u00e9lit\u00e9\u00a0\u00bb, et non\u00a0\u05d7\u05b6\u05e1\u05b6\u05d3. De surcro\u00eet, la fr\u00e9quente collocation de deux termes ne signifie pas que ces deux termes aient le m\u00eame sens ; c&rsquo;est bien leur usage <em>compl\u00e9mentaire<\/em> qui introduit le sens particulier vis\u00e9 par son auteur. L&rsquo;analyse des contextes dans lesquels figure\u00a0\u05d7\u05b6\u05e1\u05b6\u05d3, ainsi que ses termes apparent\u00e9s, contredit donc cette id\u00e9e de \u00ab\u00a0loyaut\u00e9\u00a0\u00bb qui lui a \u00e9t\u00e9 affubl\u00e9e, et montre que pour dire \u00ab\u00a0amour loyal\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0amour fid\u00e8le\u00a0\u00bb, on disait\u00a0\u05d7\u05b6\u05a7\u05e1\u05b6\u05d3 \u05d5\u05bd\u05b6\u05d0\u05b1\u05de\u05b6\u059b\u05ea (= \u03b1\u0313\u03bb\u03b7\u0301\u03b8\u03b5\u03b9\u03b1 \u03ba\u03b1\u03b9\u0300 \u03b1\u0313\u03b3\u03b1\u03c0\u03b7\u0300 \/ \u03c7\u03b1\u0301\u03c1\u03b9\u03c2 \u03ba\u03b1\u03b9\u0300 \u03b1\u0313\u03bb\u03b7\u0301\u03b8\u03b5\u03b9\u03b1 ? Cf. <a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/1519263?seq=1#page_scan_tab_contents\">Romerowski 1990 : 92<\/a>) et non\u00a0\u05d7\u05b6\u05e1\u05b6\u05d3 seul. La TMN 2018 fait donc un choix qui me para\u00eet inopportun, et il faut signaler qu&rsquo;elle n&rsquo;est malheureusement pas la seule \u00e0 le faire (ex. TOB, cf. <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2oWeaVW\">Romerowski 2011 : 254<\/a>). Pour plus de d\u00e9tails sur ce point important, cf.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/1519263?seq=1#page_scan_tab_contents\">Romerowski 1990<\/a>\u00a0et\u00a0<a href=\"https:\/\/amzn.to\/2oWeaVW\">Romerowski 2011 : 253-265<\/a>.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"justify\">D&rsquo;autres choix peuvent para\u00eetre plus ou moins heureux. Je ne citerai que quelques cas compl\u00e9mentaires, tant il serait loisible de multiplier les exemples. Ce qui m&rsquo;importe en l&rsquo;occurrence, c&rsquo;est de d\u00e9gager une tendance, qui alimentera, plus loin, mes consid\u00e9rations d&rsquo;ensemble. En <strong>Gen\u00e8se 8.1<\/strong> on est surpris de lire \u00ab\u00a0Apr\u00e8s cela, Dieu <span style=\"color: #0000ff;\">s&rsquo;occupa<\/span> de No\u00e9\u00a0\u00bb quand l&rsquo;ancienne version proposait un plus prosa\u00efque \u00ab\u00a0Apr\u00e8s cela, Dieu <span style=\"color: #0000ff;\">se souvint<\/span> de No\u00e9\u00a0\u00bb. Le texte h\u00e9breu se lit ainsi :\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">\u05d5\u05b7\u05d9\u05bc\u05b4\u05d6\u05b0\u05db\u05bc\u05b9\u05a4\u05e8<\/span> \u05d0\u05b1\u05dc\u05b9\u05d4\u05b4\u05d9\u05dd\u0599 \u05d0\u05b6\u05ea\u05be \u05e0\u05b9\u0594\u05d7\u05b7. Il y a beau chercher\u00a0\u05d6\u05b8\u05db\u05b7\u05e8, <em>zakar<\/em>, ne signifie jamais \u00ab\u00a0s&rsquo;occuper de qqch ou qqn\u00a0\u00bb, mais toujours \u00ab\u00a0se souvenir\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0revenir \u00e0 l&rsquo;esprit\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0repenser \u00e0\u00a0\u00bb (\u03bc\u03b9\u03bc\u03bd\u1fc4\u03c3\u03ba\u03c9). Ici le traducteur pourrait \u00eatre tent\u00e9 de se dire : <em>Dieu avait-il oubli\u00e9 No\u00e9 ? Non, bien s\u00fbr. On ne saurait donc parler de \u00ab\u00a0souvenir\u00a0\u00bb<\/em>. Le raisonnement n&rsquo;est pas faux, mais montre bien, encore une fois, que le traducteur n&rsquo;est pas neutre vis-\u00e0-vis du texte. S&rsquo;il l&rsquo;\u00e9tait, il pourrait laisser passer des contresens. Mais en ne l&rsquo;\u00e9tant pas, il importe une grille d&rsquo;interpr\u00e9tation, qu&rsquo;il propose au lecteur. Le lecteur peut \u00eatre conscient de cette grille interpr\u00e9tative, ou bien tout \u00e0 fait na\u00eff, et inconscient des choix op\u00e9r\u00e9s \u00e0 son insu. En l&rsquo;occurrence, vaut-il mieux faire confiance au lecteur, et laisser \u00ab\u00a0se souvenir\u00a0\u00bb dans le texte, \u00e9tant sous-entendu qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une tournure h\u00e9bra\u00efque assez facile \u00e0 comprendre, ou est-il pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;op\u00e9rer un choix net et tranch\u00e9, en le justifiant au besoin par une note (comme ici) ? La tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des versions fran\u00e7aises conservent au verbe\u00a0\u05d6\u05b8\u05db\u05b7\u05e8 son sens obvie. En optant pour la tournure \u00ab\u00a0s&rsquo;occuper de\u00a0\u00bb, la TMN 2018 (comme la BFC \u00ab\u00a0pensa \u00e0\u00a0\u00bb) prend le parti de modifier sensiblement le sens, sans doute avec l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00e9pargner au lecteur une pens\u00e9e jug\u00e9e inexacte. C&rsquo;est l\u00e0-encore un choix risqu\u00e9, car les occasions ne manquent pas d&rsquo;\u00eatre ensuite incons\u00e9quent sur le choix op\u00e9r\u00e9 : ainsi en <strong>Gen\u00e8se 30.22<\/strong>, on se demande pourquoi on lit \u00ab\u00a0Finalement, Dieu <span style=\"color: #0000ff;\">se souvint de<\/span> Rachel\u00a0\u00bb (sans note) pour rendre\u00a0 <span style=\"color: #0000ff;\">\u05d5\u05b7\u05d9\u05b4\u05bc\u05d6\u05b0\u05db\u05b9\u05bc\u05a5\u05e8<\/span> \u05d0\u05b1\u05dc\u05b9\u05d4\u05b4\u0596\u05d9\u05dd \u05d0\u05b6\u05ea\u05be \u05e8\u05b8\u05d7\u05b5\u0591\u05dc, plut\u00f4t que \u00ab\u00a0Finalement, Dieu s&rsquo;occupa de Rachel\u00a0\u00bb. Et l&rsquo;on per\u00e7oit ce faisant le deuxi\u00e8me risque inh\u00e9rent \u00e0 la pratique : en fran\u00e7ais, \u00ab\u00a0s&rsquo;occuper de qqn\u00a0\u00bb est passablement connot\u00e9&#8230;<\/p>\n<p align=\"justify\">Un autre cas concerne la simplification du langage. Dans le c\u00e9l\u00e8bre passage de <strong>Gen\u00e8se 22.14<\/strong>, il est question <em>de voir, de pourvoir<\/em> \u00e0 la b\u00eate pour le sacrifice d&rsquo;Abraham. Il y a jeu de mots. Cela commence au <strong>verset 8<\/strong>,\u00a0\u05d0\u05b1\u05dc\u05b9\u05d4\u05b4\u059e\u05d9\u05dd <span style=\"color: #0000ff;\">\u05d9\u05b4\u05e8\u05b0\u05d0\u05b6\u05d4<\/span>\u05be \u05dc\u05bc\u05a5\u05d5\u05b9 \u05d4\u05b7\u05e9\u05c2\u05bc\u05b6\u059b\u05d4 \u05dc\u05b0\u05e2\u05b9\u05dc\u05b8\u0596\u05d4, \u00ab\u00a0Dieu <span style=\"color: #0000ff;\">verra<\/span> par lui-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;agneau pour l&rsquo;holocauste\u00a0\u00bb. Au <strong>verset 13<\/strong>, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 dans son \u00e9lan,\u00a0 \u05d5\u05b7\ufb2b\u05bc\u05b8\u05a8\u05d0 \u05d0\u05b7\u05d1\u05b0\u05e8\u05b8\u05d4\u05b8\u059c\u05dd \u05d0\u05b6\u05ea\u05be \u05d9\u05e0\u05b8\u0597\u05d9\u05d5 <span style=\"color: #0000ff;\">\u05d5\u05b7\u05d9\u05bc\u05b7\u05e8\u05b0\u05d0\u0599<\/span>, \u00ab\u00a0Abraham leva les yeux et <span style=\"color: #0000ff;\">vit<\/span>\u00ab\u00a0. Au verset 14 enfin :\u00a0 \u05d5\u05b7\u05d9\u05bc\u05b4\u05e7\u05b0\u05e8\u05b8\u05a7\u05d0 \u05d0\u05b7\u05d1\u05b0\u05e8\u05b8\u05d4\u05b8\u059b\u05dd \u05e9\u05c1\u05b5\u05bd\u05dd\u05be \u05d4\u05b7\u05de\u05bc\u05b8\u05e7\u05a5\u05d5\u05b9\u05dd \u05d4\u05b7\u05d4\u0596\u05d5\u05bc\u05d0 \u05d9\u05b0\u05d4\u05d5\u05b8\u05a3\u05d4\u05c0 <span style=\"color: #0000ff;\">\u05d9\u05b4\u05e8\u05b0\u05d0\u05b6\u0591\u05d4<\/span> \u05d0\u05b2\u05e9\u05c1\u05b6\u05e8\u0599 \u05d9\u05b5\u05d0\u05b8\u05de\u05b5\u05a3\u05e8 \u05d4\u05b7\u05d9\u05bc\u0594\u05d5\u05b9\u05dd \u05d1\u05bc\u05b0\u05d4\u05b7\u05a5\u05e8 \u05d9\u05b0\u05d4\u05d5\u05b8\u0596\u05d4 <span style=\"color: #0000ff;\">\u05d9\u05b5\u05e8\u05b8\u05d0\u05b6\u05bd\u05d4<\/span>\u05c3, \u00ab\u00a0Abraham nomma cet endroit J\u00e9hovah-<span style=\"color: #0000ff;\">verra<\/span>, ainsi qu&rsquo;on dit aujourd&rsquo;hui : \u00e0 la montagne de J\u00e9hovah, <span style=\"color: #0000ff;\">il<\/span>&#8211;<span style=\"color: #0000ff;\">sera-vu<span style=\"color: #333300;\">\u00ab\u00a0<\/span><\/span>.\u00a0 En fran\u00e7ais, la locution \u00ab\u00a0on verra\u00a0\u00bb emporte l&rsquo;id\u00e9e de ne pas se pr\u00e9occuper d&rsquo;une situation pour laquelle, le cas \u00e9ch\u00e9ant, on <em>s&rsquo;arrangera<\/em>, on <em>pourvoira<\/em>. Il semble qu&rsquo;en h\u00e9breu l&rsquo;id\u00e9e ne soit pas tr\u00e8s diff\u00e9rente : J\u00e9hovah <em>verra<\/em>, J\u00e9hovah <em>pourvoira<\/em>. En utilisant le verbe \u00ab\u00a0pourvoir\u00a0\u00bb, bon nombre de traductions essaient de rendre compte et du sens, et du jeu de mots (c&rsquo;\u00e9tait le cas de la TMN 1995). C&rsquo;est authentiquement l&rsquo;objectif d&rsquo;une traduction, \u00e0 savoir \u00ab\u00a0tendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9quivalence s\u00e9mantique et expressive de deux \u00e9nonc\u00e9s\u00a0\u00bb (cf. <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2MfY6aH\">Babut 1997 : 23<\/a> sq.). Mais la TMN 2018 traduit diff\u00e9remment, car elle entend privil\u00e9gier, semble-t-il, le sens avant tout. Elle traduit donc le verset 14 ainsi : Abraham appela cet endroit <span style=\"color: #0000ff;\">J\u00e9hovah-Jir\u00e9<\/span>. C\u2019est pourquoi on dit encore aujourd\u2019hui : \u00ab Dans sa montagne, <span style=\"color: #0000ff;\">J\u00e9hovah fournira ce qui est n\u00e9cessaire<\/span>. \u00bb\u00a0 Ce choix pose plusieurs probl\u00e8mes : <strong>1)<\/strong> le jeu de mots est totalement perdu, <strong>2)<\/strong> le verbe \u00ab\u00a0fournir\u00a0\u00bb est passablement incongru en tant que tel, et de plus il faut le pr\u00e9ciser par un compl\u00e9ment qui tourne \u00e0 la p\u00e9riphrase, voire \u00e0 la paraphrase, <strong>3)<\/strong>\u00a0on peut supposer que ce choix est motiv\u00e9 par l&rsquo;id\u00e9e que \u00ab\u00a0fournir\u00a0\u00bb est plus intelligible que \u00ab\u00a0pourvoir\u00a0\u00bb, mais cette sollicitude sur le niveau du langage n&rsquo;a pas lieu d&rsquo;\u00eatre puisqu&rsquo;en h\u00e9breu le verbe utilis\u00e9 est simple lui aussi,\u00a0\u05e8\u05b8\u05d0\u05b8\u05d4, <em>voir<\/em>, et pourrait \u00eatre traduit simplement en fran\u00e7ais, <strong>4)<\/strong> accessoirement pourquoi ne pas traduire \u00ab\u00a0J\u00e9hovah-Jir\u00e9\u00a0\u00bb puisque tout le passage tourne autour du sens (transparent) de ce lieu bien connu.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Orthographe<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>\n<p align=\"justify\">C&rsquo;est un petit d\u00e9tail qui concerne moins l&rsquo;orthographe que la frappe : une coquille s&rsquo;est malheureusement gliss\u00e9e en <strong>Job 19:27<\/strong> : \u00ab\u00a0Je le verrai par moi-\u200bm\u00eame ; \/ mes propres yeux, non ceux d\u2019un <span style=\"color: #ff0000;\"><strong>d\u2019<\/strong><\/span>autre, le verront. \/ Mais au fond de moi, je suis accabl\u00e9 !\u00a0\u00bb. Cette faute de frappe m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e, et je dois dire que je ne l&rsquo;ai pas vue en premi\u00e8re lecture, tant le cerveau suppl\u00e9e ou occulte au besoin&#8230; A ce stade je n&rsquo;ai pas rep\u00e9r\u00e9 d&rsquo;autres coquilles de ce genre.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c9vitons tout mauvais proc\u00e8s. Il est tr\u00e8s facile d&rsquo;\u00eatre insatisfait d&rsquo;une traduction biblique. Si elle est litt\u00e9rale, c&rsquo;est un tort. Et c&rsquo;est un tort aussi d&rsquo;\u00eatre trop libre. Alors que faire ? Il faut accepter le \u00ab\u00a0pacte de lecture\u00a0\u00bb, en gardant pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;esprit les consid\u00e9rations suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p align=\"justify\">Une traduction biblique s&rsquo;adresse, par n\u00e9cessit\u00e9, \u00e0 un public sp\u00e9cifique. Id\u00e9alement cela ne devrait pas exister. Mais dans la pratique, certaines traductions sont plus \u00ab\u00a0scientifiques\u00a0\u00bb, d&rsquo;autres plus \u00ab\u00a0litt\u00e9raires\u00a0\u00bb, d&rsquo;autres encore destin\u00e9es \u00e0 des publics ma\u00eetrisant plus ou moins bien la langue fran\u00e7aise. La TMN 2018 vise sans doute le public le plus large qui soit, et ne professe ainsi aucune audience cible en particulier. Cependant le choix de simplifier la langue fran\u00e7aise \u00e0 tous les niveaux (autre exemple : \u00ab\u00a0droit d&rsquo;a\u00eenesse\u00a0\u00bb &gt; \u00ab\u00a0droit de fils a\u00een\u00e9\u00a0\u00bb, <strong>Gen\u00e8se 25.31<\/strong>) montre bien qu&rsquo;elle s&rsquo;adresse \u00e0 un public comparable \u00e0 celui de la <em>Bible en Fran\u00e7ais Courant<\/em>, ou de la <em>Bible du Semeur<\/em>. La TMN 2018 ne peut donc pas \u00eatre utilis\u00e9e dans un travail d&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se, car sa formulation s&rsquo;\u00e9loigne sensiblement du texte original, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 des fins de clarification.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"justify\">Il est d&rsquo;ailleurs absurde de partir d&rsquo;une <em>traduction<\/em>\u00a0(ici, une traduction de traduction) pour fonder un travail ex\u00e9g\u00e9tique. Certains pourraient maugr\u00e9er en voyant que des subtilit\u00e9s narratives sont gomm\u00e9es \u00e7\u00e0 et l\u00e0 : jeux de mots absents, termes sp\u00e9cifiques traduits diff\u00e9remment selon les cas, idiomes interpr\u00e9t\u00e9s et traduits. Mais on ne peut reprocher \u00e0 une traduction de type \u00e9quivalence fonctionnelle de reformuler, puisque c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu&rsquo;on lui demande. Il ne faut alors plus tenter de deviner le mot original sous-jacent. L&rsquo;affaire est vaine. S&rsquo;attendre \u00e0 ce qu&rsquo;un mot particulier (ex. <em>adam<\/em>) soit rendu syst\u00e9matiquement de mani\u00e8re identique et uniforme (avec une note en cas d&rsquo;\u00e9cart) contrevient non seulement \u00e0 la m\u00e9thode suivie, mais aussi aux r\u00e8gles les plus fondamentales de la traduction.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"justify\">Il faut donc consid\u00e9rer qu&rsquo;un grand nombre de choix ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s, et s&rsquo;atteler \u00e0 poser une question, et une seule : <strong>le sens du texte original est-il fid\u00e8lement transpos\u00e9 dans la langue cible ?<\/strong> Par fid\u00e8lement on entend une \u00e9quivalence <em>s\u00e9mantique<\/em> et <em>expressive<\/em>, et non une servilit\u00e9 au mot \u00e0 mot, quel qu&rsquo;il soit. Ceci \u00e9tant dit, le recours au m\u00eame mot peut effectivement faire sens, et le faire dispara\u00eetre \u00e0 la faveur d&rsquo;une reformulation peut donc \u00eatre l\u00e9gitimement contest\u00e9.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"justify\">En s&rsquo;\u00e9loignant du texte, les versions dynamiques font donc plus de choix que les autres, car en plus <em>d&rsquo;interpr\u00e9ter le sens du texte<\/em>, comme toutes les traductions, elles font un effort suppl\u00e9mentaire pour que le <em>texte soit compris de l&rsquo;audience vis\u00e9e<\/em>. Elles peuvent aussi d\u00e9cider, comme la TMN 2018, de \u00ab\u00a0fluidifier le style\u00a0\u00bb (TMN 2018) ou \u00ab\u00a0faciliter la diction\u00a0\u00bb (Bible de la Liturgie).\u00a0C&rsquo;est \u00e0 ce stade o\u00f9 l&rsquo;exercice devient p\u00e9rilleux, car l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se initialement retenue peut alors \u00eatre significativement alt\u00e9r\u00e9e durant l&rsquo;exercice (et la TMN 2018 <em>fournit<\/em> un exemple, c&rsquo;est le cas de le dire, en Gen\u00e8se 22.14 puisque sa note `\u00a0\u00bbJ\u00e9hovah fournira (pourvoira)\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0J\u00e9hovah verra\u00a0\u00bb` montre bien qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas pass\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du texte&#8230;).<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"justify\">En levant toutes les ambigu\u00eft\u00e9s du texte, sans doute celles aussi qui \u00e9taient volontaires, il y a deux autres dangers : <strong>1)<\/strong> importer dans un texte le sens d&rsquo;un passage parall\u00e8le, <strong>2)<\/strong> d\u00e9naturer le sens et favoriser les raisonnements circulaires. On dit souvent \u00ab\u00a0la Bible s&rsquo;explique par la Bible\u00a0\u00bb. Sans aucun doute. Mais il ne faut alors pas oublier que si l&rsquo;on traduit un texte pour l&rsquo;harmoniser avec un autre, il sera ensuite loisible de revenir \u00e0 ce texte plus tard pour expliquer l&rsquo;autre, et le raisonnement devient alors circulaire et fallacieux. En mati\u00e8re th\u00e9ologique, il faut se garder absolument de \u00ab\u00a0colorer\u00a0\u00bb un texte d&rsquo;une quelconque doctrine, y compris si cette doctrine est par ailleurs attest\u00e9e. <strong>Un texte \u00e0 traduire vaut pour lui-m\u00eame, dans les limites du corpus qui est le sien<\/strong>.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cela vaut pour la divinit\u00e9 du Christ, bien s\u00fbr. Ainsi ceux qui pensent que \u03b8\u03b5\u0301\u03bf\u03c2 est qualitatif mais traduisent tout de m\u00eame par \u00ab\u00a0Dieu\u00a0\u00bb le segment de\u00a0<strong>Jean 1.1c<\/strong> manquent-ils, \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence, d&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 (cf. <a href=\"http:\/\/areopage.net\/blog\/2014\/01\/11\/sharps-rule-wallace-vs-porter\/\">Wallace vs Porter<\/a>). Pareillement, rendre compte du texte par \u00ab\u00a0un dieu\u00a0\u00bb ne fait pas davantage justice ni au fond, ni \u00e0 la forme (TMN 1995 et 2018). Car en fran\u00e7ais cela <em>sugg\u00e8re<\/em>\u00a0maladroitement l&rsquo;existence d&rsquo;un second dieu\/Dieu. Dans les deux cas, <em>une m\u00eame analyse linguistique<\/em> d\u00e9bouche sur deux traductions diam\u00e9tralement oppos\u00e9es, toutes deux insatisfaisantes, voire m\u00eame inexactes.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il n&rsquo;y a cependant pas que la divinit\u00e9 du Christ qui puisse faire l&rsquo;objet de choix mal avis\u00e9s, tant s&rsquo;en faut. Un autre cas servira d&rsquo;exemple repr\u00e9sentatif : <strong>Matthieu 11.12<\/strong>. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 eu l&rsquo;occasion d&rsquo;aborder la traduction de ce verset (<a href=\"http:\/\/areopage.net\/blog\/2013\/10\/21\/matthieu-11-12-ou-la-violence-au-royaume\/\">ici <\/a>et <a href=\"http:\/\/areopage.net\/blog\/2013\/11\/03\/matthieu-11-12-et-le-texte-hebreu-de-shem-tob\/\">ici<\/a>) : il est question de la <span style=\"color: #0000ff;\">violence\u00a0<\/span>faite au royaume des cieux (\u1f21 \u03b2\u03b1\u03c3\u03b9\u03bb\u03b5\u03af\u03b1 \u03c4\u1ff6\u03bd \u03bf\u1f50\u03c1\u03b1\u03bd\u1ff6\u03bd <span style=\"color: #0000ff;\">\u03b2\u03b9\u1f71\u03b6\u03b5\u03c4\u03b1\u03b9<\/span>) par des <span style=\"color: #ff6600;\">violents<\/span> (<span style=\"color: #ff6600;\">\u03b2\u03b9\u03b1\u03c3\u03c4\u03b1\u1f76<\/span>) qui veulent s&rsquo;en <span style=\"color: #339966;\">emparer<\/span> (<span style=\"color: #339966;\">\u1f01\u03c1\u03c0\u1f71\u03b6\u03bf\u03c5\u03c3\u03b9\u03bd<\/span>). On a beau tourner le sujet dans tous les sens, une conclusion s&rsquo;impose : il est question d&rsquo;une violence subie par le Royaume. Ses auteurs ne sont d&rsquo;ailleurs pas difficiles \u00e0 d\u00e9busquer dans le contexte. Mais la TMN a choisi de faire violence au sens de ce texte, tant dans sa pr\u00e9c\u00e9dente version, que dans la nouvelle :<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>2018<\/strong> : Depuis la venue de Jean le Baptiseur jusqu\u2019\u00e0 maintenant, le royaume des cieux <span style=\"color: #0000ff;\">est le but vers lequel les hommes se pressent<\/span>, et <span style=\"color: #ff6600;\">ceux qui se pressent<\/span> ainsi s\u2019en <span style=\"color: #339966;\">emparent<\/span>.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>1995<\/strong> :\u00a0Mais depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, le royaume des cieux <span style=\"color: #0000ff;\">est le but vers lequel se pressent les hommes<\/span>, et <span style=\"color: #ff6600;\">ceux qui se pressent<\/span> [ainsi] s\u2019en <span style=\"color: #339966;\">emparent<\/span>.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une telle traduction a de quoi inqui\u00e9ter par son caract\u00e8re <em>paraphrastique<\/em> et <em>hyper-interpr\u00e9tatif<\/em>. Elle n&rsquo;a plus grand-chose \u00e0 voir avec le texte d&rsquo;origine, en particulier la violence (\u03b2\u03b9\u1f71\u03b6\u03b5\u03c4\u03b1\u03b9) est transform\u00e9e en \u00ab\u00a0un but\u00a0\u00bb (absent du texte) vers lequel les hommes (tout cela \u00e9tant suppl\u00e9\u00e9) \u00ab\u00a0se pressent\u00a0\u00bb. Mais tel n&rsquo;est pas le sens de\u00a0\u03b2\u03b9\u1f71\u03b6\u03c9. A la rigueur on aurait pu tol\u00e9rer un \u00ab\u00a0se force\u00a0\u00bb. Mais la paraphrase \u00ab\u00a0un but vers lequel les hommes se pressent\u00a0\u00bb est tout simplement inexacte, et m\u00eame inacceptable. La suite ne vaut gu\u00e8re mieux puisque le substantif\u00a0\u03b2\u03b9\u03b1\u03c3\u03c4\u03b1\u1f76, dont le sens n&rsquo;est pas difficile \u00e0 \u00e9tablir (\u00ab\u00a0des violents\u00a0\u00bb), est &lsquo;traduit&rsquo; par un improbable \u00ab\u00a0ceux qui se pressent\u00a0\u00bb, qui a plus \u00e0 voir avec l&rsquo;imagination que la traduction.<\/p>\n<p align=\"justify\">Comment expliquer un tel concentr\u00e9 d&rsquo;erreurs ? Assez simplement. Le passage a tout simplement \u00e9t\u00e9 harmonis\u00e9 <em>de force<\/em> avec son \u00ab\u00a0parall\u00e8le\u00a0\u00bb <strong>Luc 16.16<\/strong>. Mais il faut objecter vigoureusement. En premier lieu, comme indiqu\u00e9 plus haut, un texte <strong>vaut pour lui-m\u00eame<\/strong>, et le traduire \u00e0 la lumi\u00e8re d&rsquo;un autre corpus est un exercice p\u00e9rilleux et tendancieux. En l\u2019occurrence un m\u00eame <em>logion<\/em> est traduit de deux mani\u00e8res apparemment diff\u00e9rentes (une violence subie et un effort pour le Royaume). Il faut donc se garder de c\u00e9der \u00e0 la facilit\u00e9, et tenter de comprendre ce qui explique ces \u00ab\u00a0divergences\u00a0\u00bb (une bonne explication tient au recours \u00e0 un document h\u00e9breu ou aram\u00e9en traduit \u00ab\u00a0comme chacun a pu\u00a0\u00bb, cf. Papias <em>apud<\/em> Eus\u00e8be de C\u00e9sar\u00e9e HE III 39.16). Ensuite, interpr\u00e9ter un verset dans cette mesure<strong> n&rsquo;est pas ce qui est attendu d&rsquo;un traducteur<\/strong>. Si le texte est difficile en grec, il doit le rester en fran\u00e7ais. On remarquera que la TMN 1995 qui \u00e9tait connue pour sa grande litt\u00e9ralit\u00e9 s&rsquo;est bien gard\u00e9e d&rsquo;\u00eatre litt\u00e9rale en l&rsquo;esp\u00e8ce, si bien que la version 2018, qui adopte pourtant une m\u00e9thode radicalement diff\u00e9rente, a pu reprendre l&rsquo;ancien texte quasiment \u00e0 l&rsquo;identique. Dans le cas pr\u00e9sent la traduction glisse donc vers le <em>commentaire<\/em>, comme en atteste sa propension \u00e0 amplifier le texte. Il y a aussi un probl\u00e8me de probit\u00e9, ou de logique. Autant il peut se concevoir que\u00a0\u03b2\u03b9\u1f71\u03b6\u03b5\u03c4\u03b1\u03b9 soit compris dans le sens d&rsquo;une violence [sur soi] [pour y entrer] : \u00ab\u00a0le royaume des cieux se force\u00a0\u00bb, <strong>autant\u00a0\u03b2\u03b9\u03b1\u03c3\u03c4\u03b1\u1f76 continue de poser probl\u00e8me<\/strong> (et contredit incidemment cette option, \u00e0 peine retenue). La question se pose en effet au traducteur de la sorte :<em> les disciples qui \u00ab\u00a0forcent\u00a0\u00bb le Royaume sont-ils des violents ? Certainement pas. Donc il faut comprendre le terme autrement&#8230;<\/em> On le voit, se poser ce genre de questions va trop loin, et c&rsquo;est <strong>manquer de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 vis-\u00e0-vis du texte<\/strong>. Pourquoi ne pas le traduire pour ce qu&rsquo;il dit, et passer la main aux th\u00e9ologiens et aux commentateurs ? Bien s\u00fbr \u00ab\u00a0le royaume des cieux se force, et des violents s&rsquo;en emparent\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas encore assez proche de Luc 16.16 (tel qu&rsquo;on le comprend), et c&rsquo;est \u00e0 mon avis ce qui a motiv\u00e9 le recours \u00e0 l&rsquo;amplification (l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 \u00e9tant passablement illogique). <em>Last but not least<\/em>, <strong>est-on bien assur\u00e9 du sens parall\u00e8le\u00a0<\/strong>? Si l&rsquo;on prend la traduction faite par l&rsquo;\u00e9minent hell\u00e9niste qu&rsquo;\u00e9tait Edouard Delebecque, on y lit : \u00ab\u00a0\u00e0 partir de l\u00e0 est annonc\u00e9e l&rsquo;heureuse nouvelle du royaume de Dieu, et chacun y force son entr\u00e9e\u00a0\u00bb (<strong>Luc 16.16b<\/strong> ; cf. <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2wWErH8\">Delebecque 1976 : 105<\/a>). Ainsi rendu, l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 est un peu ambigu, et pourrait m\u00eame rejoindre, pour le sens, le texte de Matthieu 11.12&#8230; Delebecque pr\u00e9cise en note : \u00ab\u00a016 &#8211; <em>y force<\/em> : Black, p. 116, voit dans l&#8217;emploi de \u03b5\u03b9\u0313\u03c2 un tour aram\u00e9en et propose de traduire &lsquo;tout le monde le viole&rsquo;, ce qui harmonise le verset avec Mt. 11, 12&Prime;. Black (<a href=\"https:\/\/amzn.to\/2Nu95C4\">1999 : 116<\/a>) souligne en effet que l&rsquo;expression\u00a0\u03c0\u1fb6\u03c2 \u03b5\u1f30\u03c2 \u03b1\u1f50\u03c4\u1f74\u03bd \u03b2\u03b9\u1f71\u03b6\u03b5\u03c4\u03b1\u03b9 signifie certes \u00ab\u00a0everyone forces himself into it\u00a0\u00bb, mais que si l&rsquo;on admet la pr\u00e9sence d&rsquo;un arama\u00efsme, la tournure pourrait signifier alors \u00ab\u00a0everyone oppresses it\u00a0\u00bb. Il va plus loin en proposant une r\u00e9troversion : <em>&lsquo;anosin &lsquo;anesin lah<\/em> (\u00ab\u00a0violent men oppress it\u00a0\u00bb), expression qui, \u00e0 la faveur de la transmission orale, aurait pu donner une variante pouvant expliquer la \u03c0\u03b1\u0342\u03c2 chez Luc, voire l&rsquo;att\u00e9nuation de l&rsquo;id\u00e9e de violence, <em>&lsquo;enashin &lsquo;anesin lah<\/em> (\u00ab\u00a0men oppress it\u00a0\u00bb).\u00a0On le voit, les sp\u00e9cialistes d\u00e9battent du sens de ces deux versets, et certains admettent m\u00eame que celui de Luc 16.16 pourrait, au final, avoir le m\u00eame sens que celui de Matthieu 11.12 (l&rsquo;option de la TMN 2018 favorisant le sens de Luc 16.16 compris comme un \u00ab\u00a0effort pour le Royaume\u00a0\u00bb est par-l\u00e0 m\u00eame d\u00e9savou\u00e9e). <strong>Il n&rsquo;appartient donc pas au traducteur de lisser ce genre de \u00ab\u00a0difficult\u00e9s\u00a0\u00bb<\/strong>. En l&rsquo;occurrence il est tout \u00e0 fait possible de traduire le texte sans le commenter, et une note pourrait largement suffire \u00e0 apaiser toute crainte d&rsquo;incompr\u00e9hension de la part du lecteur ; ou mieux, lui indiquer les diff\u00e9rentes interpr\u00e9tations possibles.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">Comme on le voit, la TMN 2018 n&rsquo;\u00e9chappe pas aux pi\u00e8ges communs aux traductions dynamiques. Ses choix les plus \u00e9vidents &#8211; l&rsquo;usage du nom divin dans l&rsquo;AT et le NT, l&rsquo;absence de majuscule pour certains termes th\u00e9ologiques (comme \u00ab\u00a0esprit\u00a0\u00bb) &#8211; en font une version notoirement <em>non trinitaire<\/em>. C&rsquo;est l\u00e0 son principal avantage. Ce faisant, elle n&rsquo;importe pas dans le texte des conceptions nic\u00e9ennes (ou autres) totalement \u00e9trang\u00e8res, comme c&rsquo;est malheureusement trop souvent le cas par ailleurs. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, quelques-uns de ses choix peuvent se discuter. C&rsquo;est normal et c&rsquo;est le lot de toutes les traductions. Cela rappelle, au besoin, qu&rsquo;une traduction n&rsquo;est qu&rsquo;une b\u00e9quille, et qu&rsquo;il faut, si l&rsquo;on peut, recourir au texte original en priorit\u00e9. Si j&rsquo;ai insist\u00e9 sur le cas de Matthieu 11.12, <strong>c&rsquo;est qu&rsquo;il est symptomatique<\/strong>. De quelle mani\u00e8re approche-t-on le texte \u00e0 traduire ? Y vient-on avec une id\u00e9e pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e de ce qu&rsquo;on <em>peut<\/em>, de ce qu&rsquo;on <em>doit<\/em> y trouver ? Peut-on admettre une divergence dans deux rapports distincts d&rsquo;un m\u00eame <em>logion<\/em> ? Comment cela nous informe sur la transmission des textes ? Si le texte est ambigu, peut-on accepter de le laisser ainsi, et quelle place fait-on au travail des lecteurs et des commentateurs ?<\/p>\n<p align=\"justify\">G\u00e9n\u00e9ralement fid\u00e8le, la TMN montre donc des limites qui imposent une certaine prudence, et invitent \u00e0 garder \u00e0 l&rsquo;esprit la r\u00e8gle suivante :<\/p>\n<blockquote>\n<p align=\"justify\"><strong>\u03c4\u1f78 \u03bc\u1f74 \u1f51\u03c0\u1f72\u03c1 \u1f02 \u03b3\u1f73\u03b3\u03c1\u03b1\u03c0\u03c4\u03b1\u03b9<\/strong>,<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab N\u2019allez pas au-del\u00e0 de ce qui est \u00e9crit \u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>1 Corinthiens 4.6 TMN 2018<\/strong>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><strong>Pour aller plus loin<\/strong> : <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2MfY6aH\">Babut, <em>Lire la Bible en traduction<\/em> (1997)<\/a> | <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2oWeaVW\">Romerowski, <em>Les sciences du langage et l&rsquo;\u00e9tude la Bible<\/em> (2011)<\/a> | <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2x3HYDo\">Auwers et al., <em>La Bible en fran\u00e7ais<\/em> (2002)<\/a> | <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2x16O6Z\">Kuen, <em>Une Bible et tant de versions !<\/em> (2005)<\/a> | <a href=\"https:\/\/books.google.fr\/books\/about\/La_traduction.html?id=ElrQLgAACAAJ&amp;redir_esc=y\">Taber et Nida, <em>La Traduction : th\u00e9orie et m\u00e9thode<\/em> (1971)<\/a> | <a href=\"https:\/\/books.google.fr\/books?id=pezlngEACAAJ&amp;dq=Nida,+%22Comment+traduire+la+Bible%22+1967&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiSh9Or7rDdAhVQOBoKHWTiDyEQ6AEIKDAA\">Nida, <em>Comment traduire la Bible<\/em><\/a> (1967) | <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2O889k1\">de Waard et Nida, <em>D&rsquo;une langue \u00e0 l&rsquo;autre<\/em> (2003)<\/a> | <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2MgrrBZ\">Margot, <em>Traduire sans trahir<\/em> (1979)<\/a> | <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2wYikRE\">Collectif, <em>L&rsquo;aventure de la TOB<\/em> (2010)<\/a> | <a href=\"https:\/\/amzn.to\/2NyOn3V\">Mounin, <em>Les probl\u00e8mes th\u00e9oriques de la traduction<\/em> (1963)<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En passant d&rsquo;une m\u00e9thode litt\u00e9rale de traduction \u00e0 une m\u00e9thode \u00e0 \u00e9quivalence fonctionnelle, la TMN 2018 n&rsquo;a sans doute pas fini de faire r\u00e9agir, voire de secouer de vieilles habitudes. Je propose de livrer ici des r\u00e9flexions compl\u00e9mentaires issues non seulement de mes p\u00e9r\u00e9grinations dans cette traduction, mais aussi des remarques formul\u00e9es par d&rsquo;autres lecteurs, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-6970","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p3MfBZ-1Oq","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":6935,"url":"http:\/\/areopage.net\/blog\/2018\/07\/25\/tmn-revisee-2018\/","url_meta":{"origin":6970,"position":0},"title":"TMN r\u00e9vis\u00e9e (2018)","author":"areopage","date":"25\/07\/2018","format":false,"excerpt":"Cinq ans apr\u00e8s la sortie de la r\u00e9vision anglaise de 2013 dont je m'\u00e9tais fait l'\u00e9cho, la Traduction du Monde Nouveau vient enfin d'\u00eatre r\u00e9vis\u00e9e en son \u00e9dition fran\u00e7aise. 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